Ça roule…

Les amateurs à suivre chez les professionnels en 2019

Comme chaque année, après les stages proposés à partir du mois d’août, certains fructueux se transforment en contrat chez les pros. Certains évitent même cette étape. On fait le point sur les amateurs de 2018, qui seront à surveiller dans les pelotons professionnels en 2019. A noter que les coureurs issus de Continental (3e division) ou qui y signent ne sont pas pris en compte.

Dans l’ordre de gauche à droite : Gino Mäder, Emmanuel Morin, Jaakko Hanninen, Fabien Schmidt, Alan Riou, Geoffrey Bouchard, Maxime Cam, Remco Evenepoel.

Geoffrey Bouchard, 26 ans : AG2R La Mondiale

C’est un âge plutôt original pour entrer dans le monde professionnel. Pourtant, Geoffrey Bouchard est LE coureur de l’année 2018 chez les amateurs français… voire au-delà. C’est sans aucun doute l’homme fort du sacre du CR4C Roanne en DN1. Son palmarès est long comme le bras, à tous les niveaux chez les amateurs. 21 podiums pour 11 victoires… et quels succès ! D’abord avec le titre national amateur, après un numéro solitaire, mais aussi et surtout la victoire sur le Tour d’Alsace, épreuve de catégorie 2 très prisée chez les amateurs. On passe sur tous les succès en Coupe de France. Chez AG2R, il retrouvera un autre ancien Roannais… un certain Romain Bardet. On lui souhaite le même succès que le natif de Brioude, car à Roanne, on sait former des champions.

Jaakko Hanninen, 21 ans : AG2R La Mondiale

C’est la révélation de la fin de saison 2018. Pas franchement en vue jusqu’au début de l’été, le Finlandais a complètement explosé ensuite. Déjà en Elite Nationale, avec de nombreuses performances et des victoires, mais aussi sur le Tour du Gévaudan, qu’il a remporté devant… Rein Taaramae. Jaako Hanninen a poursuivi sur sa lancée à Innsbruck. Aligné sur l’épreuve mondiale espoirs, il a étincelé. Décrochant une 3e place derrière les phénomènes Marc Hirschi et Bjorg Lambrecht. Une performance phénoménale pour ce coureur de l’EC Saint-Etienne Loire, qui a sans doute tapé dans l’œil de Vincent Lavenu et les siens grâce à ce type d’exploits. Cependant, un peu de patience, il ne rejoindra les Terre et Ciel qu’à partir du 1er aout. En attendant, il poursuivra sa progression avec l’équipe du Forez.

Remco Evenepoel, 19 ans : Deceuninck – Quick Step

Il va être sans aucun doute l’attraction de l’année auprès des suiveurs. Remco Evenepoel est le phénomène dont tout le monde parle depuis plusieurs mois. En 2018, il a explosé les compteurs, gagnant partout où il était engagé. On notera notamment son doublé aux Championnats du monde Juniors, en ligne et en chrono, seul au monde. Performance identique aux Europe. Au-delà des résultats, la manière est impressionnante. Il y a Evenepoel et les autres. Mais après n’avoir laissé que des miettes aux autres juniors en 2018, il est temps pour lui d’entrer dans le grand bain. Du fait de son potentiel hallucinant, la Sky et la désormais Deceuninck – Quick Step lui ont fait les yeux doux. Et ce sont les Belges qui ont eu les faveurs de leur compatriote. Transition difficile, futur doré, une année 2019 déjà ponctuée de victoires, les pronostics vont bon train le concernant. Et les premières réponses devraient tomber rapidement.

Gino Mäder, 22 ans : Dimension Data

Voilà un jeune coureur qui finira par empiler les victoires. Le Suisse est une machine à attaquer. Toujours très actif chez les amateurs, Gino Mäder adore se glisser dans les échappées. Malin, joueur, il est particulièrement à l’aise pour s’imposer dans un petit groupe. En 2018, il n’a gagné que cinq fois. Mais des victoires emblématiques. Deux étapes sur le Tour de l’Avenir (3e place finale), une sur la Ronde de l’Isard, une sur le Tour d’Alsace et enfin une au Tour du Heinan (2e au général), classé HC. Le coureur helvétique pourrait bien devenir une terreur du peloton, l’épouvantail des échappées. Pourquoi pas à la manière d’un Rui Costa, d’un Tim Wellens ou Thomas de Gendt. En plus, avec Dimension Data, la relative absence de gros leaders dans l’équipe lui permettra d’avoir carte blanche régulièrement.

