Playoffs G-League : La Preview

Alors que la NBA se rapproche de plus en plus de la fin de saison régulière, sa petite sœur, la G-League, commence ses playoffs dès ce Mardi 27 Mars. Zoom sur cette postseason qui s’annonce haletante et indécise.

Bracket des playoffs G-League (Crédits G-League).

Le Format :

Alors que la NBA utilise aujourd’hui un format ”Best Of Seven” (la première équipe à 4 victoires), la G-League s’appuie depuis la saison 2017-2018 sur un format totalement différent. Tout d’abord le nombre d’équipes qualifiées. Six par conférences, contre huit en NBA. Sur ces six équipes, les deux premières sont exemptées de premier tour ; direction les demi-finales de conférence directement. Les quatre restantes doivent disputer le premier tour, le troisième affrontant le sixième et le cinquième devant faire le déplacement chez le quatrième.

Particularité, cette série est jouée sur un match unique, et non sur une série de plusieurs matchs. L’avantage du terrain est donc primordial ! Et c’est là que la G-League marque sa différence, car les demis-finales de conférences ainsi que les finales de conférences se jouent aussi sur une seule partie ! Concernant les affrontements, l’équipe ayant finie première de sa conférence reçoit le vainqueur du match entre 4 et 5, tandis que le gagnant du match entre 3 et 6 ira affronter le deuxième de sa conférence.

La seule et unique série jouée sur plusieurs matchs, c’est la finale. Elle se joue au meilleur des 3 matchs, l’équipe avec le meilleur bilan en saison régulière ayant l’avantage du terrain, suivant le format 1-1-1 (l’équipe ayant l’avantage du terrain recevant le premier et le potentiel troisième match). Avec ça, la G-League ouvre la porte à de nombreuses surprises, notamment pour rejoindre les finales, car sur un match tout est possible.

CONFERENCE EST :

Les exemptés :

 

#1 Long Island Nets (34W-16L) :

Alors que l’équipe affiliée aux Nets de Brooklyn n’avait pas encore goûté en playoffs depuis sa première saison en 2016, les hommes de Will Weaver (1ère saison sur le banc), n’ont pas fait les choses à moitié : victoire dans la Division Atlantique et meilleur bilan de la Conférence Est !

Équipe qui score le plus de la ligue (117 PPG) et possédant la meilleure moyenne au rebond (53,9 RPG), les Nets s’appuient sur un gros secteur intérieur emmené par Dzanan Musa et Alan Williams. Le bosniaque, drafté en 29e position l’année passée, tourne à environ 19pts 6rbd et 3,5ast de moyenne, faisant de lui le deuxième meilleur scoreur parmi les ailiers. L’ancien joueur des Suns est lui impressionant. Troisième meilleur rebondeur de la ligue et meilleur scoreur parmi les ailiers, son impact est énorme et a largement contribué aux résultats obtenus par son équipe.

A noter également la présence dans l’effectif de l’australien Mitchell Creek, aperçu en NBA, qui se classe 3e meilleur scoreur parmi les joueurs internationaux (Musa étant premier), ou du guard Theo Pinson. Attention tout de même à la défense dans la raquette, les Nets étant l’équipe qualifiée en playoffs qui encaissent le plus de points dans cette zone.

#2 Lakeland Magic (32W-18L) :

Les hommes de Stan Health vont enfin passer le premier tour ! Ils sont exemptés de le disputer grâce à leur deuxième place dans la conférence, en s’appuyant notamment sur le meilleur pourcentage à trois points de la ligue et sur leur ”two-way contract” Amile Jefferson. L’ancien joueur de Duke tourne cette année à un peu plus de 18pts et 11rbd de moyenne, ce qui a aidé la franchise affilié au Magic d’Orlando à remporter sa division, la Division Sud-Est.

Ils s’appuient aussi sur une défense plutôt efficace, se classant 4e de la ligue en terme de points encaissés (107,1 PPG), ou encore sur leur second ”two-way contract” Troy Caupain, auteur en moyenne de 16,4pts et 5,4ast, avec en prime 5,8rbd. Ajoutez à cela une deuxième place au ratio offensif, et vous obtenez une équipe complète se plaçant comme un candidat plus que sérieux dans la conférence Est.

Les affiches du 1er tour :

 

#3 Wechester Knicks (29W-21L) vs #6 Windy City Bulls (27W-23L) :

Les Knicks sont en playoffs ! Rassurez vous (ou pas), les hommes de David Fizdale n’ont pas gâché leur tanking, ce sont ceux de Mike Miller qui ont accroché une qualification. Wechester, c’est d’abord une défense solide. deuxième meilleur ratio défensif, deuxième équipe qui encaisse le moins de points (105 PPG), ainsi que la quatrième meilleure moyenne de rebonds (47,4 RPG).

