L’analyse tactique de PSG – ASSE

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Franck Fife - AFP
Ligue 1

Faisant office de reprise des matchs officiels dans l’Hexagone, la finale de la Coupe de France a été remportée par le Paris Saint-Germain. Analyse tactique d’une rencontre assez décevante du côté parisien, mais qui pourrait en revanche s’avérer fondatrice pour le Saint-Etienne de Claude Puel.

 

A l’image du résultat final, les formations initiales n’ont pas créé la stupéfaction. Au coup d’envoi, le PSG se présente avec un 4-4-2 devenu classique depuis plusieurs mois de compétition. Seul fait notable, la titularisation de Leandro Paredes, préféré à Marco Verratti.

 

Du côté des Verts, Claude Puel opte pour un 4-2-3-1, notamment animé par la présence d’Yvann Maçon sur le couloir droit et celle de Romain Hamouma à la pointe de l’attaque.

 

Paris en manque de créativité et d’intensité…

Dans les premiers instants de la rencontre, les Parisiens affichent une volonté de prendre leur adversaire à la gorge en imposant un pressing haut.

 

Cette intensité s’affaiblie toutefois rapidement, laissant alors entrevoir un PSG en manque de dynamisme. Un constat affiché non seulement lors de la reconquête du ballon, mais également en possession de celui-ci. Les hommes de Thomas Tuchel manquent de dynamisme dans leurs mouvements, notamment entre les lignes, pour proposer une solution au porteur.

 

Pour tenter de maintenir la relation entre l’entrejeu et le quatuor Neymar-Mbappé-Icardi-Di Maria, c’est ce dernier (cercle bleu) qui joue à plusieurs reprises un rôle de relais. L’Argentin a ainsi délivré trois passes clés*, plus haut total de son équipe. 

 

A son tour, Neymar décroche lui aussi de sa position pour initier les offensives et apporter du rythme à un jeu parisien qui en manque cruellement. En témoigne sa carte de chaleur, révélant un positionnement moyen très axial et relativement bas. 

Crédits carte : WhoScored.com

 

Cependant, l’intensité de l’animation autour de lui (cercle jaune) est insuffisante pour créer des décalages et dynamiter la possession parisienne par du jeu court.

 

En effet, les attaquants de la capitale sollicitent très souvent le jeu long, à l’image de cette action. Ici, Mauro Icardi et Pablo Sarabia (cercle bleu) font le même appel en profondeur.

 

…face à une ASSE solide et compacte

Des difficultés à évoluer par des transmissions courtes également montrées en début de rencontre. Saint-Etienne n’hésite alors pas à aller chercher haut le PSG et à le mettre en difficulté dans la première relance.

 

Si les joueurs de la capitale parviennent tout de même à progresser sur le terrain, la densification de l’axe par les Verts ainsi que leur positionnement et leur orientation du corps obligent le Paris Saint-Germain à tenter de trouver la solution par les ailes.

 

Cependant, le bloc stéphanois est percé par une accélération soudaine de Kylian Mbappé (cercle rouge). Un coup de rein faisant suite à un coup franc joué rapidement qui met en exergue un défaut d’organisation au sein de la défense du Forez. Loïc Perrin (cercle noir) décide de s’avancer pour cadrer, non sans un certain manque de vivacité, Angel Di Maria (cercle bleu). Mais le capitaine se retrouve alors aux côtés de son coéquipier Timothée Kolodziejczak, laissant un espace conséquent dans son dos parfaitement exploité par l’attaquant français après une remise en première intention de son partenaire.

 

En possession du ballon et bien que se procurant des occasions de but, notamment par l’intermédiaire de Denis Bouanga, Saint-Etienne manque d’explosivité lors des transitions offensives. Sur une accélération après avoir récupéré le ballon, Timothée Kolodziejczak ne bénéficie ici que de très peu de soutien. Plusieurs de ses partenaires font le choix de ne pas l’accompagner et ne profitent pas d’une possible désorganisation parisienne.

 

Sans toutefois modifier drastiquement la physionomie de la rencontre, l’expulsion de Loïc Perrin à la demi-heure de jeu change la disposition de ses coéquipiers. Evoluant en 4-2-3 en phase offensive, les Stéphanois parviennent tout de même à apporter le danger aux abords de la surface de réparation de Keylor Navas.

 

Preuve d’une réelle possibilité d’aller égaliser, le remplacement de Mathieu Debuchy par Jean-Philippe Krasso fait évoluer les Verts en 3-4-2 durant les dix dernières minutes pour tenter d’accrocher les prolongations.

 

Mais c’est davantage sans le ballon que les Verts ont livré une véritable leçon d’abnégation et de discipline tactique. En 4-4-1, ils ont rendu le PSG quasi-inoffensif, ne laissant presque aucun espace exploitable par leurs adversaires.

 

Neyou attrayant, Fofana impérial

Plusieurs performances individuelles remarquables sont venues saupoudrer la prestation collective de l’ASSE. Au-delà de l’excellent match de Jessy Moulin et de l’habituelle bonne copie rendue par Denis Bouanga, Yvan Neyou (cercle blanc) a marqué la rencontre de son empreinte. Arrivé il y a quelques semaines en provenance de Braga, le milieu de terrain se met en lumière dès son entrée en jeu (46e) en apportant de la disponibilité pour ses coéquipiers et une mobilité que ne semble pas avoir Yann M’Vila.

 

Balle au pied, il affiche de réelles capacités pour se retourner et s’orienter dans le sens du jeu.

 

Un cran plus bas, c’est Wesley Fofana qui a éclairé cette finale de son talent. Efficace dans la relance, le défenseur central formé à Saint-Etienne a surtout assuré son rôle de dernier rempart grâce à un sens aiguisé du placement et de l’anticipation. Ce retour capital sur Mauro Icardi symbolise son match de haute volée. 

 

Bien que remportée, cette finale n’a pas été le théâtre d’un PSG très inspiré. En revanche, les Verts pourront s’appuyer sur la discipline collective et les grandes satisfactions individuelles pour aborder la saison à venir avec confiance.

 

*Statistique fournie par WhoScored.com. Définition donnée par le site : “la dernière passe délivrée avant le tir d’un coéquipier”.

Crédits images de jeu : beIN Sports UK & France Télévisions

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