Los Angelenos : Russell Westbrook



Los Angeles, cité des Anges. Deuxième ville des Etats-Unis derrière New-York, LA fait frémir tout amateur de voyage : Hollywood, Santa Monica, Venice Beach, Beverly Hills, les Lakers… Bref, quoi de mieux qu’un bon séjour dans l’une des villes les plus réputées du monde? Surtout pour tout amateur de basket, qui ne manquera pas d’aller voir une rencontre des Lakers ou des Clippers au Staple Center. Car oui, la cité phare de la Californie est une vraie terre de basket. Elle abrite bon nombre de playgrounds et a vu naître de nombreux phénomènes de la balle orange. Ils sont beaucoup, aujourd’hui à évoluer dans la plus grande ligue du monde et à avoir vu le jour à LA. Russell Westbrook fait partie de ceux-là.


Un cocon familial omniprésent

Long Beach, la mer, le soleil, la Californie, LA  quoi ! C’est dans ce cadre idyllique, le 12 novembre 1988, que naît Russell Westbrook.

Fils de Russell Westbrook Junior, le petit nait dans un environnement favorable, bien que son enfance soit difficile. En effet, son père était très présent pour lui, comme lui l’est au maximum avec son fils. Son paternel s’est démené, corps et âme pour aider son fils, et c’est peut-être pour cela que le MVP 2017 semble aussi proche de son frère, de sa mère et de son père. Ce dernier l’entraînait, passait du temps sur les terrains de basket-ball de rue. Car oui, Westbrook Jr, travaillant dans une boulangerie, est un grand amateur de basket et scouatte dès que possible les playgrounds ensoleillés de Los Angeles. Alors pourquoi ne pas emmener le fiston ? Et pourquoi, au passage, ne pas lui inculquer les valeurs nécessaires pour devenir un homme, un vrai, avec un grand H?

Car à cette époque, certes, Kobe illuminait déjà  le Staple Center et chaque enfant rêvait de claquer des dunks comme le Shaq le faisait. Mais les années 1990 étaient également marquées par de grosses délinquances et des trafics en tout genre aux Etats-Unis, et notamment à Los Angeles. Compton est devenu mythique, malheureusement pour de mauvaises raisons, et beaucoup de quartiers de la ville débordent de malfaiteurs, qui dictent la loi. Déterminé à tenir sa famille à l’écart des ennuis, le chef de famille décida alors d’être très proche de son enfant.

Et c’est à travers le basket que le papa décida d’apprendre la vie au petit Russell. Toutes les gammes sont alors passées en revue, et c’est aussi grâce à ce travail dès le plus jeune âge que Westbrook est aujourd’hui considéré comme le joueur le plus athlétique de la NBA. Mais cela n’a pas toujours été le cas.  Élève studieux et sérieux, assidu à l’école et fan de mathématiques, qualités transmises par ses parents, Westbrook intègre Lenzinger, lycée de Los Angeles. Mais ce fut les débuts des difficultés sportives. Plus petit joueur de son équipe, il fut souvent moqué pour sa taille et son incapacité à dunker avant  sa dernière année. Très peu intéressé par le basket professionnel (“je ne jouais que pour passer le temps”), il manque alors de technique et il est difficile à l’époque de lui attribuer un véritable poste, et donc un véritable rôle. Néanmoins, certaines de ses qualités étaient déjà visibles, notamment sa vitesse irrésistible et son endurance remarquable. Et puis, sa première saison à Leuzinger est plutôt correcte, avec 12pts, 4.7rbds et 2.3stls. Mais la taille est un véritable frein pour beaucoup de scoot NBA, qui même si les qualités étaient indéniables, ne font pas, à cette époque, une fixette sur le garçon.