On note aussi la présence dans l’effectif du ”two-way contract” Kadeem Allen à environ 15pts et 6,5 ast de moyenne, et d’un Jameel Warney auteur de deux sorties à plus de 30pts lors des deux dernières confrontations contre les Bulls.

En face, on s’appuie sur un des meilleurs meneurs de la ligue : Walter Lemon Jr. Celui qu’on appellerait Mr Citron dans la langue de Molière est un des meilleurs passeurs de la ligue avec environ neuf offrandes par match, le tout accompagné de 20pts de moyenne. Pour la défense adverse, ça pique. Il est notamment épaulé par Jakkar Sampson, qui tourne à plus de 20pts en 9rbd de moyenne en 24 matchs.

Si les Bulls veulent accéder au tour suivant, il va falloir sortir une bonne prestation offensive face à une des défenses les plus efficaces de la ligue. Ils ont une des moyennes de points les basses (107,1 PPG), compensée toutefois par la troisième moyenne en terme de points encaissés (106,7 PPG).

#4 Raptors 905 (29W-21L) vs #5 Grand Rapid Drive (28W-22L) :

Les playoffs, chez les Raptors on connaît. Champions il y a deux ans, finaliste l’année dernière, les hommes de l’Ontario ont l’expérience des grands rendez-vous. Si le dernier MVP de la ligue Lorenzo Brown n’est plus dans l’effectif, Toronto a de la ressource. On note les 22,7pts de moyenne de Jordan Loyd, la meilleure chez les meneurs pour ce joueur non-drafté. On peut aussi espérer la présence de Chris Boucher, le joueur des Raptors ayant joué le dernier match de saison régulière avec le 905, ce qui serait un énorme plus pour la raquette.

Sinon, les hommes de Jama Mahlalela possède le quatrième meilleur ratio défensif de la ligue et ne doivent surtout pas être pris à la légère, eux qui ont pour habitude ces dernières années de sortir des joueurs de qualité de G-League.

De l’autre côté, on dit bonjour au vétéran et ancien joueur NBA Marcus Thornton. Il porte quand même le Drive offensivement avec ses 21pts de moyenne à 45% au shoot. On insiste sur le pourcentage au shoot car l’équipe est (statistiquement) la plus mauvaise dans ce domaine avec 44,4% de moyenne. Pour se rassurer, on peut se dire que leur futur adversaire ne fait pas mieux dans le domaine avec 44,5% de moyenne.

L’opposition face à la raquette du 905 sera intéressante, l’équipe affiliée aux Pistons de Détroit étant la deuxième équipe encaissant le moins de points dans la raquette. Ne pas sous estimer cette équipe, tout de même championne de division cette année.

CONFERENCE OUEST :

Les exemptés :

 

#1 Rio Grande Valley Vipers (34W-16L) :

Finaliste en 2017, l’équipe affilié aux Houston Rockets font office d’épouvantail. Meilleur bilan de la ligue ex-æquo avec trois autres équipes, on les retrouve dans le top 3 de presque toutes les catégories statistiques de base : rebonds, passes, contres et interceptions. Ah, ils sont aussi quatrième au points.

Les Vipers, c’est aussi l’équipe tentant le plus le tir à trois points (influence Mike D’Antoni ?) et une des deux équipes dont le pourcentage de trois points par rapport aux points inscrits est le plus haut. Attention toutefois car à force de tirer autant, cela se ressent sur leur pourcentage de réussite (34,2%), un des plus faibles de la ligue.

S’ils ont vu passer des joueurs comme Isiah Hartenstein ou Danuel House au cours de la saison, le nom à retenir est Gary Payton II. Le fils de The Glove tourne à 16pts et 6,5ast de moyenne, et est le meilleur intercepteur de la ligue avec trois vols de ballons par match (merci Papa !). Attention à eux dans les moments chauds, car d’après les statistiques de la G-League, c’est l’équipe qui a remporté le plus de victoires dites clutchs (même si une stat sur le côté clutch d’une équipe reste très subjective.

#2 Santa Cruz Warriors (34W-16L) :

Décidément, les Warriors sont bons à tous les échelons ! Vainqueurs de la division pacifique, leur arme c’est la défense. Meilleur ratio défensif, équipe encaissant le moins de points, ils sont aussi leaders ou bien placés dans la plupart des catégories statistiques défensives. On peut considérer ces Warriors comme un vrai collectif, avec cinq joueurs dans le top 10 des ratios défensifs individuels.

Par contre, à l’inverse de leur franchise mère, les joueurs de Santa Cruz ont plus de difficultés offensives. Ils sont parmi les derniers en terme de points inscrits (105,5 PPG), et le trois points n’est pas leur force. Ils l’utilisent peu, scorent peu avec, et leur pourcentage de réussite est dans le top 3 des plus mauvais (32,8%).

