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Les 50 moments de la décennie – Sports US : Super Bowls et sacre des Cubs

Super Bowls

Les sports américains ont connu une décennie particulièrement riche. De la domination des Patriots en NFL à l’évènement de Mike Trout en MLB en passant par l’apothéose des carrières de Sidney Crosby et Alex Ovechkin en NHL, tout le monde a vécu son moment d’histoire. Pour vous, We Sport revient sur trois moments qui ont marqué ces dix dernières années dans le sport outre-Atlantique, avec la fin de la série noire des Cubs et un focus sur les 49e et 51e éditions du Super Bowl, deux matchs rentrés dans la légende.

108 ans après, les Cubs remportent les World Series

Après plus d'un siècle d'attente, les Cubs ont à nouveau remporté les World Series (Crédits : Matt Slocum – AP)

Après plus de cent ans à courir après une nouvelle victoire en World Series, les Chicago Cubs ont enfin brisé la malédiction au cours de cette décennie. Au cours d’une saison et de finales légendaires, la franchise de l’Illinois a enfin connu une sensation de victoire qui la fuyait depuis 1908, mettant ainsi fin à la Curse of the Billy Goat. Pour comprendre la grandeur de cet exploit, il faut regarder dans le rétroviseur. Depuis que cette franchise a pris pour nom « Cubs » en 1903, elle a atteint dix fois les World Series pour deux victoires en 1907 puis 1908. Si cela peut paraître beaucoup, cela trahit en réalité une très longue disette pour Chicago. En effet, les Cubs n’ont alors plus atteint ce stade de la compétition depuis 1945. Pire, entre leur dernier titre en 1908 et 2014, la franchise n’a remporté qu’une seule série de playoffs (NLDS 2003) avec une longue absence de la postseason entre 1945 et 1984 ! Après de très nombreuses années difficiles et plus d’un siècle à être la risée de la MLB, les Cubs vont finir par connaître la rédemption.

En 2014, après une énième saison manquée, la franchise décide de nommer Joe Maddon en tant que manager. Anciennement dans le dugout des Angels et surtout des Rays, avec lesquels il a remporté l’American League Pennant 2008, les Cubs vont devenir de véritable prétendant au titre. Dès sa première saison, il remporte 97 victoires et conduit Chicago jusqu’aux NLCS ou la franchise s’inclinera sèchement (4-0) contre les Mets. Toutefois, ce n’est que partie remise.

En 2016, les pensionnaires du Wrigley Field frappent encore plus fort en dépassant la barre des cent victoires (103), s’imposant comme un des grands favoris pour le titre. Avec un effectif talentueux composé par exemple du Cy Young 2015 Jake Arrieta, du MVP 2016 Kris Bryant ou encore de Javier Baez, Ben Zobrist et Aroldis Chapman, la franchise est taillée pour aller loin. Cette tendance se confirme très vite en playoffs avec des victoires franches face aux San Francisco Giants en NLDS (3-1) puis face aux Los Angeles Dodgers en NLCS (4-2). Pour la première fois depuis plus de soixante-dix ans, les Cubs remportent le National League Pennant et disputeront les World Series.

Dernier obstacle qui se dresse sur le chemin de leur quête du titre, les Indians de Cleveland. En quête de titre depuis 1948 et emmenée par un Terry Francona manager de l’année, Cleveland frappe fort dès le Match 1 en s’imposant 6-0. Si Chicago réagit en égalisant dans la foulée, les choses se compliquent pour les Cubs qui se retrouvent menés trois matchs à un après quatre rencontres disputées. Face à l’élimination, les champions de la NL doivent remporter les trois derniers matchs, une performance qui n’a pas été réalisée depuis les Kansas City Royals en 1985. Pourtant, le miracle va s’opérer. Déterminés à ne rien lâcher, les Cubs remportent les deux matchs suivants et égalisent à 3-3, forçant un Match 7 d’anthologie.