Alan Riou, 21 ans : Arkéa – Samsic

C’est l’une des révélations françaises du Tour de l’Avenir 2018. Lors de la 2e étape qui arrivait à Châteaubriant, Alan Riou est dans la bonne échappée. Ils sont trois pour le Graal, et le Français fait preuve de malice, et tout simplement d’une bonne pointe de vitesse, aussi, pour disposer de son concurrent danois et norvégien. La suite, c’est quatre jours en jaune sur l’épreuve. Porter le maillot de leader sur une telle épreuve, qui plus est la moitié de la course, c’est une preuve de potentiel. Il ne le cèdera d’ailleurs qu’à l’entrée dans les Alpes, où les grimpeurs ont bien évidemment eu raison de lui. Certes, l’essentiel de ses meilleures performances se concentrent sur le circuit Elite Nationale. Mais il a encore une grande marge de progression, et son jeune âge est forcément un atout. En plus, au sein d’une équipe Arkéa – Samsic auteure d’une année catastrophique sur le plan des victoires, il aura la place pour se glisser dans des échappées… qu’on lui souhaite vainqueures à nouveau.

Emmanuel Morin, 23 ans : Cofidis

Comme son homologue ci-dessus, il a participé au Tour de l’Avenir l’année passée, déjà gage de faire partie des meilleurs potentiels français chez les espoirs. Là encore, l’essentiel de ses performances s’est concentrée sur le circuit amateur, huit victoires au total. Ce n’est pas forcément le plus en vue, ni le plus connu de la liste, mais ce n’est pas pour rien s’il a tapé dans l’œil de Cédric Vasseur et des siens. Emmanuel Morin passe la case professionnelle, et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa progression est complètement logique et cohérente depuis quelques années. L’ancien coureur de Sojasun espoir va donc pouvoir se tester dans l’élite, et l’équipe Cofidis pourrait bien convenir à ses qualités étant donné l’effectif intéressant.

Fabien Schmidt, 29 ans : Delko Marseille

C’est sans doute sa dernière chance de briller chez les professionnels. Les plus assidus connaissent peut-être son nom. En 2011, il passe par la FDJ en tant que stagiaire. Un exercice infructueux avant de rejoindre Roubaix Lille, puis Sojasun, à l’époque où celle-ci était Continental pro. Et puis s’en est suivi cinq longues années de retour chez les amateurs. Mais en 2018, Fabien Schmidt a retrouvé un second souffle. Longtemps à la bagarre avec Geoffrey Bouchard pour le trophée DirectVelo (qui récompense, pour simplifier, le meilleur amateur français de la saison), il a finalement cédé en toute fin d’année face au Roannais. Mais que de résultats ! 28 podiums au total, pour 17 victoires. Dont le Tour de Bretagne, classée 2.2. Ainsi que des épreuves de la Coupe de France DN1. C’est donc un come back, plus qu’une entrée dans le monde professionnel. Mais cette fois-ci, l’Alsacien le sait, il n’y aura pas le droit à l’erreur. Dans une petite équipe continentale comme Delko Marseille, il aura toute la place pour s’exprimer. C’est l’année ou jamais.

Maxime Cam, 26 ans : Vital Concept

Lui aussi renaît de ses cendres. Passé par Bretagne – Séché, devenue Fortuneo, en 2015/2016, le retour chez les amateurs lui a fait du bien. Après une très prometteuse année 2017 chez Côte d’Armor – Marie Morin, il a confirmé en 2018 au VCP Loudéac. Cependant on peut noter qu’il n’a pas eu réellement d’opportunités de se mesurer au niveau semi-professionnel, sur des courses de classe 2, voire plus haut. Ses performances se concentrent lui aussi sur le circuit Elite Nationale. Et fait amusant, ce pur Breton a particulièrement étincelé dans sa région. Chez les professionnels, il faudra être capable de s’exporter. Mais au sein de la formation de Jérôme Pineau, basée dans le Morbihan, l’acclimatation ne devrait pas lui poser de problèmes. Une bonne structure, donc, pour un retour dans l’élite. De plus, avec le recrutement intéressant de Vital Concept, Maxime Cam pourra évoluer au milieu des coureurs d’expérience. Plus facile pour redécouvrir le monde professionnel.

Voilà, vous savez tout sur les amateurs à suivre chez les pros en 2019. A nouveau, il s’agit d’une liste non exhaustive. On a omis toutes les pépites du niveau Continental qui montent à l’échelle du dessus, voire en World Tour. Sinon, il va de soit que les noms seraient bien plus nombreux. Alors, faites vos jeux. Lequel de ceux-là fera la meilleure entrée chez les pros ?

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