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Paris Grand-Slam 2020 : le résumé du premier jour

La première journée du Paris Grand Slam 2020 s’achève en ce samedi soir, et déjà il y a matière à être satisfait. En effet, la France compte une demi-finaliste dans chacune des catégories présente aujourd’hui, et parmi elles de jeunes judokates prometteuses.

Chez les garçons, le bilan est bien plus mitigé puisque malgré le très bon parcours de certains judokas, aucun ne parvient à rentrer dans les points.

Retour sur les sept catégories représentées.

-48kg :

Marine Gilly, après avoir gagné son premier combat contre l’algérienne Mecerem, trouva sur sa route la championne du Monde en titre Daria Bilodid. Combat compliqué pour la française qui subit malheureusement l’allonge de l’ukrainienne et la bataille sur la prise de garde, avant de se faire piéger au sol par le contrôle en triangle de la longiligne championne, qui finira en or à la fin de la journée.

Comme on pouvait l’attendre et l’espérer, Mélanie Clément réussit à imposer son judo tout au long de la journée et à accéder à la demi-finale tantôt en faisant monter les pénalités chez l’adversaire, poussant à la disqualification, tantôt en réussissant à faire tomber. Malheureusement, elle commet une erreur pendant sa demi-finale face à la japonaise championne du Monde juniors en restant passive sur l’attaque, subissant immédiatement la sanction en se faisant immobilier au sol.

Dans son combat pour le bronze, elle parvient à se ressaisir contre l’espagnole Martinez et à gagner sa place sur le podium dans un combat qu’elle n’aura pas laisser trainer.

Moins attendue que son ainée, Shirine Boukli réalise néanmoins une très bonne journée. Très portée sur l’attaque, elle gagne son premier combat en faisant enchainer les pénalités à son adversaire. Sur le combat suivant, elle affronte la kazakh Galbadrakh au 3ème tour, 3ème des derniers jeux, à qui elle inflige un contre efficace en 1 minute pour waza-ari. (valeur intermédiaire : 2 waza-ari équivalent à un ippon, et donc la victoire du combat).

Malgré son avantage, elle continue d’être sur l’attaque et effectue un bon travail de rythme pour finalement placer un mouvement d’épaule enroulé pour un second waza-ari à 45 secondes de la fin.

En quart de finale, elle adopte une très bonne attitude toujours offensive et se défait de son adversaire sur un mouvement net et sans bavure pour finalement se faire stopper en demi-finale par l’ukrainienne Bilodid, qui ne réussit décidément pas aux françaises. En place de 3, elle subit la clé de bras de son adversaire et termine à une 5ème place certainement un peu amère.

Enfin s’agissant de Mélodie Vaugarny, dernière engagée de cette catégorie, elle réussit lors de son premier combat à scotcher son adversaire sur le dos dans un mouvement qu’elle n’aura jamais lâché. Malheureusement le tour d’après lui réserve la mongole Munkhbat 3ème aux derniers Championnats du Monde, qui la contrait à abandonner sur une clé de bras, et la privant de repêchage.

-60kg :

Français le plus attendu de la catégorie, Walide Khyar gagne son premier combat par ippon face au bulgare Yanakov, qui l’aura tout de même mis en difficulté.

Bien rentré dans sa compétition, il parvient à remporter son combat contre le jeune belge prometteur Verstraeten. Combat acharné des deux côtés, mais le français parvient à marquer un waza-ari à 30 secondes du terme, avantage qu’il parviendra à conserver pour remporter le combat et avancer dans la compétition. Le combat suivant sera tout de même bien plus ardu face au japonais Nagayama. Dès la première séquence, il subit un gros mouvement d’épaule l’obligeant à courir après le score et se mettre en danger, ce qui lui coutera la victoire après s’être fait surprendre par un balayage subtil.

Autre prétendant à la médaille aujourd’hui, Luka Mkheidze tombe malheureusement sur un os en la personne du turc Akkus. Au cours d’un combat à haute intensité, il concède deux contres qui lui couteront la suite de la compétition, tandis que le turc filera en demi-finale.

Il n’y aura pas plus de réussite pour Jolan Florimont ou Vincent Limare dans cette catégorie des -60 kg, chacun perdant avant les quarts de finale dans des combats qu’ils n’auront pas réussi à emballer.

La finale opposant le japonais Nagayama au russe Abuladze régala le public de l’Accor Hotel Arena, qui put voir tout l’orgueil du nippon. Piqué au sol, ce dernier réussit à se sortir avant la limite de temps, et réussit à remonter au score et gagner le combat sur les deux séquences qui suivirent.

