Les 10 retraités de l’année: partie #2

Chaque année, de grands sportifs prennent une retraite bien méritée, après des années de bons et loyaux services. On n’a évidemment pas été épargné en 2018. Des retraités, il y en a eu beaucoup, nous en avons choisi dix, tous sports confondus, afin de revenir sur leur carrière et l’achèvement de celle-ci, que ce soit dans un relatif anonymat ou en grande pompe, comme ils le méritaient tous. Nous vous en dévoilerons deux par jour, aujourd’hui, du ballon rond, avec Didier Drogba et Boris Diaw.

Crédit photo: DR

Didier Drogba

Palmarès : 4 fois champion d’Angleterre (2005 2006, 2010 et 2015), 4 coupes d’Angleterre (2007, 2009, 2010 et 2012), 3 coupes de la Ligue (2005, 2007 et 2015), 2 Community Shield (2005 et 2009), champion de Turquie (2013), 1 Supercoupe de Turquie (2013), 1 coupe de Turquie (2014), 1 Ligue des champions (2012), 2 fois élu joueur africain de l’année (2006 et 2009)

Sa retraite fût un crève-cœur pour toute une génération de supporter de l’OM, qui attendait le retour du fils prodigue/prodige depuis tant d’années. Mais le 22 novembre dernier, l’Ivoirien a dit stop. À 40 ans, l’attaquant passé par pas moins de neuf clubs sur trois continents a raccroché les crampons. Didier Drogba fait partie de ses sportifs qui laissent une trace dans chaque équipe par lesquelles ils sont passés. Le jeune homme étonne d’abord au Mans où il arrive en 1998. Même s’il y est davantage abonné au banc des remplaçants qu’à une place de titulaire, il attire l’œil de l’EA Guingamp, qu’il rejoint en janvier 2002, pour 100 00 euros (!) Arrivé pour aider le club à se maintenir, Drogba remplit parfaitement la mission.

Drogba et son compère Malouda en 2004 (Jérôme Fouquet)

La saison suivante est celle de l’explosion pour l’Ivoirien de 25 ans. Il marque 17 buts, et réalise une saison énorme, au côté de Florent Malouda notamment. Il signe ensuite à l’OM, et en l’espace d’un an, il marquera les esprits de toute une génération de supporter. Une campagne européenne achevée par une finale de coupe de l’UEFA et 32 buts en 55 matches plus tard, l’Ivoirien fait à nouveau ses bagages. Direction la Premier League, pour rejoindre celui qui vient alors de remporter la C1 avec le FC Porto, José Mourinho. Le coach portugais fait de l’attaquant son homme de base, qui ne le lui rend pas vraiment bien dans un premier temps. Les débuts de de Drogba en Angleterre sont mitigés, même si lui et ses coéquipiers permettent au Blues de reconquérir le titre de champion, cinquante ans après le dernier. La saison suivante n’est pas plus reluisante, Drogba marque plus par les controverses qu’il engendre, qu’il ne marque tout court. Décrié par les fans, il n’est pas très loin de quitter le club, mais il s’accroche finalement. Personne n’aura à regretter ce choix. Drogba s’impose peu à peu, il score, est décisif dans des finales de coupes, et montre enfin que son coach a eu raison de venir le chercher. En sélection, il emmène également les Éléphants de côte d’Ivoire à la première Coupe du monde de leur histoire, en 2006, en Allemagne (élimination en poule avec une seule victoire, face à la Serbie-et-Monténégro (3-0)), compétition dans laquelle il score une fois, face à l’Argentine.
Entre temps, le buteur africain a été rejoint par Malouda, en provenance de Lyon, avec qui il avait tout cassé à Guingamp quelques années avant. À partir de 2008, Drogba débute une histoire d’amour compliquée avec la Ligue des champions. C’est alors un secret de polichinelle, le propriétaire de Chelsea, Roman Abramovitch, ne rêve que voir son équipe sur le toit de l’Europe, et s’impatiente. Cette année-là, donc, Drogba propulse les Blues en finale de C1 face à Manchester United, après avoir réalisé un doublé lors du match retour de la demi-finale à Stamford Bridge contre un autre club anglais, Liverpool. Malheureusement, l’attaquant perd ses nerfs en prolongation face à Nemanja Vidic et est expulsé. Son club perdra aux tirs au but. Premier échec pour Drogba et les Blues.
Un an plus tard, Barcelone élimine Chelsea aux portes de la finale. Une déception d’autant plus grande pour l’Ivoirien, qu’il s’estime lésé par l’arbitrage. Ses nerfs lâchent, il prend à partie l’arbitre Tom Henning Øvrebø, et hurle sa rage : « It’s a f**king disgrace ».

