NBA Flashback : Et à peine éclose, la Rose se fana.

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Ligue 1

Chaque semaine le mercredi et ce pendant toute la saison régulière, vous aurez le droit à un pan de l’histoire de la NBA raconté par mes soins. Des records, des joueurs légendaires, des changements de règles, des performances, tout sera couvert, et ce des balbutiements de la ligue dans les années 50 aux dernières saisons. Le but de cette chronique est simple : vous permettre de (re)découvrir des facettes parfois oubliées de cette merveilleuse ligue qu’est la NBA. Alors, êtes-vous confortablement installés pour un brin de lecture ? Si oui, abordons tout de suite le sujet de cette semaine. 

Attention, histoire triste. Amis fans des Bulls, je sais que ce n’est pas la joie en ce moment, et j’espère que vous me pardonnerez d’accentuer cette peine. Mais j’avais envie d’évoquer dans cette édition du Flashback la carrière triste d’une légende des parquets, l’une de celles qui aura participé à la découverte de la NBA par de nombreux jeunes, malgré sa gloire éphémère. Il joue encore aujourd’hui, mais malgré un début de saison encourageant sur sa possible suite de carrière, il n’est à l’heure actuelle plus que l’ombre de lui-même. C’est bien simple, il était l’un des rares à pouvoir, dans ses plus belles années, tenir tête à LeBron James et consorts en terme de hype et de popularité. Too Big, Too Fast, Too Strong, Too Good, je vous parle bien évidemment du Windy City Assassin, Derrick Rose.

L’ascension d’un jeune prodige.

Derrick Martell Rose née le 4 octobre 1988 et est élevé dans un quartier difficile et dangereux de Chicago. Ses trois grands frères lui apprennent rapidement l’art de la balle orange, et son talent éclate vite aux yeux de tous. Après quelques piges aux Simeon Wolverines au lycée, il rejoint l’Université des Memphis Tigers, intéressé par son passif, ses capacités à envoyer ses jeunes en NBA et par la possibilité d’être encadré par Rod Strickland. Son impact est direct, les résultats suivent, les Tigers finissent la saison avec un bilan de 38 victoires pour 2 défaites, malgré une élimination durant le Final Four. Dès le 15 avril et la fin de la saison universitaire, Derrick se déclare pour la Draft 2008.

Avec près de 20 points par match en NCAA, auxquels s’ajoutent 6 rebonds et autant d’assists. Agé de 19 ans, D-Rose est déjà un des top prospects de cette draft, en concurrence avec Michael Beasley (lol, pardon). Les Bulls, possédant le 1er choix, hésitent entre les deux talent, et poseront une simple question pour les départager : “Qu’est-ce qui vous a le plus déplu dans votre carrière universitaire ?”  Beasley répondra en se plaignant des choix des arbitres à extérieur, et Derrick répondra simplement “Perdre.” Les Bulls ont fait leur choix, ils drafteront en 1ère position le talent natif de l’Illinois. 

 

26 juin 2008, Derrick Rose salue David Stern après avoir été drafté par les Chicago Bulls.  Source : Photo by David Dow/NBAE via Getty Images

 

Bonne idée de la part de la franchise à Jojo ? Sur le court terme en tout cas, sans aucun débat possible. Dès sa saison rookie, Derrick ramène le spectacle à Chicago. 17 points, 6 assists et 4 rebonds par match, le titre de Rookie of the Year est déjà attribué. Il en profite aussi pour gagner le Skill Challenge durant le All-Star Weekend, et sa hype augmente à mesure qu’il martyrise les arceaux des défenses adverses. Son style de jeu fait exulter les foules, dans la lignée de cette nouvelle classe sur-athlétique de meneurs appelée dragsters. Rapide, possédant des changements de direction fulgurants et capables de monter plus haut que certains intérieurs, D-Rose est dès ses débuts indéfendable. Et c’est aussi ce style de jeu qui fera de lui l’un des joueurs les plus appréciés de la ligue à ce moment. Il confirmera d’ailleurs son potentiel en inscrivant, dès son premier match de Playoffs comme rookie, 36 points, 11 assists et 4 rebonds contre les Boston Celtics champions en titre.

Une superstar de… 21 ans ? 

Ouaip, Derrick Rose n’est pas de ces rookies énormes en 1ère saison incapables d’élever leur niveau de jeu sur le long terme (je vous laisse deviner de qui je parle.) D-Rose n’a pas le temps, D-Rose veut dominer et ramener la gloire à Chicago. Du coup ? Dès sa saison sophomore, Derrick sera All-Star. Pourtant, la saison ne commençait pas de la meilleure manière. Touché en pré-saison, Derrick parviendra tout de même à récolter les votes des fans lui permettant d’accéder au match des étoiles. Malgré quelques blessures, Rose reviendra à temps pour emmener les Bulls en Playoffs, le tout en élevant ses chiffres pour scorer près de 21 points de moyenne. Avec 41 victoires, les Bulls accèdent aux Playoffs mais se font éliminer en 5 matchs par les Cavaliers. Sur la série, Rose tournera en 27 points, 3 rebonds et 7 assists.