-52kg :

Judokate d’expérience, la championne d’Europe 2011 Pénélope Bonna a connu un début de compétition sur les chapeaux de roues en gagnant ses deux premiers combats avant le terme. En revanche, son troisième tour face à la kosovarde Krasniqi, favorite de la catégorie, tourna à l’avantage de son adversaire qui lui infligea un très joli mouvement de jambe après un peu plus d’une minute de combat.

Bien pressentie pour la médaille, Astride Gneto a su faire preuve d’intensité et d’intelligence lors de ses premiers combats. En quart de finale, elle laisse passer les attaques assez peu dangereuses de son adversaire et réussit à remporter le combat dès le début du golden score.

En demi-finale, elle ne parvient malheureusement pas à imposer son rythme face à la vice-championne olympique Giuffrida et s’incline au jeu des pénalités.

Dans son combat pour le bronze, malgré l’appui de toute l’Arena, elle doit s’incliner contre la japonaise Shishime, n°2 mondiale.

Faisant figure de poupons par rapport à leurs compatriotes dans la catégorie, Anais Mosdier et Faiza Mokdar n’ont tout de même pas démérité durant cette journée.

En effet, la seconde livre deux bons premiers tours, même si elle s’incline contre la brésilienne Pimenta, future 3ème.

La première débute très bien aussi sa compétition en sortant l’israélienne Cohen, 12ème mondiale. Lors de son deuxième tour, elle démontre toute la souplesse de son coude qui faisait l’objet d’une clé par son adversaire et parvient à crocheter la jambe d’appui de son adversaire à 5 secondes de la fin, pour un avantage décisif.

La suite sera malheureusement plus compliquée pour elle puisqu’en quart de finale contre la médaillée olympique Menezes, elle commet une erreur de jeunesse qui se paie par un contre.

En repêchage enfin, elle s’incline contre la même Shishime qui battra son amie quelques heures plus tard.

-66 kg :

On savait cette catégorie très compliquée à aborder à ce niveau de compétition. Et quand le tirage au sort vient en plus compliquer la tâche, c’est assez peu étonnant de ne voir aucun français sur le podium.

Ainsi, Reda Sedoukki doit s’incliner au premier tour contre le moldave Denis Vieru, 3ème des derniers Championnats du Monde, mais aux pénalités et dans le golden score.

Même punition pour Mathias Boucher, qui après avoir battu un philippin sans grande référence au premier tour, se heurte à l’ancien champion du monde et futur 3ème de la catégorie Georgii Zantaraia.

Un peu plus de réussite pour Kévin Azema et Kilian Le Blouch, plus gâtés par le tirage au sort et plus habitués à ces grands évènements.

Le premier tiendra jusqu’au troisième tour, où il croisera la route du coréen Kim, futur médaillé d’argent. Là, il subira la loi de son adversaire en concédant un premier waza-ari à 1 minute trente de la fin, puis un second sur la reprise d’initiative qui a suivie.

Le second tombera aux portes des quarts de finale face au futur 3ème mongol Baskhuu Yondonperenlei, après avoir démontré une fois de plus toutes ses qualités d’anaérobie dans un combat de plus de 10 minutes !

Un autre déçu de la catégorie sera sans aucun doute le jeune Vieru. Dans son propre combat pour devenir quart de finaliste, contre le coréen futur vainqueur An Baul, il a démontré tout son dynamisme avant de voir la médaille s’envoler sur une merveille de balayage de la part de son opposant, juste avant le terme du combat.

-57 kg :

On l’avait dit en amont de ce tournoi, cette catégorie des -57kg n’a pas encore livré son représentant aux Jeux-Olympiques. Et même si rien n’est encore officiel à l’issue, il y a fort à parier que la place de titulaire reviendra à la jeune Sarah -Léonie Cysique.

Cette dernière a enchainé chacun de ses combats avec une discipline exemplaire, elle qui a l’habitude de vouloir peut-être trop bien faire jusqu’à se mettre à la faute.

Aujourd’hui, chacun de ses tours préliminaires s’est achevé par ippon avant le terme, et cela même lorsqu’elle était menée en début de combat.

En demi-finale, elle ne peut malheureusement rien contre la championne du Monde en titre Christina Deguchi. Le schéma se répètera dans la quête du bronze où elle ne parviendra pas à surpasser la kosovarde Gjakova, déjà tombeuse de Priscilla Gneto au 3ème tour.

Priscilla Gneto justement, avait réussi un bon début de compétition en satellisant sa première adversaire en 1 minute 30 de combat. Malgré cette belle entrée en matière, elle fut gênée au tour suivant par une blessure au pied et la bonne prise de garde de ladite kosovarde. Cette dernière fit monter les pénalités contre la française et remporta le combat de cette manière, non sans avoir concédé un waza-ari.