Drogba aura finalement sa revanche trois ans après. Au terme d’une campagne européenne rondement menée, qui a vu le club éliminer Barcelone en demi-finale, Chelsea se retrouve face au Bayern Munich, à 90 minutes de brandir la coupe aux grandes oreilles. Deux fois héros malheureux, Drogba va encore marquer la rencontre de son empreinte. Il voit d’abord Müller ouvrir le score à la 83e minute, au terme d’un match accroché, un but qui semble mettre définitivement fin aux espoirs de Blues, décidément maudits. C’est sans compter leur attaquant, qui surgit à la 88e et vient battre Neuer d’une tête rageuse sur corner, et arracher la prolongation. Trente minutes pendant lesquelles Drogba provoque un penalty, heureusement arrêté par Cech. Il marque ensuite le tir au but décisif qui libère les siens et donne la Ligue des champions au club Londonien.

Drogba ira ensuite finir sa carrière au Shangai Schenchua (Chine), puis à Galatasaray (Turquie), avant un bref retour à Chelsea, puis un départ pour l’Amérique avec une pige à l’Impact Montréal puis au Phoenix Rising (en « D2 » états-unienne). Club qu’il a donc quitté en même temps que le football, en novembre dernier.

 

Crédit photo : Sébastien Grasset

Boris Diaw 

Palmarès : 2 fois champion de France (2001 et 2003), 2 coupes de France (2002 et 2003), un titre NBA (2013), 2 médailles de bronze au championnat d’Europe (2005 et 2015), une médaille d’argent au championnat d’Europe 2011, une médaille d’or au championnat d’Europe 2013, et une médaille de bronze à la coupe du Monde 2014

Cadre de l’équipe de France au côté de Tony Parker, « Bobo » a mis fin à une carrière de dix-huit saisons en septembre dernier. Revenu des Etats-Unis l’année passée, il jouait alors pour Levallois en Pro A.
Mais c’est à Pau qu’il commence à jouer au basket. Trois saisons auréolées de succès divers, collectivement, avec entre autres deux titres de champions, mais aussi individuellement, Diaw se fait remarquer comme un joueur complet et athlétique. Sélectionné au premier tour de la draft, en vingt-et-unième position, il part pour la NBA et les Hawks d’Atlanta. L’équipe géorgienne n’est alors pas au mieux, mais le géant français (2,03m) profite de ses premières saisons dans le plus grand championnat mondial pour étoffer son jeu et se montrer. Il est finalement troqué en 2005 à Phoenix, contre l’ailier Joe Johnson et deux tours de draft. Il y connait alors pour la première fois les play-offs. Brillant face aux Lakers (65 points en trois matches), il permet ensuite à son club de battre les Clippers et d’aller défier Dallas en finale de conférence, malgré un Diaw encore étincelant, les Suns s’inclinent 4 à 2.

Le Français sous le maillot des Suns en 2007 (Keith Allisson)

Même s’il retourne en phase finale avec son club (défaite face aux Spurs de Parker, 4 à 2 en demi-finale de conférence), sa deuxième saison en Arizona est moins probante. L’année suivante, l’arrivée de l’américain Grant Hill réduit son temps de jeu, déjà entamé par des blessures. En décembre 2008, il part finalement pour Charlotte, où il retrouve de sa superbe (15,1 points, 7,5 rebonds et 5,2 passes). En 2010, la franchise se qualifie pour la première fois de son histoire pour les play-offs, et « Babac » avec (défaite au premier tour, 4-0, face aux Magics). En difficulté avec son entraîneur, Paul Silas, il profite de la grève de septembre 2011 pour rejoindre Bordeaux, où il joue neuf rencontres, avant de repartir pour les USA.

En avril 2012 il met un terme à son contrat avec la franchise et part pour les Spurs, pour y retrouver son coéquipier en équipe de France et ami, Tony Parker. La greffe prend rapidement, et, dans une équipe déjà expérimentée, qui, outre TP (30 ans) compte notamment Tim Duncan (36 ans) et Manu Ginobili (35 ans), il continue de faire valoir sa puissance et son altruisme. En 2013, il dispute à 31 ans sa première finale de NBA face au Heat de Miami (défaite 3-4), où il brille plus par ses qualités défensives que par ses statistiques en termes de points. La saison suivante, en 2013, il remporte finalement le titre tant convoité. Une année pleine, puisque, quelques mois plus tard, il s’envole pour le championnat d’Europe, en Slovénie, avec les Bleus. Capitaine durant une partie de la compétition, il emmène l’équipe au premier titre continental de la « génération Parker ». Après une demi-finale dantesque face à la grande Espagne (75-72 a.p.), les Français battent facilement la Lituanie (80-66) et s’offre enfin un titre après plusieurs campagnes infructueuses.

Après un passage d’une saison au Jazz de l’Utah, il revient finalement dans l’Hexagone, aux Metropolitans de Levallois où il a fini sa carrière.

That’s all Folks, mais nous reviendrons bien assez vite. Dès demain ,en fait, avec deux nouveaux retraités: du rugby et du biathlon demain, avec 13 titres de champions du monde à eux-deux.

Crédit photo de couverture: Christian Petersen/Getty Images ; Glyn Kirk / AFP

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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