Les 10 retraités de l’année: partie#5

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Ligue 1

 

Chaque année, de grands sportifs prennent une retraite bien méritée après des années de bons et loyaux services. On n’a évidemment pas été épargné en 2018. Des retraités, il y en a eu beaucoup, nous en avons choisi dix, tous sports confondus, afin de revenir sur leur carrière et l’achèvement de celle-ci, que ce soit dans un relatif anonymat ou en grande pompe, comme ils le méritaient tous. Nous vous en avons dévoilé deux par jour, et aujourd’hui, on a du très lourd pour finir. Deux sportifs au profil radicalement différent, mais qui ont tout de même un point commun: ils font l’unanimité, ce qui est très rare dans le sport.

(Crédit photo: Philippe Renault / Ouest France)

Aurélien Rougerie

Palmarès : Challenge Yves du Manoir (2001), Challenge européen (2007), 2 fois champion de France (2010 et 2017), 3 Tournois des Six nations (2002 (Grand Chelem), 2006 et 2010 (GC))

On aurait pu parler de Vincent Clerc, ou de Fred Michalak, qui ont eux aussi raccroché cette année, mais on a fait le choix de la simplicité et de la fidélité avec Aurélien Rougerie, qui aura passé dix-neuf ans à Clermont . De la patience aussi, puisqu’il a dû attendre neuf saisons et quatre finales (2001, 2007, 2008 et 2009) pour enfin soulever le Brennus. Pas de Coupe d’Europe en revanche, le capitaine a échoué trois fois en finale (2013, 2015 et 2017). C’est pas leur truc, les finales, aux Jaunards de toute manière. D’abord ailier dans sa jeunesse, il se reconvertit rapidement en tant que trois-quart centre. Très demandé, il reste à Clermont malgré les mauvais résultats sportifs au début des années 2000. Le club retrouve peu à peu de sa superbe, en partie grâce à celui qui a pris le brassard dès 2005. En 2007, Rougerie connait finalement sa première finale de Top 14, perdue face au Stade Français (18-23). Deux autres suivront lors des deux éditions suivantes, face au Stade Toulousain (20-26) puis Perpignan (13-22). La consécration aussi, puisque les jaunes et bleus finissent enfin par être sacrés champion de France en 2010, en prenant leur revanche sur l’USAP (19-6). Un deuxième bouclier viendra s’ajouter en 2017, un sacre auquel le joueur de 37 ans prendra forcément moins part. Véritable héros de son club, le Clermontois a vécu en revanche une histoire plus compliquée avec le XV de France. Plusieurs fois mis de côté par les sélectionneurs successifs, il revient plusieurs fois, et dispute toutefois trois coupes du Monde (2003, 2007 et 2011) et est donc passé à un rien d’être sacré champion du monde. En Nouvelle-Zélande, en 2011, la France peine mais se hisse en finale face au pays hôte, les Blacks. Au terme d’une finale extrêmement controversée, les Néo-zélandais l’emportent de trois points (8-7), portés par la malice de leur maître à jouer Richie McCaw, et l’arbitre de la rencontre Craig Joubert. Rougerie joue un rôle (presque) décisif dans la finale puisqu’il amène l’essai français, qui relance complètement la partie. Au final, le natif de Beaumont portera 76 fois le maillot bleu et inscrira 23 essais.
Il a en tout cas vécu une sortie à la hauteur de ce qu’il a apporté à l’ASM et au rugby français, chaleureusement applaudi par le stade Marcel Michelin et ses coéquipiers.

