Basketball

NBA : Clint Capela, l’heure de l’envol?

Arrivé blessé en février dernier, puis contraint de mettre le basket entre parenthèses, Covid oblige, Clint Capela n'a toujours pas eu l'opportunité de revêtir, en match officiel, la tunique de sa nouvelle franchise, les Hawks d'Atlanta. Présent au sein d'une franchise devenue ambitieuse le temps de l'été, le pivot suisse, désormais rodé aux joutes NBA, aura de grandes responsabilités, ce qui n'était plus vraiment le cas à Houston. 

Le départ de Houston, un mal pour un bien ? 

4 février 2020. Les Rockets accueillent les Hornets lors d'un match de saison régulière. Rien de plus classique. Assis tout au bout du banc, Clint Capela a revêtu son plus beau costume. La rumeur d'un départ a pris de l'ampleur. Tout le monde s'y attend plus ou moins. Déjà en délicatesse avec son talon, Darryl Morey ne veut prendre aucun risque en vue d'un éventuel transfert. Et c'est finalement deux jours plus tard que l'ancien Chalonnais sera envoyé à Atlanta au cours d'un trade XXL où les Rockets récupèrent Covington, censé les aider dans leur jeu ultra small-ball. Pas étonnant, bien que depuis son arrivée lors de la draft 2014 (en 25e position), Capela ait toujours été un membre essentiel de l'effectif de Mike D'Antoni.

Tout d'abord cantonné à un rôle de remplaçant derrière le très imposant Dwight Howard, il gagne finalement ses galons de titulaire lors de la saison 2016-2017 où son impact sera majeur. Sujet à quelques petits pépins au cours de sa carrière, boudé au fil du temps par le jeu borné des Texans, Capela est finalement mis sur la touche. Cela signe la fin inéluctable d'un mariage qui aura tout de même intégré le Suisse au sein de la plus prestigieuse ligue de basket du monde, tout en lui permettant de disputer 61 matchs de play-offs (dont les 39 derniers dans la peau d'un titulaire) en atteignant 2 fois les finales de conférence, butant inexorablement sur les Warriors. Et finalement, comme aiment tant le répéter les acteurs de la NBA, business is business.

9 mois pour revenir au top 

Blessé au talon juste au moment de son arrivée, il n'aurait de toute façon sans doute pas eu l'occasion de revenir avant la fin de saison, bien que celle-ci ait été à son terme. En effet, ce type de blessure est extrêmement délicat et les basketteurs ont besoin d'avoir d'excellents appuis. La (grande) coupure lui a donc permis de prendre soin de lui, pour pouvoir être en forme au moment de la reprise, elle aussi décalée par rapport à l'accoutumée.

crédit photo : insidebasket

 

Son retour à l'entraînement collectif il y a plusieurs semaines déjà, lui a redonné des sensations, car une coupure comme celle-ci reste malgré tout extrêmement rare, pour ne pas dire inédite. Bien qu'il devrait être ménagé lors de la pré-saison, Capela devrait arriver en manque évident de rythme. Mais le principal intéressé est plus déterminé que jamais, lui qui estimait que Houston était en fin de cycle. Surtout, il a travaillé sur lui-même, afin de ne pas trop en baver pour son retour. « Je me suis beaucoup entraîné parce que je prends rapidement du poids » expliquait-il. « J’avais l’habitude de trop manger. J’essaie de faire attention à ça, surtout quand il n’y a pas de basket pendant neuf mois. Il faut rester en forme, bien dormir, bien manger. Je travaille là-dessus. J’ai un chef à la maison qui surveille tout ça. » Pour être un grand joueur, rien ne doit être laissé au hasard.

 

Des attentes légitimes

Evidemment, ce n'est pas faire injure à “Swiss Bank” que de prétendre qu'il ne fait pas partie de la trempe des LeBron James, Steph Curry ou autre Kévin Durant. Mais le roi du pick&roll est attendu au tournant à Atlanta, qui vise clairement les play-offs dès cette année. Et il faudra pour lui être capable d'élever encore un peu plus son niveau de jeu. En constant progrès au niveau du rebond (13.8 prises par match l'année passée, deuxième meilleur total), il s'est affirmé comme l'un des protecteurs de cercle les plus efficaces de la ligue (près de 2 contres par match !). Cela tombe bien, les Hawks, piètre équipe défensive affichaient le pire ratio de points encaissés par match et le 29e Defensive rating en 2019-2020. Une présence dans la raquette était devenue nécessaire.

En léger retrait au niveau du scoring (13.9 pts contre 16.6 la saison précédente) il reste très fiable proche de l'arceau avec plus de 60% de réussite. Et puis, comme tout bon joueur qui se respecte, il a été capable de grands coups d'éclat. 27 double-doubles la saison passée, dont 3 matchs à plus de 20 points – 20 rebonds (dont un contre Atlanta, tiens tiens), ou encore un 30pts – 14rbds- 3asts contre les Sixers. Il était à ce moment-là dans la discussion pour, potentiellement, disputer son premier All Star Game.. Mais finalement, les blessures et tout le reste en ont décidé autrement.

crédit photo : parlonsbasket

Finalement, les questions ne viennent peut-être pas de lui. À Houston, il y avait James Harden. Bien que gros manieur de ballon (ce n'est rien de le dire), il a, des années durant, mis sur orbite le natif de Genève, mettant en lumière ses qualités.  Là, la donne n'est plus la même. Quoiqu'avec un Trae Youg dans un registre similaire, Capela a de grandes chances de casser quelques paniers, si Ice Trae ne se montre pas trop gourmand. Mais il va falloir trouver des automatismes. La pré-saison est idéale pour cela. « Ça va nous aider. On est encore au camp d’entraînement mais on va utiliser ces matchs comme des entraînements pour retrouver la forme, et retrouver la condition de match. On n’y est peut-être pas encore tous, donc on va bien s’en servir pour développer notre cohésion et progresser collectivement. » 

Evidemment, il y aura un temps d'adaptation. On ne joue pas avec Capela comme on jouait avec Alex Len. Son jeu fait d'écrans va ravir Young, mais il va aussi permettre à Collins de s'écarter encore plus de la peinture, lui qui offre assez de garantie pour réaliser, seul, un chantier dans la raquette.

En plus de son basket, Capela va également apporter son expérience à un effectif qui, au final, ne regorge pas de vieux roublards. Si Rondo, fraîchement titré, sera le chef de meute, l'ancien Texans aura également son mot à dire, lui qui n'a jamais manqué une campagne de play-offs en 6 ans. Il sait ce qui lui reste à faire pour ne pas connaître une première saison vierge de post-season.

Arrivé il y a maintenant 9 mois en Géorgie, Clint Capela a eu tout le temps de s'acclimater à son nouvel environnement et de soigner ses pépins physiques. Place désormais au terrain où il sera attendu au tournant, tout comme sa franchise. 

Crédit photo : Clutchpoint


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