Les failles tactiques des Espoirs face à l’Espagne

Jeudi soir, l’Equipe de France Espoirs s’est inclinée 4-1 face à l’Espagne lors de la demi-finale de l’Euro. Plus qu’une simple élimination, cette défaite a mis en exergue de nombreuses failles tactiques chez les Bleuets.

 

Malgré vingt premières minutes plutôt équilibrées au terme desquelles les Bleuets menaient 1-0, ces derniers ont ensuite sombré face à la Rojita. Les Espagnols ont notamment apporté le danger par les côtés et ont su profiter de la sortie sur blessure de Colin Dagba, remplacé par un Kelvin Amian qui n’a cessé de prendre l’eau sur son côté droit.

 

La gestion des côtés

Le couloir droit français a été le théâtre de tous les dangers jeudi soir. Face à Amian, le latéral gauche espagnol Junior Firpo a driblé, centré, dédoublé : en bref, le joueur du Betis Séville s’est amusé. Souvent bien lancé par Pablo Fornals, Junior Firpo a apporté le danger dans la surface de réparation tricolore à de multiples reprises.

Grâce à du jeu entre les lignes et des dédoublements, le duo formé par Fornals (cercle jaune) et Firpo (cercle rouge) a fait du côté droit son terrain de jeu à de nombreuses reprises.

Les deux espagnols ont ainsi fait passer des frissons dans la surface de réparation française, comme sur cette action qui se conclut par une frappe qui passe à quelques centimètres du poteau (voir photos ci-dessus).

 

Et lorsque le défenseur n’était pas dans le coup, c’est son relais Pablo Fornals et son homologue sur le côté droit Daniel Olmo qui ont profité des largesses des Bleuets. Défensivement, les hommes de Sylvain Ripoll ont manqué de d’agressivité et ont défendu beaucoup trop loin des Espagnols.

A droite comme à gauche, les Espagnols ont eu tout l’espace nécessaire pour ajuster leurs centres.

 

La couverture

Parallèlement à une occupation défensive des couloirs insuffisante, l’arrière-garde française a été catastrophique dans son quadrillage du terrain et dans son marquage. Tout au long de la rencontre, un manque de vivacité et de coordination s’est fait ressentir dans le placement des Bleuets. A plusieurs reprises, Paul Bernardoni s’est retrouvé exposé aux assauts de la Rojita à cause de replis défensifs insuffisants de la part de ses latéraux, ou d’un manque criant de communication entre les défenseurs centraux et les milieux de terrain.

Le troisième but espagnol (voir photos ci-dessus) illustre parfaitement les largesses de la défense tricolore. Oyarzabal lance parfaitement Fabian Ruiz entre Upamecano et Tousart (cercle bleu). L’Espagnol peut alors servir Olmo (cercle jaune) qui a plusieurs mètres d’avance sur Ballo-Touré (cercle blanc).

Sur le quatrième but, Fornals a pu centrer le ballon pour Mayoral (cercle rouge), laissé libre au second poteau et qui n’a laissé aucune chance à Bernardoni.

La présence dans l’axe

Comme à leur habitude, les Espagnols ont évolué dans un dispositif leur offrant une forte présence au milieu de terrain, favorisant ainsi le contrôle du ballon, un jeu rapide et leur permettant d’user pleinement de leur technique. Face à un bloc resserré dans l’axe, les Bleuets ont souffert et se sont régulièrement trouvés en situation d’infériorité numérique au milieu de terrain, laissant leurs adversaires orienter le jeu et trouver des lignes de passes dangereuses.

A 25 mètres des buts français, Tousart (cercle blanc) et Guendouzi (cercle bleu) sont tous les deux concentrés sur Ruiz (cercle rouge). Ce dernier arrive tout de même à trouver Ceballos (cercle jaune), obligeant Konaté (cercle orange) à quitter son poste de défenseur central pour monter sur ce dernier. Mais il laisse dans son dos un espace conséquent pour Ruiz, qui s’est facilement débarrassé du marquage de Tousart et Guendouzi et reçoit le ballon de la part de Ceballos.

 

En phase offensive, les coéquipiers d’Houssem Aouar se sont heurtés à ce même bloc. L’idéal aurait alors été de contourner ce dernier par des centres, profitant ainsi des égarements défensifs des latéraux espagnols ainsi que du gabarit de Jean-Philippe Mateta (1,92m) face à Unai Nunez (1,86m) et Jesus Vallejo (1,84m). Malheureusement, les quelques centres de Ballo-Touré et d’Amian se sont avérés particulièrement médiocres. De plus, les Bleuets ont bien souvent tenté de lancer leurs offensives par une construction axiale, barrés par un niveau technique bien en-dessous de celui de la Rojita. Lors des attaques placées, les mouvements autour du porteur du ballon ont été bien trop insuffisants pour espérer mettre en danger la défense espagnole. Dans une optique d’attaquer par l’axe, se servir du profil de pivot de Mateta aurait alors pu être la solution. Malheureusement, l’attaquant de Mayence termine la rencontre avec 19 ballons touchés en 71 minutes de jeu, soit deux de plus que Dagba qui a passé vingt minutes sur la pelouse du Mapei Stadium.

La seule solution proposée à Ikoné est un appel de Ballo-Touré (cercle bleu), couvert par un défenseur. Dans la surface, aucun Français ne vient se placer entre les deux défenseurs centraux.

Le mouvement autour du porteur

Enfin, les Bleuets ont proposé une animation offensive particulièrement décevante. Peu de combinaisons, pas assez de mouvements autour du ballon : les récents qualifiés pour les Jeux Olympiques 2020 manquaient d’automatismes. Avec des joueurs de talent comme Aouar, Ikoné ou encore Guendouzi, la France peut avoir des regrets quant à la pauvreté du jeu proposé par ses Espoirs.

Dans l’axe ou sur les côtés, les Bleuets ont été trop avares en mouvements autour du porteur de balle.

 

Si l’objectif de la demi-finale est atteint, cette défaite n’est que la suite logique des choses pour les U21 français. Après une phase de groupes loin d’être convaincante, les hommes de Sylvain Ripoll ont une fois de plus déçu les observateurs. Un bilan inquiétant pour le futur de l’Equipe de France.

A propos de l'auteur

Plus à l'aise stylo en main que balle au pied. Etudiant en journalisme mais avant tout fan inconditionnel de football.

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