Football

Pourquoi t’aimes le foot – L’acte de naissance

Enfin, la trêve internationale est de retour ! Après un mois d’attente, nos sélections nationales vont revenir sur le devant de la scène. Ça t’embête plus qu’autre chose ? Ne t’en fais pas, on va bien s’occuper de toi pendant ces quinze jours ! On profite de ce petit moment de répit (ou d’ennui) pour te montrer ce qui nous a fait aimer le football, avec une liste non exhaustive de matchs de légende du XXIe siècle. L’objectivité est loin d’être le maître mot mais force est de constater que les amoureux du football se souviennent forcément de ces soirées endiablées pour leurs scénarios, leurs ambiances, leurs contextes, leurs émotions dégagées.

Manchester City – AS Monaco, Ligue des Champions 2016-2017, huitième de finale aller

  • Le contexte

L’ASM aura fort à faire. Sortis d’un premier tour homogène mais coriace (Tottenham, Leverkusen, CSKA Moscou), les Monégasques héritent de City, prétendant légitime à la victoire finale. Mais les hommes de Jardim veulent y croire, eux qui réalisent une saison exceptionnelle et rêvent de mettre à mal la suprématie nationale du PSG. Fort d’une attaque tout feu tout flamme, le club princier voit également l’émergence d’un jeune joueur, prometteur, mais un peu en manque de temps de jeu : Kylian Mbappé. Néanmoins depuis la reprise, le coach portugais donne d’avantage de minutes à sa pépite formée au club, au point même d’aligner le futur Parisien pour ce choc sur la scène continentale, en compagnie du tigre, Radamel Falcao. Car il faut le dire, l’ASM se rend à l’Ethiad Stadium avec de l’ambition : celle de renouer avec son glorieux passé.

  • Les compos

 

  • Le match

Quelle intensité d’entrée ! Évidemment, City a le ballon, les hommes de Guardiola siègent autour de la surface de l’ASM. Mais les visiteurs profitent de chaque récupération pour se projeter rapidement vers l’avant, avec une paire de latéraux Mendy-Sidibé faite pour la transition rapide, et de redoutables manieurs de ballon comme Bernardo Silva ou Thomas Lemar. D’autant plus que le projet de jeu de Pep, en alignant seulement un milieu à vocation défensive (Yaya Touré), avait vraiment de quoi interroger. Les Monégasques en profitent et se créer des occasions en fin de premier quart d’heure, tout d’abord par Mendy bien décalé par Mbappé, qui bute sur Caballero. Puis par Glik esseulé à la retombée d’un corner, qui place sa tête à quelques centimètres du but du portier argentin, sans doute surpris de recevoir le ballon.

Et comme souvent en Ligue des Champions, la moindre erreur se paye cash. Après 25 minutes, Silva profite d’un contre favorable pour trouver Sané dans la surface coté gauche. L’international allemand prend le meilleur sur Glik et sert à hauteur Sterling qui n’a plus qu’à conclure. City est bel et bien lancé.

Sauf qu’il ne fallait jurer de rien avec cet AS Monaco là. 5 minutes plus tard, Fabinho, libre de tout marquage, prend tout son temps pour délivrer une merveille de centre au second poteau sur la tête de Falcao. Le Colombien ne se fait pas prier pour battre Caballero à bout portant et remettre les deux équipes à égalité ! Et puis, juste avant la mi-temps, Mbappé va entrer en action. Après une première frappe pied gauche en guise d’échauffement qui passera au dessus de la cage des Citizens, le natif de Bondy va régler la mire 4 minutes plus tard. Après s’être magnifiquement emmené le ballon sur une passe au dessus de la défense, sur une magnifique ouverture de Fabinho encore lui, Mbappé va tromper Caballero avec une sang-froid digne des plus grands. Un rebond, puis deux, et enfin une frappe enveloppée de l’intérieur du pied au premier poteau. L’Europe découvre le futur du football mondial.

crédit photo: Le Monde

Le match va de nouveau s’emballer, les Anglais étant obligés de se livrer. Si Agüero va être dangereux sur chaque ballon touché dans la surface, Falcao, juste avant la mi-temps, aura l’occasion d’un doublé après un bon service de Lemar coté gauche. Finalement, le score en restera là à la pause, et Monaco se laisse à rêver.