Toutefois, les Warriors sont une équipe sur qui une pièce peut être mise. Comme on le dit souvent, ”Defenses win championships”. Si les Warriors vont au bout, ils en seront le meilleur exemple. Il ne faut pas non plus oublier que les Warriors, comme les Raptors, sont une des équipes qui utilisent le mieux la G-League et arrivent à sortir des joueurs utiles pour la NBA. A surveiller.

Les affiches du 1er tour :

 

#3 Oklahoma City Blue (34W-16L) vs #6 Salt Lake City Stars (27W-23L) :

Oklahoma, c’est un peu le dindon de la farce. Ils ont exactement le même bilan que les deux premiers de l’Ouest (et le premier de l’Est), mais à la défaveur du tiebreaker ils ne sont pas exemptés de premier tour. Pour passer le premier tour, ils pourront s’appuyer sur une défense opportuniste, capables de nombreuses interceptions (9,8 stl de moyenne). En fait, le Blue, c’est assez équilibré. Une bonne attaque (3e ratio offensif) et donc une défense plutôt efficace, pour le meilleur ratio Net (Offensif moins Défensif).

Attention car l’équilibre, ça peut vouloir dire équipe complète, mais aussi équipe moyenne. A eux de montrer qu’ils méritaient d’être parmi les deux premiers de la conférence et de ne pas tomber dans le piège de leur futur adversaire

En face, le Stars de Salt Lake City. Qualifiés au dernier moment à la faveur d’une défaite finale des Agua Caliente Clippers, ils auront fort à faire pour leur entrée dans la compétition. Pourtant l’équipe affilié au Jazz d’Utah a des armes pour piéger Oklahoma.

Deux joueurs retiennent mon attention. Le premier c’est Naz Mitrou-Long. Pour sa deuxième saison avec les Stars, il compile encore plus de 18pts et presque 5ast de moyenne. Le deuxième nom est plus connu des amateurs de NCAA et de NBA : Grayson Allen. L’ancien joueur de Duke fait actuellement un tour en G-League, et s’il joue les playoffs, il fera un grand bien à son équipe par sa qualité de scoreur et de gâchette à trois points. Les Stars sont aussi solide défensivement, alors attention à ”l’upset”.

#4 Stockton Kings (30W-20L) vs #5 Memphis Hustle (28W-22L) :

Une affiche intéressante et sûrement indécise. D’un côté, les Kings, affiliés à Sacramento, coachés par Tyrone Ellis. On retrouve dans l’effectif l’ancienne révélation des Clippers Troy Williams, notamment auteur d’une sortie à 37pts pour le dernier match de la saison régulière ; quoi de mieux pour arriver en playoffs ? Autour de lui on retrouve des joueurs intéressants comme Cody Demps, déjà appelé deux fois pour des contrats de 10 jours.

Le point d’interrogation est sur deux joueurs : Caleb Swanigan et Marcus Williams. Le premier a joué à peine dix matchs de G-League cette année, mais était dans le roster pour le dernier match ; pour le faire jouer en playoffs ? Le deuxième est le meilleur passeur de la ligue (9,6ast), mais est inactif depuis quelques matchs. Son apport à la création est non-négligeable à ce stade de la compétition, comme la production du joueur passé par Portland.

En face, ça se vaut. Équipe efficace offensivement, Memphis est cinquième sur les points marqués et quatrième au ratio offensif. De plus, l’adresse extérieure est aussi au rendez-vous avec 37,5% à trois points, deuxième meilleur pourcentage derrière le Magic. L’effectif n’est pas le plus beau de la ligue, mais on notera tout de même la présence du nippon Yuta Watanabe, deuxième joueur né au Japon à avoir joué en NBA. Là aussi interrogation sur les joueurs présents pour jouer. Jouera, jouera pas, c’est ce qu’on peut se demander à propos de Tyler Harvey, meneur du Hustle et meilleur marqueur de l’équipe parmi les joueurs réguliers en G-League.

En attendant les playoffs NBA, quoi de mieux que ceux de G-League comme apéritif. Certes le niveau de jeu et l’engouement n’est pas le même qu’à l’échelon supérieur, mais des playoffs restent des playoffs. A noter qu’aujourd’hui une grande majorité de joueurs NBA passent par la ligue de développement en début de carrière, raison de plus pour regarder cette postseason en espérant pourquoi pas voir les joueurs NBA de demain. Rendez-vous donc dès demain pour savoir qui succédera au Spurs d’Austin, champions l’an passé.

*A noter que certains matchs sont diffusés sur Facebook ou Twitch, ce qui rend leur visionnage facile d’accès.

A propos de l'auteur

Victime du ''Minnesota Miracle'' et du ''No-Call''. Merci aux Knicks de réhausser le niveau (oups). Je considère Drew Brees comme un dieu, Alvin Kamara et Mitchell Robinson comme des prophètes et le Sport US comme ma religion.

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