Le Brésilien présente son Ballon d’or en 2005, au Camp Nou (Crédit photo: DR)

Ronaldinho

Palmarès : 1 Copa America (2009), 1 coupe Intertoto (2001), champion du monde (2002), 1 Coupe des confédérations (2005), Ballon d’or 2005, 2 fois élu meilleur joueur FifPro (2005 et 2006),  1 Ligue des champions (2006), deux fois champion d’Espagne (2005 et 2006), 2 Supercoupe d’Espagne (2005 et 2006), médaille de bronze aux JO de Pékin (2008), champion d’Italie (2011), 1 Copa Libertadores (2013)

Comment résumer une carrière aussi riche, et un personnage aussi complexe que celui de Ronaldinho ? Le joueur brésilien est l’incarnation même du talent, le cliché-même du footballeur brésilien, plus à l’aise avec ses pieds que beaucoup d’entre nous le sont avec nos mains. Un magicien, un génie sportif, qui a marqué chaque club par où il est passé. Mais aussi un joueur terriblement frustrant pour ses supporters, qui compensera toute sa carrière son manque de rigueur et d’hygiène de vie par ses aptitudes surnaturelles. Et quelque fois, ça ne fonctionnait pas. Parlez-en par exemple au Milan AC. Le joueur arrive dans la capitale lombarde, en provenance de Barcelone en 2008. Les blaugranas sont alors lassés par les frasques de leur brésilien qui brille davantage par ses absences que par ses dribbles ravageurs. Le club alors entrainé par Rijkjaard voit aussi l’éclosion d’un autre génie, Léo Messi, qui éclipse peu à peu Ronaldinho. La première année de Ronnie au Milan est loin d’être convaincante, puis il se réveille peu à peu et retrouve son niveau maximal, entrevu au FCB et au PSG encore avant. Puis il se rééteint, après avoir enchanté pendant quelques mois San Siro. C’est ça Ronaldinho, un joueur désarçonnant sur le terrain, aussi bien par ses dribbles que par ses pics de forme, et donc de méforme. C’est d’ailleurs cette fâcheuse habitude à côtoyer les boîtes de nuit qui conduira Luis Fernandez, le coach parisien, à laisser le Brésilien sur le banc de nombreuses fois lors de son passage au PSG. À chaque passage de Ronaldinho, le schéma est d’ailleurs le même : une période enchantée où il montre toute l’étendue de son talent, puis une lente descente aux enfers. Et là encore, les reproches sont constamment les mêmes : une condition physique inadaptée au foot professionnel, et un mode de vie indignes d’une star mondial encore en activité.

En 2011, sous le maillot de Flamengo (Crédit photo : Alex Carvalho/AGIF)

En 2011, le Brésilien revient finalement au pays, à Flamengo, avec dans un coin de la tête, le mondial à domicile en 2014. Puis il file à l’Atletico Mineiro, puis à Querétaro, au Mexique, avant de revenir au pays, à Fluminense. Suivront une pige en futsal, dans un championnat indien, avant de revenir à Fluminense. Même s’il était perdu pour le football de haut niveau depuis plusieurs années, le Brésilien a mis officiellement fin à sa carrière cet été. Alors, que restera-t-il d’un tel joueur : son inconstance ou son génie ? Même si ses frasque sont dû en agacer plus d’un, comment ne pas choisir de retenir ce qu’il savait faire de mieux : impressionner le public…

Allez, pour clore le chapitre de nos 10 retraités, on se laisse avec le meilleur du meilleur de Ronaldinho, qui aura martyrisé un certain nombre de défenses, tout en émerveillant un bon nombre d’yeux, du football dans ce qu’il a de plus pur et de plus beau. Mesdames et messieurs: Ronaldinho.

https://www.youtube.com/watch?v=-JUyHL3v1QQ

C’est tout pour nos 10 retraités, on aura fini en beauté avec de belles images. Nous aurions pu parler de beaucoup d’autres grands noms qui ont raccroché cette année, comme Bjørndalen (biathlon) ou Sylvain Chavanel (cyclime), mais il a fallu faire un choix. Nous ne pouvons que vous encourager à lire nos épisodes 1, 23 et 4

Crédit photo de couverture: MARTIN ALEX / L’EQUIPE ;  DR

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