D’autant plus qu’à peine le retour des vestiaires effectué, sur un centre de Mendy à mi-hauteur, El Tigre obtient un penalty pour une faute d’Otamendi ! L’ancien de Porto se fait justice lui-même mais butte sur Caballero, peut-être perturbé par l’attente entre la faute et le tir. Et quand on dit que les erreurs se payent cash, ce n’est vraiment pas un euphémisme. Alors que l’on joue la 57e minute, City se prend au jeu de Monaco. Et sur un contre, Sterling trouve Agüero dans le dos de Raggi et Glik. La frappe des 20 mètres de l’Argentin semble anodine mais Subašić se troue et relance complètement les Mancuniens. Mais il était écrit que Falcao réussirait un grand match. Et à peine 3 minutes plus tard, le Colombien prouva pourquoi il était, fut un temps, considéré comme l’un de tous meilleurs attaquants du monde. À la lutte avec Stones pour récupérer un ballon aérien compliqué à négocier, il récupère le ballon dans les pieds du défenseur anglais, repique dans l’axe de la surface et au moment où l’on pense Otamendi et Sagna capables de revenir, envoie un délice de lob pour tromper une nouvelle fois Caballero. Un geste de très grande classe. 3-2 pour Monaco !

crédit photo : RTL

Malheureusement, les Monégasques se sont beaucoup donnés ; sans doute trop. Et le talent de City va finir par faire la différence. À 20 minutes du terme de la rencontre, c’est Agüero qui reprend de volée un corner de David Silva sur la droite, bien aidé par le marquage plus que douteux de Sidibé. 6 minutes plus tard, autre corner, même sanction. Ce coup là, c’est De Bryune qui le frappe, de l’autre coté, et trouve Yaya Touré. L’Ivoirien dévie le ballon qui termine sa course au second poteau. John Stones, pas à la fête défensivement, esseulé lui aussi, trompe facilement Subašić.

Cela devient trop facile pour City qui va même inscrire un dernier but, David Silva effectuant une petite louche pour trouver Agüero dans le dos de Sidibé, sur la gauche de la surface de réparation. Raggi est trop loin pour intervenir. Le Kun trouve Sané à auteur qui n’a plus qu’à pousser le ballon dans le but.

crédit photo: bitterandblue

Dur mais tellement logique tant l’ASM a donné. Et tant Jardim a tardé à envoyer du sang neuf (premier changement à la… 79e). De plus, Falcao sur un énième centre de Mendy à ras de terre eut l’occasion du triplé. Mais Caballero, pour une fois, a fait opposition. Monaco peut avoir des regrets. Car il y avait la place de mieux faire. Malgré tout, c’est cette rencontre qui entrainera un match retour que l’on connait, puis la petite épopée que vivra l’AS Monaco, avec un parcours stoppé en demi-finale par la grande Juve.

Que le football est beau à vivre quand les deux équipes jouent pour gagner et nous offrent un spectacle mémorable : de l’intensité, des buts, du spectacle. Voilà pourquoi le football est le plus beau sport du monde.

 

  • Le jeu

De prime abord, la compo et les choix tactiques de Guardiola pouvaient laisser perplexe. Fernandinho latéral, un seul milieu récupérateur qui s’apparente au passage plus à un relayeur, une équipe résolument tournée vers l’offensif. Le technicien mancunien est-il au courant qu’il affronte la meilleure attaque d’Europe ? Alors certes, les Citizens vont s’imposer par deux buts d’écart, mais ils auront été en grande difficulté pendant une bonne heure. Il ne doivent leur salut qu’à l’énorme baisse de régime monégasque. Car les hommes de Jardim ont exploité à merveille les transitions offensives se projetant rapidement vers l’avant, avec des latéraux ultra joueurs, un Bernardo Silva rayonnant balle au pied et une paire d’attaquants de grande classe. Coté City, la domination ne fut pas stérile, bien au contraire. De Bryune et David Silva ont, comme à l’accoutumée, magnifié le jeu de leur équipe. Sané a été altruiste et Agüero, qui restait sur une (trop) longue disette, y est allé de son doublé. Mais le mal était fait ; dangereux sur chaque récupération, l’ASM a scoré à 3 reprises et fait le plus dur avant le match retour. Sauf qu’à l’instant T, personne ne le savait encore.

 

  • L’homme fort

Bien sûr, Agüero, double buteur, danger permanent, mériterait ce titre honorifique. David Silva ou Leroy Sané ne seraient pas en reste. Coté monégasque, Falcao, lui aussi auteur d’un doublé dont un but sensationnel, aurait pu y prétendre. Mais un joueur s’est révélé aux yeux de l’Europe : Kylian Mbappé. À 18ans et 2 mois, il est devenu le deuxième plus jeune buteur de l’histoire de la Ligue des champions. Préféré à Valère Germain, il a livré 75 minutes très intéressantes pour un joueur sans référence à ce niveau. Buteur, il aurait même pu réaliser un doublé. Ses appels en profondeur, sa générosité, ses déplacements ont fait mal à une défense de City comme toujours en difficulté sur les transitions rapides. C’est ce 21 février 2017 qu’est vraiment née la future star Kylian Mbappé.

Prochain match demain, FC Barcelone – Real Madrid 2010

Crédit photo: 20minutes



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