Olympique de Marseille – Le bilan : que faire pour redresser le projet ?

Après avoir utilisé une communication un peu trop ambitieuse au sujet du fameux “Champion’s Project”, les dirigeants de l’OM aperçoivent le retour de bâton. L’exercice 2018-2019 de la Ligue 1 Conforama a livré son verdict : Marseille termine à la 5ème place du championnat, une saison décevante qui s’achève avec une non-qualification à une compétition européenne. Des cadres qui semblent avoir lâché le coach, un recrutement douteux, des salaires mirobolants laissés sur le banc, une absence en coupe d’Europe, un organigramme incohérent, des supporters délaissés … Tous les voyants sont au rouge pour la saison prochaine, et sur le papier le futur de l’OM s’annonce compliqué. Quels sont les changements à opérer pour relancer la machine ?

Un premier bilan sur le plan sportif

Comme on peut le constater, sur le plan sportif, le projet de l’Olympique de Marseille commence déjà à s’essouffler. En effet, les joueurs de Rudi Garcia terminent cet exercice 2018-2019 à la 5ème place derrière des équipes avec un budget inférieur à l’instar de Saint-Étienne. Un échec cuisant pour tout le monde, et notamment pour le président Eyraud qui avait annoncé vouloir faire mieux que la 4ème place de l’an dernier avec 19 points d’avance sur Rennes, le 5ème. Aujourd’hui, à la même époque, l’OM a 16 points de moins que la saison précédente. Cette saison encore, le complexe d’infériorité de l’OM par rapport aux gros du championnats s’est encore vérifié. Marseille a perdu ses 2 matchs face au PSG, au LOSC et à l’OL. Ce qui fait un total de 0 sur 18 points potentiels, il est donc impossible pour l’OM de terminer sur le podium avec un tel rendement contre les cadors. Les marseillais ont aussi fauté défensivement, le club n’avait plus encaissé 40 buts après 30 journées de championnat depuis la saison 1984-1985.En cette fin de saison, le nombre de buts encaissés s’élève à 52. Mais si l’équipe est aussi déséquilibrée, ce n’est pas l’entière faute des joueurs, le board marseillais a aussi sa part de responsabilité.

Le bilan des joueurs version conseil de classe

(ceux qui ont le plus joué cette année)

Mandanda : Sûrement l’année de trop pour une des icônes de l’OM.

Sakai : L’élève toujours rigoureux, intéressant dans tous les domaines.

Ćaleta-Car : L’étudiant étranger a eu du mal à s’intégrer avant de vite montrer ses points forts.

Kamara : Le plus grand potentiel de la classe, parfois mis en difficulté par les erreurs des autres.

Amavi : Inutile de continuer ici. Il doit s’orienter vers un établissement moins prestigieux.

Rami : Voyage Erasmus aux USA fortement conseillé.

Sarr : Affecté un peu dans toutes les classes, il n’aura pas montré grand chose.

Sanson : Polyvalent mais irrégulier. Doit partir pour renflouer les caisses du Lycée.

Lopez : L’un des plus jeunes de la classe aura encore prouvé les raisons de sa présence ici.

Strootman : Le chouchou du professeur n’a pas su le rendre pleinement satisfait.

Gustavo : Pas placé dans la bonne filière jusqu’en Avril, il a très bien répété ses gammes ensuite.

Payet : Sûrement le plus talentueux mais quasiment absent toute l’année.

Radonjic : Quelqu’un sur qui on a beaucoup misé, pour pas grand chose au final.

N’Jie : Pas très concerné par les différents évènements mais efficace quand il l’est.

Germain : Trop discret pour performer. Il semble ne pas avoir les épaules pour cette filière.

Ocampos : L’élève moteur commence à progresser dans beaucoup de domaines, prometteur.

Thauvin : Quelques absences en cours, mais un bulletin de notes très satisfaisant.

Balotelli : L’élève agité à surpris beaucoup de monde avant de se mettre au niveau de la classe.

Le conseil de classe des dirigeants

Rudi Garcia : C’est peut-être le plus fautif des 3 hommes forts de l’organigramme de l’OM. Sa gestion des joueurs est remise en cause. En effet, il a aligné 43 compositions différentes en 46 rencontres cette saison, un aveu de faiblesse et une difficulté à trouver le bon équilibre qui ont compté dans son éviction. Il a lancé les recrues dans les mauvaises dispositions, comme Ćaleta-Car à cours de forme face à Nîmes . Il a recruté Strootman, son ancien joueur à la Roma, pour qu’il passe la moitié de l’année sur le banc.

Au final, beaucoup de joueurs l’ont lâché , et même un homme aussi professionnel que Luiz Gustavo semble lassé. Il a récemment déclaré en conférence de presse qu’un départ vers la Chine ne le laisse pas insensible. En plaçant toujours la faute sur l’arbitrage ou sur certains faits de jeux, Garcia ne s’est jamais remis en question, cette attitude l’a rendu de plus en plus agaçant, que ce soit pour les supporters et même pour les journalistes. C’est donc sans surprise que le coach marseillais ne fera plus partie de l’aventure la saison prochaine.

