Basketball

Pause Café ☕ : WeSportFr a rencontré Dominique de Bald dont Lie, analyse NBA.

Aujourd’hui WeSportFr vous propose de partir à la rencontre de Dominique, spécialiste-analyste NBA sur les réseaux sociaux et sur sa chaîne YouTube ! Nous avons voulu connaître un peu plus sa passion, son passé, son présent et son futur. Dominique nous fait l’honneur de se dévoiler à nous. Vous êtes prêts ? C’est parti

Aujourd’hui WeSportFr vous propose de partir à la rencontre de Dominique, spécialiste-analyste NBA sur les réseaux sociaux et sur sa chaîne YouTube ! Nous avons voulu connaître un peu plus sa passion, son passé, son présent et son futur. Dominique nous fait l’honneur de se dévoiler à nous. Vous êtes prêts ? C’est parti !

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Bonjour Dominique, WeSportFr vous remercie de prendre le temps de répondre à nos questions. Vous êtes un spécialiste des pronostics et analyses NBA, mais qui se cache derrière ces vidéos ? Pouvez vous vous présenter ?

Bonjour, moi c’est Dominique, un mec super cool de 38 ans qui vit NBA depuis mes 15 ans. Contractuellement, je suis marié à une super femme qui me soutient dans tous mes projets et père de deux enfants vraiment marrants qu’on aperçoit de temps en temps sur les podcasts de ma chaîne YouTube (Bald Dont Lie)

Quelles sont vos méthodes de travail ?

Alors tout d’abord la première étape est de regarder sur les matchs que j’ai mal analysé les raisons de l’échec, souvent en regardant les moments clés où l’outsider prend le pas sur le favori, histoire de ne pas toujours à devoir regarder tous les matchs en entier, notamment les 2nd quart-temps souvent ennuyeux avec un grand temps de jeu des joueurs de banc.
Ensuite je mets sur papier la carte du jour & je recherche les formes du moment des équipes, les 10 et 5 derniers matchs puis le calendrier à venir, car une équipe moyenne qui joue le lendemain un autre match contre une plus petite équipe à parfois tendance à sacrifier le premier match pour assurer le second.
Avant de trancher je réfléchis toujours sur les vis à vis adversaires, car une équipe avec des supers joueurs qui rencontre une équipe au même profil mais avec des joueurs supérieurs aura toujours du mal, exemple de Washington & Portland qui sont structurées de façon similaire avec le gros de la puissance sur les postes 1 & 2 mais en plus d’avoir une paire légèrement supérieure chez les Wizards, le reste de l’effectif est clairement au-dessus.
Enfin, je vérifie un peu partout dans la presse si je n’ai pas raté une anecdote contexte : un anniversaire, un match revanche d’un joueur contre son ancienne équipe ou contre un adversaire qu’il n’apprécie pas (Anthony Davis qui brille toujours contre Karl-Anthony Towns).
Donc vous devinez que la préparation pré-podcast est vraiment longue et parfois laborieuse, avec en général 2 à 3heures d’analyses par jour, si ce n’est pas plus sur les soirées à 12 matchs. Le pire c’est que je dis 10 à 20% de mes recherches dans les podcasts, mais c’est normal & ça risquerait de rendre le tout indigeste pour ceux qui ne sont pas là pour de l’analyse en profondeur mais simplement pour la tendance victoire en vue d’un pari.

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Faites vous cela gratuitement ou vivez vous de ce cette chaîne YouTube dédiée au basket ?

Tout mon travail est gratuit, j’ai un compte leetchi où les fans (+5600 followers début 2018) peuvent faire un don pour soutenir le projet mais je ne fais pas payer mes services d’analyse.

D’où vous vient cette passion pour la NBA et le basket en général ?

Enfant réunionnais, j’ai toujours eu le foot dans le sang. D’ailleurs je joue encore aujourd’hui même si voir vétéran sur la licence fait mal ! Mais par fierté et parce que je peux encore largement le faire, je reste en sénior. L’amour de la NBA est venue en fin de collège, avec les cartes Upper Deck. Des amis emmenaient leurs packs de cartes NBA & on jouait pendant la récréation à une sorte de bataille avec les valeurs statistiques des joueurs. Le but était d’avoir Abdul-Jabbar ou Jordan pour gagner les rebonds ou les points à chaque main ! Ensuite je suis tombé raide dingue du style vestimentaire NBA & en particulier des sneakers… La paire d’Air Jordan 6, que j’ai pu acheter il y a quelques années lors de leur réédition, était mon but ultime dans la vie ! Puis quand mes parents ont pris canal+, George Eddy a fait le reste & la passion pour le jeu et non plus uniquement pour le produit marketing qu’était déjà la NBA dans les années 90 a vraiment explosé.

