Los Angelenos : DeMar DeRozan

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Ligue 1



 Los Angeles, cité des Anges. Deuxième ville des Etats-Unis derrière New-York, LA fait frémir tout amateur de voyage : Hollywood, Santa Monica, Venice Beach, Beverly Hills, les Lakers… Bref, quoi de mieux qu’un bon séjour dans l’une des villes les plus réputées du monde? Surtout pour tout amateur de basket, qui ne manquera pas d’aller voir une rencontre des Lakers ou des Clippers au Staple Center. Car oui, la cité phare de la Californie est une vraie terre de basket. Elle abrite bon nombre de playgrounds et à vu naître de nombreux phénomènes de la balle orange. Ils sont beaucoup, aujourd’hui à évolué dans la plus grande ligue du monde et à avoir vu le jour à LA. Et plus particulièrement à Compton, encore une fois. DeMar DeRozan fait parti de ceux-là. 

Une enfance effroyable

Une miraculé. Ou plutôt, un forcené. Le béni, comme le surnomme affectueusement sa grand-mère.7 août 1989, Diane et Frank DeRozan  étaient mariés depuis 5 ans, mais malheureusement, la découverte de fibrome dans l’utérus de Diane l’empêche d’avoir un enfant. Par miracle, une bonne nouvelle arriva, et finalement Jermaine aura donc un frère. DeMar voit donc le jour et porte ce nom en l’honneur de son demi-frère ainé, Lemar, ancien footballeur universitaire abattu à 20 ans par un ami d’enfance lors d’un règlement de compte. Oui, un ami proche ! Mais à Compton, rien n’est comme ailleurs. Originaire de la banlieue de Los Angeles, la famille  DeRozan  n’a jamais eu la vie facile. Comme sa mère, ouvrière dans une usine de thermostat,  il naît au beau milieu d’un quartier frappé de plein fouet par la violence et la délinquance. Son père, vidéographe originaire lui de Louisiane, et ancien joueur modeste de football américain chez les Chargers de San Diego, veille au grain pour le bon développement de son fiston. Bien que leur maison, dans un quartier du Sud de Los Angeles se trouve tout proche de bâtiments des forces de l’ordre, Frank n’est pas dupe et ne veut rien laisser au hasard. Il dépose lui même son enfant à l’école, avant de venir le récupérer à la sortie, lorsque sa femme ne peut pas le faire. Sa famille a trop souffert et ne connaît que trop bien les dangers de la ville. Sa famille a perdu beaucoup, beaucoup de proches dans des règlements de compte. A 4 ans, le petit DeMar perdait un oncle, le frère de sa mère, abattu par un gangster, tout proche du foyer familiale. “La moitié de ma famille était membre de gangs. Mes amis les plus proches étaient dans des gangs. J’ai perdu mes oncles et mon meilleur ami à cause de la violence des gangs. Tout ça très jeune. Très jeune. Je connaissais tous les membres de gangs. Je me souviens qu’une année ma mère a assisté à 20 enterrements” dira plus tard Compt10. Né et élevé à Compton en Californie, d’où ce surnom, DeRozan a dû surmonter l’un des quartiers les plus dangereux aux États-Unis, abritant certaines des plus grandes performances hip hop de l’histoire, mais aussi plusieurs gangs et criminels, sans aucun scrupule. Il aurait pu facilement sombrer dans les trafics, mais aussi dans la drogue ou l’alcool, comme ses meilleurs amis. Mais le soutien et l’omniprésence de ses parents lui a permis de s’en sortir, tout en menant ses rêves à bien. 

En plus des problèmes sociétaux, la famille DeRozan doit faire face aux problèmes de santé. Donna, sa sœur, et lui, font face à une maladie chronique, le lupus qui affecte le système immunitaire et peut entraîner de vaste gamme de symptômes, de l’arthrite et des problèmes rénaux. Problèmes que son père a également, et dont il souffrait récemment, obligeant DeMar a multiplié les aller-retours entre Toronto et Los Angeles. Sa sœur, plus touchée que lui par ces problèmes, souffrait de grande fatigue. Cela affecta beaucoup le petit dernier, très proche de sa famille.


 

