NBA : Capela, le 3ème larron

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Ligue 1

Assez discret hier soir lors de la douzième victoires consécutives des Rockets hier soit à Denver (ce qui les conforte en tête de la conférence Ouest), Clint Capela ne cesse de surprendre au sein d’une équipe portée vers l’offensif. Indispensable à la bonne santé de sa franchise, le Suisse forme avec James Harden et Chris Paul le “Big Three” de Houston. Quand les 3 sont présents sur le parquet, les Texans sont pratiquement imbattables. Et l’ancien Chalonnais est de plus en plus important, dans le jeu comme dans les stats. Décryptage.

Un Suisse sorti de nul part

Qui l’eut cru ? Clint Capela, gamin imposant mais maladroit au centre de formation de l’Elan Chalon, joueur majeur de la meilleure équipe de NBA. Passé professionnel en 2012, Capela suscitait beaucoup d’espoir lors de son passage chez les jeunes du club Bourguignon, entre 2009 et 2012. A tel point qu’il fut intégré à l’effectif professionnel à 18 ans, et découvrira l’Europe et l’Euroleague, puisque l’Elan, champion de France en titre, dispute la compétition lors de cette saison 2012-2013. Son temps de jeu cette saison est famélique, tout comme ça moyenne de points (2.9). Logique, il n’est qu’au début de sa carrière. La saison suivante sera celle de l’explosion. Peu utilisé par Mickaël Hay, nouveau coach de Chalon, la saison du Suisse prend rapidement une autre tournure avec l’arrivée de Jean-Denys Choulet, pour qui le talent de Capela explose rapidement aux yeux. JDC veut faire de Clint un poste 4 et le pousse à travailler son shoot extérieur, tout en continuant à bosser sur son jeu dos au panier. Après des débuts encourageants, il va littéralement exploser lors de la deuxième partie de cette saison 2013-2014.

L’explosion

Le mois de Février sera SON mois, en Pro A. Auteur d’un match monumental à Roanne (21pts, 9rbds, 7asts, 6 contres) il terminera avec une évaluation de 41, battant ainsi le record de son club formateur (record battu depuis par John Roberson et Mathias Lessort). Il planera sur la Pro A ce mois-ci (MVP de Février avec 13,7pts et 11rbds de moyenne) et permettra à l’Elan d’effectuer un bon au classement, et de terminer tout juste 8ème et dernier qualifié pour les play-offs, au prix de quelques cartons réalisés (104 et 103 points passés à Antibes, 104 points inscrits à Cholet et 106 à Orléans). On se dit alors que Chalon, avec sa nouvelles coqueluche et quelques jolis tête d’affiches (Slaughter, Evtimov) va pouvoir créer la sensation, fort d’une attaque de feu. Malheureusement, les Bourguignon s’inclineront 2 victoires à une contre les futurs finalistes, la SIG. Mais Capela a encore été impressionnant, et termine cette année avec une moyenne de 9.9pts à 66%, 7.3rbds, 1.7 contre et 16 d’évaluation, meilleur jeune de Pro A, meilleur progression, meilleur dunkeur, 3ème meilleure évaluation sur une journée, et MVP du mois de Février. Ce qui n’a évidemment pas échappé au scoot NBA, venu en masse au Colisée, tout au long de la saison. Dominique Juillot, le président Chalonnais, le sait : sa pépite vient sans aucun doute de disputer son dernier match sur le sol Français ce 14 mai 2014.

La découverte de la NBA

Pressenti pour être sélectionné en fin de premier tour, Capela est choisit par les Houston Rockets. Choix logique puisque c’était cette franchise qui s’était montrée la plus intéressée. Le Suisse atterri donc au Texas, dans une équipe qui comporte malheureusement déjà un poste 5 d’envergure. En effet, Dwight Howard a  poser ses valises un an plus tôt en provenance de Los Angeles et tourne tout de même à 18.1pts et 12.2 rbds par match. Difficile à déloger.  Houston hésite à le laisser une année de plus en Europe, afin qu’il s’aguerrisse. Finalement, il sera envoyé en D League au sein des Vipers de Rio Grande Valley, équipe affiliée aux Rockets. Il disputera tout de même cette année là 12 matchs NBA, principalement en fin de saison où il fera bonne figure. Il sera récompensé par une présence significative en play-offs, en tant que 3ème larron derrière Howard et Tyler. Il disputera les 17 matchs post-saison, jouant 7.5min et marquant 3.5pts par match. La saison suivante, le natif de Genève la disputera intégralement en NBA, avec des Rockets revanchards et désireux, cette année d’atteindre les play-offs, après une finale de conférence perdue face aux Warrirors.  McHale est remplacé par Mike D’Antoni, qui fera totalement confiance à Capela, et l’aidera énormément à progresser. Et c’est encore le cas aujourd’hui. Porté sur un jeu très offensif, et avec un James Harden toujours meilleur, les espoirs sont énormes du coté de Houston. La saison ne sera malheureusement pas à la hauteur des attentes, les Rockets terminant 8ème et se faisant éliminer dès le premier tour post-saison. Capela en profitera tout de même pour jouer de plus en plus (35 fois titulaire tantôt poste 4 tantôt poste 5, et 19min de temps de jeu en moyenne) cumulant 7pts et 6.4 rbds par match.