Je n’ai joué que 4 ans au basket en club, une saison au collège et 3 au lycée. Mais fan de NBA depuis la fin du collège et mes 15 ans, l’amour des drives à la MJ (donc marché en France) & des contres à la Kemp (donc faute) m’ont vite déçu d’un sport que je voyais si physique à la télé & si “soft” dans l’arbitrage amateur en réalité. Je suis donc retourné au foot sans jamais arrêter.

Cependant, on avait avec 3 amis une belle équipe de 3×3 qui nous a permis de remporter quelques tournois 3×3 dans la région lyonnaise : les “Sexy Chocolat”, d’après un film d’Eddy Murphy…

Cette passion est familiale ? Vos enfants s’y mettent aussi ?

Mon fils aime la bagarre & jouer au foot. Il a 3 ans mais est surtout 50% chinois, donc les probabilités de le voir briller au basket restent minimes…

Ma fille de 6 ans veut être une star, tout en étant docteur pour soigner le cancer & professeur de chinois. Elle change de sport tous les ans ; elle est passé par la danse, le judo & le basket, mais quand je la voyais jouer au loup avec sa copine pendant les consignes du coach, j’ai compris qu’elle s’en foutait pas mal de savoir faire une passe à rebond…

Avez vous une franchise de cœur ?

Aucune franchise de cœur. Les deux seuls clubs qui m’ont marqué dans ma vie sont des équipes de foot.

L’Ajax Amsterdam de la génération Kluivert & Seedorf avec Van Gaal aux commandes de ce magique 3-4-3 & surtout l’Asec Mimosas de Jean-Marc Guillou, qui a fait pour moi le plus bel accomplissement qu’un homme puisse faire : il est allé dans les rues d’Abidjan, a recruté des enfants pauvres avec un avenir incertain & en a fait des professionnels via son académie, en gagnant la Supercoupe d’Afrique contre l’ogre de l’espérance de Tunis avec une bande de gamins qui deviendront célèbres : les Kolo Touré (17ans), Siaka Tiéné (16ans), Didier Zokora (17), Aruna Dindane (17) & autres Gilles Yapi-Yapo (16). Pour moi, il n’y a pas plus belle histoire que celle-là. Le MVP des MVP, c’est lui…

Quel est le joueur qui vous a fait rêver adolescent ? Et aujourd’hui, lequel vous épate ?

Jeune j’avais Hakeem “The Dream” Olajuwon en poster sur les murs de ma chambre. Le voir faire danser David “The Admiral” Robinson & le gros Shaq O’Neal était un spectacle génial. J’aimais d’ailleurs beaucoup ces Rockets avec Cassell & Horry en pourvoyeurs d’étincelles.
Mais la plus belle association aura été celle de Pat Riley (qui aurait mérité le rôle de Pacino dans le parrain) & Alonzo Mourning, qui était le joueur NBA que j’ai le plus apprécié avant ma vie d’adulte.
Petit pour son poste mais hyper costaud, bagarreur & toujours surmotivé malgré des qualités offensives clairement frustres, il était pour moi le symbole du concept cher aux ricains de “Hardwork” (le dur labeur). Sa série anthologique contre les Knicks où une bagarre éclate entre lui & son ancien coéquipier Larry Johnson avec Coach Van Gundy qui s’accroche à sa jambe pour le retenir est le plus beau moment d’émotion sportive que j’ai dû connaître !
J’ai adoré les Gary Payton, Latrell Sprewell, Grant Hill avec des chevilles, Derrick Coleman, Reggie Miller & Lamar Odom jeune, qui a fait une belle carrière mais aurait pu faire tellement mieux si on l’avait laissé au poste de meneur comme lors de son arrivée dans la ligue. La ligue n’était pas encore prête aux joueurs hors-format comme on peut en trouver aujourd’hui par dizaine.
Aujourd’hui, j’aime beaucoup les joueurs kamikazes, ceux qui entrent en drive pour finir près du cercle. Giannis, DeRozan, Westbrook, Mitchell, Oladipo & dans un autre style j’aime beaucoup Porzingis, la licorne, le joueur irréel…

14 ans d’analyses, ce n’est pas rien, est ce que vous avez vu une différence de jeu ou de mentalité entre le basket des années 2000 et celui d’aujourd’hui ?

Sans hésitation les 3pts & les contacts. Et les deux sont un peu liés.