Une bénédiction

Pour s’occuper en dehors de l’école, le garçon scouatte les playgrounds du quartier, toujours un ballon orange sous le bras. Et on s’aperçoit vite des qualités du petit bonhomme. À l’âge de 11 ans, DeMar était déjà un jeune talent impressionnant avec sa capacité à attaquer la jante, devenant rapidement l’un des atouts les plus recherchés du basket-ball californien, tout comme pour un de ses meilleurs amis, rencontré au bord des terrains, James Harden, lui aussi originaire de Compton et qui passe son temps à parfaire son shoot main gauche. La rumeur se répandit rapidement à propos du jeune homme, promis à un très bel avenir. Plusieurs écoles se sont alors disputé le petit DeMar, notamment le lycée Dominguez à Compton, qui comptait des championnats nationaux et les futurs joueurs de la NBA, Brandon Jennings et Tayshaun Prince. Frank a alors penché pour le lycée de Compton High Shool, située de l’autre sa maison au grand soulagement de Tony Thomas, professeur de mathématiques et entraîneur de basket-ball, qui voyait en lui un futur grand. “Remettons Compton sur la carte”, avait déclaré DeRozan à son arrivée. Il avait en moyenne 26 points par match en première année, aidant Compton à se qualifier pour la première fois en séries éliminatoires. DeRozan est tout de suite adoubé par tout le lycée, il devient une vraie coqueluche. D’autres types d’hommages venaient des endroits les plus étranges. Même les gangs qui terrorisaient la région savaient que l’enfant avec un avenir dans le basket-ball. Les voyous le protégeaient, alors que sans le basket, ils se seraient fait un malin plaisir à le raquetter.  Une fois, rentrant chez lui après un match, Frank DeRozan se souvient d’avoir vu un gang voler des voitures dans la rue et se diriger vers eux. Puis il a entendu un cri: “Fou! C’est Deebo (son surnom) et son papa.” Preuve en est du respect qu’il dégageaient. Famille, amis, camarades et même bandits des Crips (“célèbre” gang de LA) le soutenaient. Il était la fierté de Compton. “Au lycée, certains membres de gangs venaient me voir jouer et ça n’a jamais été un problème. Ils étaient heureux de me voir jouer. Même aujourd’hui j’entends des histoires sur des gars heureux de me voir jouer. C’est pour ça qu’ils sont venus. Ça m’aidait à me sentir normal. Moi j’aime rassembler les gens” a-t-il même avoué. Le respect d’autrui, la gentillesse inculqué par ses parents force aussi l’admiration, et est, en partie, la cause de cette passion de tous. 

Après avoir sillonné les playgrounds de Compton durant sa tendre enfance, après avoir complètement dominé et détruit tous les adversaires au lycée, le sportif dingue s’est engagé à jouer pour USC. Le ciel semble être la limite pour un gars qui a grandi dans l’un des endroits les plus dangereux de l’Amérique. Il jouera une saison en NCAA chez les Trojans d’USC. Avec des statistiques de 13,9 points et 5,7 rebonds en 35 matchs, il séduit alors les scouts de Toronto. Il sera sélectionné en neuvième position de la Draft 2009.

Une histoire gravée à vie

 Malgré tout, les horreurs qu’à pu vivre Derozan dans sa ville natale n’affecte pas outre mesure les liens qu’il entretien avec Compton. Il revient tous les étés organiser des camps pour les jeunes défavorisés et a même récemment financé les équipements de l’équipe de Compton. La ville et son ambiance sulfureuse ont tout de même influencé son prénom également. La mort de son frère a incité ses parents à l’appeler DeMar. Il est fortement attaché à ses origines, où vivent toujours ses proches. Le joueur des Spurs a vécu l’année dernière une année compliquée. Son père, dont il est très proche, fait face à de très graves problèmes rénaux.Dans cette situation, DeMar DeRozan a plusieurs fois pris l’avion pour Los Angeles cette saison afin d’être auprès de son père, sans jamais rater un entraînement ou un match. Il manque à sa famille et surtout à son père, d’autant plus dans ses moments difficiles. Mais son arrivé à San Antonio le rapproche de la Californie.De plus, ce développement plus que difficile, il a décidé de le garder à vie : ses tatouages racontent son histoire et les valeurs qui le caractérisent : Diane, le prénom de sa mère dont il est très proche est écrit sur sa peau, tout comme l’expression Blessed One, trouvé par sa grand-mère pour sa miraculeuse naissance. Struggle, Dedication, des mots forts qui font aujourd’hui sa force, lui qui n’oublie pas d’où il vient et comment il s’en est sorti.

Tout comme Loyalty: il a toujours été très respectueux et reconnaissant envers ceux qui l’ont porté vers le haut, comme c’est le cas avec les Raptors. Il a toujours affirmé son attachement pour “sa” franchise qui l’a drafté et qui lui a fait confiance. Il n’a jamais été question de partir ailleurs, et il a avoué avoir longtemps pleuré après l’annonce de son trade qu’il ne souhaitait en aucun cas. Mais ainsi va la vie, et DeRozan s’en est relevé, prouvant le champion qu’il est. Sa mentalité de combattant, attachant, respectueux vient de son lieu de naissance et de son vécu. 

DeMar DeRozan, c’est l’histoire d’un miraculé, d’une enfance difficile, mais aussi d’un garçon au grand cœur avec de vraies valeurs, qui rend fier tous ceux qui l’ont côtoyé qui n’oubliera jamais d’où il vient. Un homme, un vrai, qui aujourd’hui, éclabousse la NBA de son talent. 



 
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