Dernières engagées de la catégorie, Hélène Receveaux et Véronique Mandeng perdent chacune au 1er tour, contre des adversaires d’un niveau supérieur et notamment la mongole Dorjsuren, future deuxième.

-73 kg :

Ici aussi rien n’est officiellement acté dans l’optique des Jeux de cet été, pour représenter la France dans une catégorie qui comptait 76 inscrits aujourd’hui.

Et s’il fallait retenir une chose, ce serait que la jeunesse a de l’envie et n’a pas peur de le montrer.

Parmi les benjamins de la catégorie, Théo Riquin a montré une grosse motivation et un beau judo lors des deux premiers combats qu’il remporte. Au tour suivant, l’obstacle fut trop haut puisqu’il rencontre le tadjik Khojazoda, 5ème aux derniers Championnats du Monde, qui impose un rythme trop rapide pour le français.

Pour Luca Otmane, la dernière marche le menant aux quarts de finale fut aussi trop haute face à l’ancien triple champion du monde et futur 5ème Masashi Ebinuma. Mais avant cela, il a réalisé un superbe parcours en écartant le grec Azoidis 34ème mondial, mais surtout le canadien Antoine Bouchard, 27ème mondial. Sur une reprise de garde, il surprend son adversaire et le colle au sol dans un mouvement tout en timing.

Parmi les judokas plus confirmés dont on attendait peut-être plus, Benjamin Axus perd dès son entrée en lice face à un azerbaidjanais qui perdra le combat suivant.

Même motif d’insatisfaction pour Guillaume Chaine : dispensé de premier tour, il gagne presque laborieusement le suivant.

Face au géorgien Mamiashivili au troisième tour, il concède un waza-ari dans les premiers instants du combat, écart qu’il n’arrivera pas à combler malgré les attaques et les tentatives de contre.

Théo Riquin dans ses œuvres

(c) Di Feliciantonio Emanuele

-63 kg :

Dernière catégorie de la journée, et celle qui déclenche le plus de bruit à Bercy. A chaque apparition de la multiple championne du monde française Clarisse Agbegnegnou, c’est toute une salle qui crie d’une seule voix.

Une chose est sure cependant, c’est que l’amour que donne le public à la championne lui est rendu. Sans chercher à faire le show, la française a régalé de son judo pendant toute la journée, sans toutefois passer plus de 2 minutes sur le tapis pour chacun de ses combats.

Chacun de ses ippons est sans bavure et reflète l’état d’esprit guerrier dans lequel elle se place pendant ses compétitions.

En finale, elle déroge à la règle en prenant le temps de construire sa victoire grâce à un superbe contre, face à la japonaise Nabekura dans la revanche de leur dernière confrontation au Master de Chine en fin d’année 2019, où la japonaise l’avait emporté.

Parmi les autres engagées, aucunes des filles ne parvient au-delà du troisième tour, toutes devant se heurter à des adversaires pour le moment hors de portée. Ce fut le cas d’Agathe Devitry qui a hérité au tirage au sort de la championne Olympique en titre slovène Trstenjak, à qui elle a cependant mené la vie dure. Mais cela n’a pas suffi, et la française s’incline au golden score par simples pénalités.

Même sanction pour Chloé Yvin face à la n°7 mondiale, la cubaine Del Toro, multi médaillée sur les Grand Slam.

Enfin, Yasmine Horlaville parvient tout de même à sortir la 7ème des derniers Championnats du Monde au jeu des pénalités avant de subir la loi de la médaillée de bronze des mêmes Championnats du Monde.

 

Une première journée plaisante pour les spectateurs de l’Accor Hotel Arena et téléspectateurs de l’équipe 21, qui plus est avec la Marseillaise venue clôturer la journée.

Beaucoup de points positifs chez les jeunes mais aussi d’interrogations liées aux prestations des judokas que l’on imaginerait plus performants et expérimentés.

A quelques mois des Jeux de Tokyo, certaines catégories peuvent se faire poser des questions quand d’autres rassurent plus en se disant qu’il y a une profondeur d’effectif de qualité.

En revanche, à l’aube des Jeux Olympiques de Paris 2024, cette jeunesse apparait comme une denrée rare qu’il faudra choyer pour être performant à domicile.

Mais avant de se projeter dans des années, rendez-vous demain pour la seconde journée de ce Paris Grand Slam 2020 avec l’entrée en lice des catégories plus lourdes et des champions tels que Marie-Eve Gahié, Audrey Tcheuméo ou encore… Teddy Riner !

 

Photo Une : (c) Di Feliciantonio Emanuele

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