A vouloir rendre la NBA un spectacle familiale et non une guerre de tranchées comme on a pu le voir lors des échauffourées entre New York & Miami ou encore Detroit & Indiana lorsque les joueurs sont montés se battre avec des fans excités, la NBA a tout mis en œuvre pour bannir la violence sur les terrains, donc l’aspect physique du jeu a grandement diminué.
En conséquence de cela, le poste 4, celui de “power forward”, l’ailier fort, le joueur physique de l’équipe, sur le terrain pour faire le sale boulot, filer les coups de coudes & prendre des rebonds devenait superflu & a dû évoluer : devant les sanctions disciplinaires de plus en plus dures sur les joueurs qui intimidaient, d’ailier fort on est passé à grand poste 3 capable de défendre un peu mais surtout de shooter à 3points pour ouvrir le jeu pour les drives des deux postes arrières (1 & 2).
La réussite d’équipes comme Phoenix de Coach D’Antoni, Dallas de Nowitzki & des Warriors actuels est un modèle pour cette NBA moderne. Le poste 4 classique n’existe plus mais sert à écarter les raquettes adverses pour créer plus de brèches et ressortir pour des shoots à 3pts de plus en plus ouverts car les analystes statisticiens ont réalisé que bombarder à trois points avec une réussite moyenne était toujours mieux que de shooter à 50% dans l’arc de cercle. Les Houston Rockets des deux dernières saisons sont une caricature du jeu moderne, où l’on peut voir des matchs avec plus de la moitié des shoots tentés qui le sont à trois points…


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Entre nous, qui va remporter les play offs ?

Sauf blessures, Golden State a deux MVP, 4 des 15 meilleurs défenseurs de la ligue, un bon coach & un rookie prometteur qui est déjà la relève du piston Draymond Green…
Cleveland devrait encore une fois perdre en finale, malgré l’arrivée du brillant Isaiah Thomas, mais sa faible défense, en plus de celle de Love, rend les choses difficiles en fin de match, que Love regarde d’ailleurs souvent sur le banc justement pour raison défensives.

Quel joueur a le plus de chance de finir MVP 2018   ?

Le sprint est lancé entre James Harden & LeBron James, mais on pourrait avoir une surprise avec un Stephen Curry qui a très bien commencé sa saison avant de se blesser.
James devrait lentement être économisé avec l’arrivée de Thomas & la mauvaise gestion d’Harden dans les matchs des fêtes restent dans les esprits. Pitoyable contre Washington & ridiculisé par la malice de Smart contre Boston, il pourrait avoir perdu l’avance qu’il avait depuis le début de saison.

Les rookies sont impressionnants cette année, lequel sort le plus du lot ?

Simmons, Mitchell, Tatum, Kuzma, Ball, Smith Jr, Markkanen, que des vraies pépites. Et il y en a encore beaucoup !
J’aime beaucoup la vista de Ball & le combo explosivité/ agressivité de Donovan Mitchell. On n’a pas encore pu voir ce que valaient vraiment Fultz & Isaac, eux aussi très prometteurs, tout comme le frenchie Ntilikina, qui devrait avoir un plus gros rôle après le all-star game.
Le début de saison de Simmons a été extraordinaire mais il a bien baissé le pied depuis et sans son premier mois de compétition il ne serait probablement que le 3ème du podium derrière Mitchell & Tatum.

Que diriez vous à ceux qui vous suivent depuis 10 ans ou depuis hier ?

Ahah, merci à vous & surtout, continuez !

Avez-vous d’autres projets pour 2018 ?

Pas dans l’immédiat mais je suis ouvert à tout ce qui touche la NBA. Je fais évoluer chaque année mon projet d’analyse.
D’analyses écrites je suis passé à podcast audio puis vidéo cette saison via périscope puis YouTube en direct.
Je refuse environ 4-5 fois par mois des propositions de site de “tipsters” qui veulent vendre leurs conseils au public. Je me vois mal dire aux personnes ayant payés une prestation “c’est la malchance, c’est le sport” quand les résultats sont mauvais mais leur dire “notre analyse fait la différence” quand le résultat est bon. Surtout si c’est quasiment pour la gloire de faire partie d’une équipe où le leader prend tous les bénéfices du travail des autres via les contrats d’affiliations avec les bookmakers & les abonnements du VIP…

Le mot de la fin ?

“Hey you ! Come on, come to have fun !” (intro du podcast)

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Merci beaucoup Dominique pour cet échange passionnant. Nous te souhaitons une très bonne continuation. En 2018 WeSportFr te suivra encore.. 

Charlotte Gruszeczka. 

 



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