L’indispensable

Belle progression donc. Et “belle” surprise à l’intersaison. Après cette saison décevante les Texans décide de se séparer de Dwight Howard, envoyé à Atlanta.  La saison commence donc fort pour Capela, titulaire à l’aube de cet exercice 2016-2017. 59 fois dans le 5 de départ sur les 65 matchs qu’il dispute, il en profite donc pour véritablement exploser outre atlantique: 12,6pts, 8.1rbs, 1.2 contre et 64.3% de réussite en 23min en moyenne. Son temps de jeu n’a pas beaucoup augmenté, mais ses stats elles ont explosé. Malheureusement, la réussite collective n’est toujours pas au rendez-vous. Les Rockets sont éliminés dès le deuxième tour des play-offs par les Spurs. Nouvel échec. L’inter-saison a permit à Houston de se renforcer, puisque Chris Paul est arrivé des Clippers cet été, avec Luc MBah a Moute dans ses bagages. Equipe renforcée et surtout partenaire idéal pour le géant Suisse. Déjà adepte du pick and roll avec James Harden, Capela trouve en CP3 un nouveau copain pour s’amuser parfaitement dans la raquette, à coup de dunks et alley-oop. L’entente entre les 3 hommes est merveilleuse, au point que lorsque les 3 sont réunis, Houston ne perd quasiment pas ( première défaite le 27 janvier contre les Warriors). Les pensionnaires du Toyota Center caracolent du coup en tête de la conférence Ouest, avec un James Harden au sommet de son art, un Chris Paul admirable dans son rôle de lieutenant, et un Clint Capela jouant parfaitement les matraqueurs de cercle. 14.5pts ( à 65.7%) 11rbds et 1.8 contre par match, le pivot des Rockets n’a jamais été aussi bon. Il enchaîne les double doubles comme des perles, et vient malheureusement d’arrêter une très belle série cette nuit. Il venait d’enchaîner 5 double doubles à 18.2 pts et 14 rbds de moyenne, avec deux énormes performances contre Minnesota (25pts 11rbds 2asts) et contre Denver (23pts, 25rbds 2 contres). Très peu de monde l’attendait réellement à ce niveau. Certes, les mauvaises langues diront que la plupart de ses paniers sont des dunks, qu’il n’est pas aussi mobile que l’on pourrait l’espérer (et notamment son ancien coach Choulet), qu’il n’a pas de shoot mi-distance, mais tout de même, Capela force le respect aujourd’hui en NBA et fait partie des pivots les plus influents. Il est essentiel à sa franchise.

Et maintenant ?

International Suisse et titulaire au sein de la sélection quand il est libéré par sa franchise (8 sélections), Capela ne fait pas de sa carrière international une priorité, en atteste son nombre de captes. La sélection suisse est très faible, notamment quand Clint, et Thabo Sefolosha, l’autre star helvète évoluant en NBA, sont absents, ce qui ne l’incite pas à faire l’effort de se libérer pour la sélection. Sous contrat jusqu’à la fin de saison à Houston, Capela ne semble pas avoir l’envie (pour l’instant) d’aller voir ailleurs. Il est bien installé dans le Texas, au sein d’une franchise qui l’a drafté et sous les ordres d’un coach qui croit en lui et qui l’a fortement fait progresser. Il peut donc sereinement se concentrer sur les parquets.

Et sur les parquets, cette saison est très prometteuse : Houston est en tête de la conférence Ouest, bien installé au sommet avec les Warriors, et les chances d’atteindre la finale NBA sont belles et bien réelles, même s’il sera difficile d’aller chercher le champion en titre. Les Spurs sans Kawhi Leonard, les Wolves encore un peu tendre et le Thunder trop irrégulier semblent en dessous individuellement et collectivement que les Rockets. En revanche Golden State semble encore un cran supérieur, et à surtout l’expérience des matchs couperets. Mais avec un big Three en forme et un Capela maître dans la raquette, tous les espoirs sont possibles.

Valentin Martin

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