 

Ah bah ça, quand le meneur adverse peut sauter au dessus des défenses, y’a pas grand chose à faire.
Source : NBA.

 

Mais c’est la saison suivante, sa troisième, que Rose passera un cap. Les Bulls finiront avec le meilleur bilan de la ligue, avec 62 victoires et 20 défaites, derrière l’énorme saison de leur franchise player de 21 ans. Trop rapide, trop puissant, trop athlétique, Derrick Rose est un véritable casse-tête pour les défenses, incapables de l’arrêter en contre-attaque. Surtout que faire faute sur lui n’était pas une bonne idée, puisque Derrick est adroit aux lancers. Et puis il est tellement bon finisseur que même les intérieurs ne pouvaient vraiment le stopper. Au final ? 25 points, 7,7 assists et 4 rebonds pour 81 matchs joués. Et quand on est le meilleur joueur de l’équipe avec le meilleur bilan.. on est dans la course au MVP. Le 3 mai 2011, à seulement 22 ans, Derrick Rose est élu MVP de la saison régulière, et devient ainsi le plus jeune MVP de l’histoire.

Une chute trop précoce.

Mais si vous connaissez votre NBA, vous savez que l’histoire n’est pas toujours juste. Et si Derrick est une icône incontestée du paysage NBA moderne, ses exploits s’arrêteront peu après. Pourtant, sa saison 2011-2012 s’annonçait bien après sa signature d’expension avec les Bulls. Derrick sera même pour la deuxième fois All-Star, mais il ne jouera que 39 matchs durant la saison, trop fragilisé par des blessures. Les Bulls finissent quand même en 1ère position de la saison régulière à l’Est, et s’apprêtent à affronter les Philadelphia Sixers, 8ème de la conférence. La série doit être expédiée par les Bulls, grandissimes favoris emmenés par leur jeune star. Mais le basket est parfois trop cruel. A quelques instants de la fin du premier match, les Bulls dominent de 12 points. Derrick part en contre-attaque à sa vitesse habituelle, fait un mauvais pas, et s’écroule. Pas de blessure apparente, mais Rose se tient le genou grimaçant et incapable de se relever. L’IRM sera intraitable : rupture du ligament croisé intérieur.

 

Cruauté, destin, malchance, maladresse ? Qu’importe. La jeune carrière de D-Rose vient de prendre un malheureux tournant.
Source : Photo by Gary Dineen/NBAE via Getty Images

 

Vous connaissez l’expression “Le début de la fin” ? Elle ne s’applique malheureusement que trop bien ici. La saison 2012-2013 se déroulera sans Derrick, trop occupé à faire sa rééducation. En 2013-2014, Derrick fait son grand retour. Mais dès son 10ème match, il se blesse au ménisque, l’obligeant à déclarer forfait pour le reste de la saison. 10 matchs en 2 saisons, on commence à avoir peur chez les Bulls, mais aussi dans toute la ligue. Alors qu’il revient pour le début de la saison 2014-2015 et repart sur ses standards de 23 points et 6 assists, les Bulls annoncent en février 2015 que le joueur doit à nouveau être opéré du genou droit.

En 2015-2016, Derrick joue une grosse soixantaine de matchs pour près de 16 points par match. S’il est de retour sur les parquets, il a évidemment perdu des qualités athlétiques qui lui permettaient de sur-dominer, et dès la saison finie, les Bulls décident de le transférer avec Noah aux Knicks. L’idylle entre Rose et les Bulls est finie, ses blessures ont ruiné ses dernières années sous les couleurs rouges. Petit à petit, Derrick enchainera les petites blessures, l’empêchant de jouer une seule saison pleine depuis sa saison de MVP.

 

Transféré aux Knicks à l’été 2016, puis envoyé aux Cavaliers, puis signé pour des cacahuètes aux Timberwolves, voilà un parcours qui ne sied pas à un ancien MVP. Derrick avait la possibilité de s’inscrire dans la liste des plus grands joueurs de tous les temps, mais son corps fragile l’en empêchera. Aujourd’hui, Derrick a encore quelques instants fulgurants qui nous rappellent ses plus beaux highlights de MVP, mais il n’est plus capable de scorer ni porter une équipe comme dans sa jeunesse. Seulement âgé de 30 ans, Derrick est condamné à servir de mentor et de figure légendaire. Ne pleurez pas, remémorez-vous cette saison incroyable qui aura vu un jeune homme de 22 ans accéder au toit du monde. La carrière est triste, mais l’homme nous aura fait rêver. Souhaitons-lui une santé suffisante pour lui permettre de continuer à jouer, parce que s’il n’est plus aussi impressionant qu’avant, Derrick Rose reste l’une des légendes du jeu, respectée de tous. En espérant que ce Flashback vous aura plu, je vous donne rendez-vous mercredi prochain. Merci infiniment pour ce que tu nous auras apporté Derrick, et bon vent.

 

 

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