Un coup de pouce du destin

Et puis, d’un coup d’un seul, un “miracle” arriva. Il grandit brusquement et explose tout sur son passage lors de son année seniors au lycée : 25.1pts, 8.7rbds, 2.3asts, 3.1stls. Il réalise 14 double doubles et score beaucoup, notamment le 6 janvier 2006 contre Carson, où il colle 51 pions ! Pas forcément suivi par tous, il décroche tout de même une bourse grâce à ses performances afin d’entrer à l’université de UCLA, célèbre université sportive de Los Angeles. Mais aussi grâce au départ innatendu de Jordan Farmar en NBA. UCLA, où il s’était promis de se retrouver avec Khelcey Barrs III. Toujours pas forcément féru de basket, Russell est même tout proche d’intégrer l’université de Sanford, non pas pour le basket, mais bien pour l’école en elle-même, lui qui était “6ème ou 7ème meilleur élève de sa classe” d’après ses dires. Ses parents, toujours aussi proches, avait peur que, sans diplôme, son avenir se bouche.

Finalement, il décide malgré tout d’intégrer UCLA, ses qualités de basketteur prenant le dessus. Mais malheureusement, The Brodie n’est qu’un remplaçant À UCLA, spécialiste du travail défensif. 9min et 3pts de moyenne la première année. Pas simple. Sa deuxième année sera meilleure, et cela lui permettra d’être drafté, par les Seattle de Supersonics. Mais que ce fut compliqué, pour un joueur qui a toujours dû en faire plus que les autres.

Une revanche sur la vie

Car si Westbrook donne l’impression d’être perfectionniste, de sembler en vouloir à quelqu’un ou quelque chose, d’avoir la rage à chaque instant, c’est qu’il n’a pas eu une vie facile. Très décrié pour sa taille, souvent laissé de coté malgré des qualités athlétiques exceptionnelles, il s’est souvent renfermé dans son cocon familial, très proche. Même à son arrivée à Seattle, les choses ne furent pas faciles, et encore une fois, le bonhomme dû prouver au coté de Kévin Durant, LA star de l’équipe, l’élégant, le beau, le bon.

Mais si RussWest semble aussi déterminé, c’est parce qu’il est en “mission”: remontons le temps. 11 mai 2004. Westbrook, alors âgé de 15 ans, commence à se développer en tant “qu’homme” mais également en tant que basketteur et intègre le lycée de Lenzinger de Lawndale à Los Angeles. Il s’y retrouve avec son voisin à Hawthrone, son grand ami de toujours Khelcey Barrs III, basketteur très prometteur, d’un an son aîné. Alors présent au gymnase de Los Angeles SouthWest College, Westbrook, Barrs et leurs amis participent à des pick-up games contre d’autres joueurs afin de parfaire leur technique. Mais malheureusement, arriva un drame. Barrs s’écroula tout à coup. Il reprit ses esprits mais refera une deuxième attaque cardiaque, quelques instants plus tard, dans les vestiaires. Il succombera à l’hôpital.

Terriblement affecté par cette tragédie, Westbrook semble depuis ce jour-là hanté par un sentiment de revanche. Il ne joue plus que pour lui, mais aussi pour Khelcey. Ils rêvaient souvent, tous les deux, de NBA. Et Russell s’est promis de le faire, pour son meilleur ami. Il joue aujourd’hui systématiquement avec un bracelet sur lequel est inscrit “KB3” en hommage à son pote. Deux ans durant, après la terrible nouvelle, le marsupilami s’est rendu au chevet de la grand-mère de son ami décédé, ce dernier l’aidant pour ses tâches quotidiennes. Un moyen pour Westbrook de rendre hommage à un homme qui comptera pour toujours dans son cœur.

Les problèmes au cœur de sa ville, un drame à l’adolescence, un manque de considération, Westbrook n’a pas eu une jeunesse des plus faciles. Mais à force de persévérance, de travail et d’acharnement, RussWest est devenu le joueur dominant qu’il est aujourd’hui en NBA. Et bien qu’adoubé ou détesté, personne ne pourra lui enlever cette formidable force mentale qui l’habite.

 



A propos de l'auteur

Supporter inconditionnel de l'Olympique de Marseille mais aussi du football en général. Fan des Houston Rockets mais surtout de The Beard.

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