Jacques-Henri Eyraud : Il faudrait un article entier pour lister toutes ses fautes, que ce soit en communication ou en décision(s). Premièrement, il aurait déclaré vouloir faire mieux que la saison dernière pour faire taire les médias qui remettaient en cause le Champion’s Project. Depuis qu’il est en place à l’OM, il agace par son étrange communication et ses idées fantasmagoriques, de la tisane jusqu’au but en dehors de la surface qui vaut 2 points en passant par une volonté absolue d’installer des LED’s au Vélodrome. Il ne faut pas essayer de révolutionner un sport lorsqu’on est dans le milieu depuis peu. Mais, la plus grande erreur est sans doute la prolongation de Garcia, fin octobre 2018, qu’il a effectué de A à Z, peut-être pour prouver qu’il savait prendre des décisions sans aucune aide. Bien mal lui en a pris, car l’OM s’est retrouvé bloqué avec un entraîneur et son staff dont les indemnités de licenciement s’élèvent à environ 15M. Seul point positif dans ses actions, c’est le projet OM Next Generation avec les clubs de la région. Mais, il faut voir dans le futur pour dire si ça va être fructueux ou non.

Concernant le public, il aura affecté, de façon irrévocable le stade Vélodrome et ses supporters. Entre les sanctions envers les ultras, la suspension des Yankees, la mise en place du CAOM en bas du virage nord avec un capo contesté, le prix croissant des abonnements, l’accord pour le nouveau tunnel et l’installation d’une billetterie prioritaire via le programme OM Nation, le président de l’OM a eu faux sur toute la ligne. Quand va-t-il comprendre que l’OM, club le plus populaire en France, ne se gère pas comme une vulgaire start-up ? Et plus important, il ne faut jamais oublier que les joueurs passent, les dirigeants passent, mais seuls les supporters restent. Il faut donc les respecter et les intégrer dans le projet.

Andoni Zubizarreta : Le discret directeur sportif de l’OM n’a jamais été mis dans les bonnes conditions pour prouver l’efficacité de son travail et la qualité de son réseau. Dans l’absolu il est censé prendre les décisions sur le mercato, mais dans les faits c’est Rudi Garcia qui gère les transferts. De nombreux joueurs proposés par Zubi’ ont été refusé par l’entrcomme Ceballos, Samassekou, Bacca ou encore Rongier. C’est sans doute celui qui connaît le mieux le football dans l’organigramme de l’OM, ce n’est pas pour rien si il occupait ce poste au FC Barcelone. Il faut donc lui laisser plus de place dans les décisions, et cela doit commencer par le choix de l’entraîneur. On dit souvent qu’il faut une alchimie entre toutes les parties pour que les résulats suivent, ce n’était pas le cas cette saison. Zubizarreta doit choisir ou du moins suggérer le futur entraîneur à la direction afin de travailler ensemble et efficacement.

Mais, comment reconstruire l’OM ?

Avec le départ de Rudi Garcia, c’est une page qui se tourne dans le projet de l’OM. La stratégie des dirigeants commence à s’essouffler et on arrive en fin de cycle. Ce n’est pas une fin en soi, il faut apprendre de ses erreurs et déterminer les contours du nouveau cycle. Premièrement, il faut redéfinir les rôles de chacun. En effet, Zubizarreta doit récupérer les clés du sportif afin de travailler efficacement avec l’entraîneur. Ce dernier ne doit pas s’occuper entièrement du mercato, le métier de coach est déjà très prenant. La stratégie de prendre des joueurs confirmés s’est avéré mauvaise, l’OM se retrouve avec des gros salaires qui ne jouent que très peu, voir pas du tout comme Abdennour et ses 250.000 par mois. Le club doit donc se débarrasser des gros salaires inutiles mais aussi des indésirables. Il faut qu’un vent de fraîcheur souffle sur la Cannebière, l’OM doit faire confiance à ses jeunes joueurs, ce qui semble être le cas avec la signature en professionnel de Phliponneau (milieu défensif), qui pourrait être suivi par Amadou Dia (gardien de but).

Le président doit s’occuper du développement extra-sportif du club. Il ne faut pas lui enlever ses qualités, mais ces dernières sont parfois incompatibles avec l’essence même du football. Donc, concernant le sportif, c’est Zubizarreta qui doit être le patron. Ce serait bénéfique pour le club si il activait son réseau pour faire venir des jeunes espagnols. C’est sur des jeunes joueurs que le nouveau cycle de l’OM doit se construire.

L’arrivée toute fraîche du coach Villas-Boas va redonner un élan au projet de l’OM. Mais il y a qu’une seule vérité, celle du terrain. Alors, wait and see.

A propos de l'auteur

Giani Moreno, 18 ans, étudiant en communication & médias. Passionné de sport, surtout de football et de la ravissante Ligue 1 Conforama. "Rien de grand ne se fait dans un monde sans passion"

Commentaires

  • Avatar
    Jerome
    28 mai 2019

    Très bonne analyse de cette saison à oublier rapidement.

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