Dans ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands Match 7 de l’histoire de la MLB, Chicago réussit à ouvrir le score sur un leadoff home run de Dexter Fowler. Si Cleveland égalise dès la deuxième manche, les Cubs finissent par prendre trois runs d’avance et sont en position idéale pour s’imposer. Toutefois, Cleveland va réussir à égaliser en marquant trois fois dans la huitième manche. Personne ne score dans la dernière reprise, direction une extra-inning ! Grâce à des coups sûrs de Ben Zobrist, élu par la suite MVP des World Series, puis Miguel Montero, Chicago reprend l’avantage. Un écart définitif que Cleveland ne comblera que partiellement, laissant les Cubs briser leur série noire en devant à nouveau World Champions.

Malcolm Butler crucifie les Seahawks

Alors que les Seahawks étaient en position de remporter le Super Bowl XLIX, Malcolm Butler a réalisé l'un des plus grands jeux de l'histoire (Crédits : Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports)

Patriots/Seahawks, c’est l’histoire d’un Super Bowl attendu. Champions en titre après avoir dominé les Broncos de Denver lors du Super Bowl XLVIII, Seattle était un candidat plus que sérieux à sa propre succession. Derrière le jeune Russell Wilson et une défense de fer qui comptait dans ses rangs la Legion of Boom (Richard Sherman, Earl Thomas, Kam Chancellor, …), la franchise du Washington a dominé la Conférence Nationale. Première à l’issue de la saison régulière, elle domine successivement les Panthers de Carolina puis les Packers de Green Bay – après prolongations – pour remporter sa conférence et rejoindre le Super Bowl pour la deuxième saison consécutive.

De l’autre côté, en AFC, New England faisait également office d’épouvantail. Équipe la plus dominatrice de la décennie, elle restait sur quelques désillusions dont une défaite cruelle lors du Super Bowl XLVI face aux Giants et une élimination en Conference Championship face aux Broncos l’année précédent la saison 2014. Malgré cela, les Patriots restaient dominants dans leur conférence. Forts d’un Tom Brady plus que jamais décisif et d’une équipe taillée pour le titre, ils finissent également premiers dans la Conférence Américaine. Après une semaine de repos, ils s’imposent dans la douleur contre les Ravens de Baltimore avant de passer sans aucune difficulté contre les Colts d’Indianapolis. Direction le Super Bowl avec une volonté claire : remporter le titre.

Dans le plus grand match de l’année qui se déroule cette année là au University of Phoenix Stadium, les débats sont équilibrés et les attaques gênés. Aucune franchise ne prend les devants, et après un premier quart-temps sans points chaque équipe en inscrit quatorze pour rejoindre les vestiaires sur un score de parité (14-14). Après la pause, Seattle appuie sur l’accélérateur et fait une première différence. À la faveur d’un field goal et d’une passe de touchdown de Russell Wilson pour Doug Baldwin, les Seahawks comptent dix points d’avance avant d’entrer dans le dernier quart-temps (14-24). Toutefois, New England va réussir à renverser le score grâce à Danny Amendola puis Julian Edelman (28-24). Seattle est mené mais Seattle a le ballon de la victoire entre les mains.

Menés d’un touchdown, les Seahawks ont besoin de driver jusque dans la endzone pour conserver leur titre. Si le point fort des hommes de Pete Carroll se trouve plutôt en défense, Russell Wilson sort le grand jeu et remonte les siens jusqu’à un yard de l’en-but. Après une première tentative infructueuse, Seattle est en 2e&Goal et la match va définitivement basculer à vingt-six secondes du terme. Alors que Marshwan Lynch est dans le backfield et aurait pu perforer la ligne défensive adverse avec une course, Pete Carroll appelle une passe. Russell Wilson effectue son dropback, lance vers Ricardo Lockette… mais est intercepté par Malcolm Butler ! Lucide, le cornerback des Patriots a parfaitement lu la trajectoire et s’empare du ballon, mettant fin à tout espoir de victoire des Seahawks. New England remporte le Super Bowl XLIX, tandis que les Seahawks s’inclinent après l’un des jeux les plus contestés de la décennie en NFL.

