Basketball

Mike James, l’heure a sonné

Après sa très belle campagne d'Euroleague version 2021-2022, l'AS Monaco Basket revient avec de grandes ambitions. Fort d'un recrutement XXL, la Roca Team s'est donnée les moyens de parvenir à ses fins, avec en point d'orgue, un objectif : le final four de la plus prestigieuse des coupes d'Europe. Pour cela, il a aussi été nécessaire de prolonger l'un des meilleurs joueurs de l'effectif, élu la saison dernière dans le 5 majeur de la compétition, à savoir Mike James. Référence en Europe où il fait partie de la crème des crèmes, le natif de Portland doit désormais résoudre une anomalie: malgré son talent hors du commun, jamais, il n'a été capable de porter une équipe au sommet de l'Europe. Alors, est-ce pour cette année? 

Il a rechaussé ses chaussures et a donc finalement décidé de rester sur le Rocher. Il aurait pourtant pu retourner aux Etats-Unis où bon nombre de franchises l'auraient volontiers accueilli en tant que meneur/arrière back-up.  Mais il se “sent comme à la maison” en principauté. Mike James sera donc toujours Monégasque et, en bon compétiteur qu'il est, voudra à n'en pas douter faire encore mieux que la saison précédente. Malgré des hauts et des bas, des prises de becs et des soucis extra-sportifs comme c'est toujours le cas avec cette boule de nerfs, Monaco peut voir l'avenir sereinement, main dans la main, bien accompagné par Mike James.

Un été finalement serein

Il n'était pourtant pas écrit que l'ancien des Nets resterait du côté de la principauté. Bien qu'il ait signé l'été précédent, un contrat sur plusieurs saisons, tout le monde connaît sa bougeotte et ses envies régulières de changer d'air. Approché par le Maccabi Tel-Aviv qui vient de se séparer de Wilberkin, et alors qu'un retour en NBA était envisagé, il a finalement décidé de prolonger l'aventure Monégasque.. et pas à n'importe quel prix! Avec un salaire annuel estimé à pratiquement 2.5 millions d'euros, il sera le joueur le mieux payé du championnat de France, et l'un des mieux payés d'Europe. A ce prix-là, pas grand monde n'aurait pu s'aligner, encore plus lorsqu'il s'agit de Mike James. Finalement, la question de la prolongation n'a que très peu trotté dans les têtes du board de la Roca Team et l'ASM a pu se pencher sur d'autres cas plus épineux, le tout en travaillant dans une relative sérénité.

De l'ambition pour une nouvelle saison 

De retour dans le sud de la France, Mike James n'a pas tardé à démontrer toute sa motivation pour la saison à venir : “On veut s'améliorer par rapport à la saison dernière. Quand tu participes à l'Euroligue, c'est pour parvenir au Final Four et jouer pour le titre. Mais aller au Final Four n'est pas un trophée! Même si ce serait quelque chose de positif. On a ajouté plus d'expérience que la saison passée, estime Mike James. Avant il y avait beaucoup de joueurs qui découvraient l'Euroligue et même qui découvraient l'Europe.” Il est vrai que si Monaco a perdu des joueurs comme Bacon, Westermann ou Will Thomas, les arrivées d'Adrien Moerman, capitaine désigné, Elie Okobo ou Jordan Loyd ont incontestablement renforcé l'effectif. Monaco s'avance ambitieux, et avec l'un des tous meilleurs joueurs de la compétition dans ses rangs, la tâche s'annonce moins ardue.

Direction le titre de MVP de la saison ? 

Aux côtés de Shane Larkin, Nikola Mirotic, Sacha Vezenkov et Walter Taveres, Mike James a donc été élu dans le 5 majeur de la saison dernière. Il est le seul joueur à ne pas avoir pris part au final four, preuve qu'il a marqué les esprits tout au long de la saison dans une équipe qui n'était pas prédestinée à jouer les premiers rôles à court terme. Il a même été élu par ses pairs, meilleur joueur de la saison. Le trophée officiel étant revenu à Nikola Mirotic, nul doute que l'ancien du CSKA Moscou voudra prendre sa revanche cette saison. Car forcément, en ayant terminé qu'à la 7ème place (alors que le Barça a terminé en tête), difficile de prétendre à un trophée personnel. Mais Monaco semble plus fort à l'heure actuelle et bien que quelques formations se soient renforcées (Fenerbahce par exemple), viser plus haut que cet avant-dernier accessit qualificatif pour les playoffs semble jouable. S'il est régulier, il sera sans doute dans la discussion. L'effectif de l'ASM est tel qu'il risque d'être ménagé le plus possible en championnat pour se préserver pour l'Euroleague. Il devrait donc être en forme pour éclabousser de son talent la scène continentale.

Et puis, s'il a prolongé, c'est aussi parce que Mike James se sent bien à Monaco. Il est chez lui, dans une équipe qui joue pour lui, dans un cadre qu'il affectionne : “C’est beaucoup plus petit mais il fait très beau, il y a de bons endroits pour manger, a-t-il déclaré. Cela me permet de trouver un bon équilibre et je pense que c’est vraiment relaxant. Je m’y plais et j’aime vivre ici.” La relation qu'il a avec son coach, Sasa Obradovic, est également un point primordial à la réussite du numéro 55. C'est ce qu'il confiait, au début de l'été. ” Honnêtement, je ne l’ai jamais vu jouer (son coach), ce qui est dommage car j’ai vu jouer pratiquement tout le monde. Je dois le regarder jouer mais oui, j’ai entendu dire qu’il était bon. On entend des choses sur les gens et ils disent à quel point il était bon et compétitif. Je pense donc que nous parlons à peu près le même langage en ce qui concerne le basket. Nous sommes tous les deux ultra compétitifs, nous voulons gagner et nous sommes comme ça.” Ça n'a sans doute pas beaucoup été le cas dans sa carrière, mais Mike James dispose de tous les éléments nécessaires à sa réussite, à plus ou moins long terme.

Mike James est peut-être à l'apogée de sa carrière. Fabuleux la saison dernière avec l'AS Monaco Basket, il a peut-être enfin trouvé la stabilité qu'il fallait à sa carrière. Et alors que la Roca Team entame ce soir sa nouvelle campagne d'Euroleague à Bologne, le meneur se sait attendu. Il est la figure de proue du projet princier, à lui de démontrer qu'il a les épaules assez larges pour guider les siens vers les sommets. 

Crédit photo : lequotidiendusport


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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