Champions League

Manchester United PSG : la fausse bonne nouvelle

Ce soir c’eeeessssst match ! A l’affiche de ces matchs allers de huitièmes de finale de C1, Manchester United PSG. Décryptage.

On se demande encore de quelle drôle d’idée avait été saisis les suiveurs du football pour penser que tirer Manchester United était plutôt une bonne nouvelle pour le Paris Saint-Germain. Alors, c’est vrai, il est facile aujourd’hui de regarder l’histoire du haut de son Aventin un peu plus haut de plusieurs semaines, et de porter un regard définitif sur des réactions somme toute assez logiques à l’époque.



Un coup de Mou

Car, il faut bien le dire, le Manchester United d’alors, celui de José Mourinho, bientôt remplacé, tambours sonnants et monnaie trébuchante, par un ancien de la maison mancunienne, Ole Gunnar Solskjaer, n’avait pas grand-chose à voir avec celui qui semble renaitre ces dernières semaines. Largué en championnat, lâché par son vestiaire, le Mou se tachait tant et si mal que, celui qui incarnait l’image du coach moderne, prenait un sacré coup de vieux. Lui qui pouvait être vu comme la face opposée de la pièce des coachs 2.0, souffrait de la comparaison avec son côté pile et meilleur ennemi en pleine bourre dans le club, qui plus est, rival de Manchester City : Pep Guardiola. Pis, il s’en trouvait dans la jeune classe pour contester sa toute-puissance, qui Sarri, Klopp, Pochetino, Tuchel…

Le jeu de United en était réduit, quand les mains probes et candides de Laura Georges et Luis Garcia choisissaient de réunir les boules du hasard et du destin de Paris et Machester, aux coups de génie hiératiques tantôt de Paul Pogba, tantôt de Jesse Lingard, plus rarement de Toto Martial – plus occupé, peut-être, à tenter des coups sur Snapchat. Surtout, c’était la solidité défensive des Red Devils qui inquiétait, un vrai camouflet pour Mourinho. Le manque d’intensité et d’envie étaient alors criants. Zé ne comprenait pas son vestiaire qui lui rendait bien, le fossé se creusait de plus en plus. L’histoire ne pouvait se finir que tristement.


Padawan Solskjaer

Depuis, il faut bien reconnaitre que l’ex-joker norvégien de Sir Alex Ferguson, et buteur en finale de Ligue des Champions 1999, est en passe de réussir un pari sur lequel il se trouvait peu de bookmakers pour miser. Il faut dire, aussi, que la nomination de l’ancien avant-centre avait de quoi surprendre, tant les noms d’autres impétrants finalement éconduits étaient autrement plus estimés. Zidane par ci, Lolo White par là ; tous Antonio, tous Conte. Les dirigeants américains de Manchester United ont semblé privilégier une solution transitoire, comprenant que des noms aussi rutilants ne souhaiteraient que moyennement mettre les mains dans un bourbier aussi insondable, qui plus est au beau milieu d’une saison déjà à moitié gâchée. Et puis Solskjaer recevrait forcément la bénédiction de fans immarcescibles, nostalgiques.

Avec des idées de football assez simples, proches de celles développées par son mentor écossais, le nouveau coach de Manchester United a redonné un élan vital à son équipe qui lui réussit : le bougre est toujours invaincu et compte quelques victoires de prestige contre Tottenham ou Arsenal notamment.

Pied en mousse

Et c’est une toute autre limonade qui se prépare à être servie aux Parisiens. Bien plus amère que prévue, et surtout plus difficile à avaler tant la malchance semble vouloir continuer de poursuivre le club de la capitale. Quand, les années précédentes, on pouvait mettre, à tort ou à raison, sur le compte du manque d’expérience et d’une « institution » forte les désillusions européennes du PSG, c’est bien la guigne qui se confirme un peu plus. Car, à moins d’avancée spectaculaire de la science de la médecine dans le genre Pasteur ou pénicilline, on voit mal comment reprocher la friabilité du métatarse de Neymar à celle de l’institution parisienne. A moins d’un concours de circonstance autrement plus incroyable, on imagine mal ce qu’aurait à voir le manque d’expérience du PSG en C1 et la blessure de Cavani.

Y aurait-il une offrande de laquelle le club de Nasser ne serait pas acquitté aux dieux du football ? Est-ce la vie chaotique que le club parisien a choisi, pas une autre ?

Il n’en demeure pas moins que les formes de Manchester United et du PSG semblent se croiser dans un étrange ballet post-moderne, jambes contre jambes, comme en ciseaux.  

Crédit photo : Reuters



Écrire un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières publications

Remonter au début
Vous n'avez pas la permission de vous inscrire