Falcons blew a 28-3 lead

Après avoir mené 28 à 3, les Falcons ont finalement subi le plus gros comeback de l'histoire du Super Bowl (Crédits : Richard Mackson-USA TODAY Sports)

Peut-être le Super Bowl avec le plus grand revirement de situation de l’histoire. Pour se remettre dans le contexte, nous sommes le dimanche 5 février 2017 et les Patriots de New England retrouvent les Falcons d’Atlanta au NRG Stadium de Houston pour le Super Bowl LI. Voir ces deux franchises s’affronter lors du match le plus important de l’année n’a pas grand-chose d’étonnant au vu de leurs saisons respectives. Habitué de ce rendez-vous depuis la prise de pouvoir de Bill Belichick (septième participation), les Patriots ont écrasé la concurrence dans la Conférence Américaine. Défaits seulement à deux reprises en saison régulière (vs Bills et vs Seahawks), la franchise de la Nouvelle Angleterre était le grand favori pour le titre. En playoffs, les coéquipiers de Tom Brady ne tremblèrent pas. Face aux Texans de Houston puis face aux Steelers de Pittsburgh, les Patriots s’imposèrent par un peu moins de vingt points et se qualifièrent ainsi pour un nouveau Super Bowl.

Face à eux se dressaient donc de surprenants Falcons. Absente des playoffs depuis trois saisons, la franchise de Géorgie était en pleine mue. Avec Dan Quinn, ancien coordinateur défensif des Seahawks, a sa tête depuis 2015, Atlanta a retrouvé les sommets dans la NFC Ouest et se classa deuxième de sa conférence, juste derrière les Cowboys de Dallas. En playoffs, les Falcons firent parler la puissance de leur attaque et renversèrent coup sur coup les Seahawks de Seattle puis les Packers de Green Bay. Champions dans la Conférence Nationale, ils se dirigeaient donc vers leur premier Super Bowl depuis 1998, le deuxième de leur histoire.

Dans ce choc entre deux attaques surpuissantes, les Falcons vont assez rapidement faire parler la poudre. Après un premier quart-temps où personne n’inscrit le moindre point, Devonta Freeman au sol puis Austin Hooper à la réception débloquent le compteur d’Atlanta pour creuser un premier écart. New England doit réagir pour ne pas se faire lâcher, mais Robert Alford transforme une interception lancée par Tom Brady en Pick-6 pour faire le break. Stephen Gostkowski réduit l’écart au pied avant la pause (21-3), mais le calvaire ne s’arrête pas là pour les hommes de Bill Belichick. Au retour des vestiaires, Tevin Coleman attrape une passe de Matt Ryan dans la endzone et tue définitivement le suspens (28-3). Du moins c’est ce que l’on croit à ce moment de la rencontre…

Pour l’emporter, les Patriots doivent réaliser le plus gros comeback de l’histoire du Super Bowl. Alors que tout cela semble impossible, New England joue le tout pour le tout. Dès le troisième quart-temps, Tom Brady met enfin l’attaque en route et trouve James White dans la endzone. La conversion au pied est manquée, mais les Patriots sont en train de faire tourner le momentum (28-9). Après un nouveau kick de Stephen Gostkowski, Danny Amendola marque à son tour à la réception. James White convertit à deux points au sol et voilà les Patriots à nouveau dans la course (28-20). Ce qui semblait improbable est désormais possible, et une action va parfaitement le symboliser. Sur une première tentative à plus de deux minutes de la fin de la rencontre, Tom Brady lance vers Julian Edelman. Le ballon est touché par un défenseur, mais le receveur réalise une réception extraordinaire qui permettra aux Patriots de poursuivre leur drive.

Quelques minutes plus tard, New England se retrouve en Redzone et James White rapproche un peu plus les Patriots du comeback en transperçant la défense adverse sur une course d’un yard. 28-26, New England doit convertir à deux points pour arracher la prolongation. Tom Brady cherche alors Danny Amendola dans la endzone… qui attrape le ballon ! Égalité, les deux franchises iront en prolongations. Complètement sonnés, les Falcons subissent depuis maintenant trop longtemps et ne vont pas être aidés en perdant le toss au début du temps supplémentaire. Sur leur lancée, les Patriots ont besoin d’un touchdown pour valider ce comeback fou et s’imposer. Tom Brady fait parfaitement avancer les siens et son attaque se retrouve à deux yards de la endzone. Intenable dans cette rencontre, James White se voit confier le cuir et s’échappe sur la droite et parvient à arriver en terre promise. Touchdown, les Patriots remportent l’un des Super Bowls les plus fous de l’histoire !

Crédits Image en Une : Mike Ehrmann/Getty Images

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