PSG : Constat d’un échec

Seulement quelques jours après la nouvelle désillusion au Parc des Princes en Ligue des Champions, le PSG se remet peu à peu la tête à l’endroit. Ce nouvel échec met en lumière certains points à éclaircir du côté parisien. Causes, effets secondaires, conséquences, état des lieux sur la gueule de bois du Paris Saint-Germain.


Inattendu

Se sont-ils vus trop beaux ? Ont-ils trop pris le match à la légère ? Déjà non. On va remettre les points sur les “i” pour commencer. Le match de Manchester est en tout point différent de celui face à Barcelone. Le match de la semaine dernière relève plus de l’irrationnel que de la faute professionnelle (sauf pour certains). C’est une anomalie, le genre de match que Paris gagnerait 99 fois sur 100 rencontres.Malheureusement pour le PSG le problème semble plus profond que la simple défaite sur ce match. Même si ce match reflète quelques maux du club de la capitale, le match en lui même n’est pas un bon indicateur pour taper sur le PSG.

Le PSG s’est parfaitement relevé de l’ouverture du score, a enchaîné les temps forts, maîtrisé sa partition de bout en bout. Seulement voilà, quelques prestations individuelles ont plombé la qualification (Buffon, Kehrer, Mbappé). La gestion de la fin de match est troublante pour ma part, en se ruant à l’attaque ou en perdant des ballons dans la surface au lieu d’infliger de grandes séquences de conservation notamment avant le penalty. Enfin, je ne referais pas l’histoire et les problèmes sont autres qu’une simple possession du ballon.

Un recrutement défaillant

Thomas Tuchel n’a cessé de le répéter, le mercato n’a pas été fait pour couvrir les besoins de l’effectif parisien. Le déséquilibre règne, les joueurs offensifs s’empilent pendant que les milieux de terrain qui ont quitté le club, ne sont pas remplacés. Le recrutement le plus défaillant dans son utilisation reste celui de Buffon. Dans le fond cela reste une bonne idée, mais dans sa mise en place, cela pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Aréola n’est plus titulaire et ne joue même pas en LDC, sa progression est freinée. Buffon n’est pas non plus irréprochable et l’est encore moins sur le match de Manchester. On reprochait des erreurs à Aréola qui fait une bonne saison et qui a progressé depuis son retour dans son club formateur, quand Gigi les reproduit dans les moments importants.

Crédit photo / Foot 01

Hors de ce simple problème de gardien, vient la question du leadership. Nous avons pu voir que le problème ne vient pas foncièrement du coach. Tuchel a de la poigne et de la rigueur. Ces intentions ont été bonnes contre Manchester et la dictature du résultat de notre époque ne retiendra sans doute pas le processus et c’est bien dommage. Buffon est censé apporter son expérience et son leadership au PSG, mais au final c’est lui qui avait le plus peur à la mi-temps du match face à United. Place maintenant au capitaine. Toutes les personnes qui critiquent Thiago Silva ont sans doute de bonnes raisons, mais ne comptez pas sur moi pour l’enterrer.

Thiago Silva, la cible facile

Depuis la Coupe du Monde 2014, cette étiquette de joueur fragile lui colle à la peau. Néanmoins, Thiago Silva reste un véritable révélateur dans une discussion de football. O Monstro est l’un des trois meilleurs défenseurs centraux n’en déplaise à certains. TS est un leader apprécié de ses paires, un joueur extraordinaire, et beaucoup de choses fausses ont été dites à son sujet. Le capitaine parisien ne peut pas être responsable des erreurs de ses partenaires.

Quand Kehrer fait une mauvaise passe en retrait, ce n’est pas de la faute de Thiago Silva, quand Kimpembe fait une main dans la surface, ce n’est pas de la faute de Thiago Silva. Lorsque Meunier tacle de la tête à Barcelone, ce n’est pas de la faute de Thiago Silva. Quand le Brésil perd 7-1 face à l’Allemagne, ce n’est pas de la faute de TS puisque ce dernier n’était tout simplement pas sur la pelouse, étant suspendu. Le raccourci est beaucoup trop simple de mettre sur le dos du brésilien tous les problèmes du PSG. Personne ne parle de l’influence de Thiago sur Marquinhos et Kimpembe qui ont la chance de côtoyer ce joueur au quotidien. Ce dernier n”est pas étranger à la progression des deux jeunes centraux devenus depuis des hommes forts du PSG.

Le jour d’après

Comment se relever après une nouvelle débâcle ? Comment parler aux supporters ? Seuls Tuchel, Marquinhos et Thiago Silva se sont exprimés à la fin du match. Mbappé et Kimpembe ont fait le choix de s’expliquer dans des médias différents. Est-ce qu’il y’a une bonne manière de s’exprimer après Manchester, je ne pense pas. Avec la tension actuelle et la colère compréhensible des supporters, la meilleure chose aurait été de faire profil bas à partir de jeudi matin. J’entends par là “On parle mercredi soir après le match, on a fauté, maintenant au travail”.

Au final, la communication ne semble pas cohérente entre les uns et les autres. L’exemple le plus criant étant celui de Kimpembe qui déclare qu’ils ont peut-être pris le match trop à la légère. Tais-toi si c’est pour dire ça ? Les joueurs du PSG ont-ils vraiment besoin de remettre de l’huile sur le feu. Pardon, assomption, discrétion. Trois mots qui devraient résonner au Camp des Loges.

Un été charnière

J’ai l’impression de l’entendre chaque année, mais cet été sera charnière pour le PSG, mais cela semble plus vrai que jamais pour cet été 2019. Paris aura des choix forts à faire. Tuchel a déjà assuré qu’il voulait s’inscrire dans la durée avec le club parisien et c’est une bonne nouvelle. Le premier choix fort sera de vraiment lui donner les clés du camion. Fini Antero Henrique dans ses pattes et maintenant on donne au coach allemand les recrues qu’il aura attendu un an. Deuxième point, le cas Neymar : le Brésilien se sent frustré de ne pas pouvoir jouer les matchs décisifs avec son club. La mission numéro une est dans le garder et de le rassurer. Une telle étoile se doit de briller et lorsque l’occasion se présentera, nul ne doute que Neymar prendra ses responsabilités pour porter le PSG.

Troisième point, quid de Mbappé et Cavani ? Est-ce que cette association est vouée à durer ou le moment n’est-il pas venu pour installer Mbappé en pointe malgré sa prestation face à Manchester ? Côté arrivées, des milieux de terrain sont donc attendus, des vrais joueurs de compléments et d’expérience également. Ce PSG semble un peu trop lisse, trop gentillet sur le terrain. Hors pour gagner une Ligue des Champions, il te faut un ou deux joueurs prêt à se sacrifier comme le font si bien des Ramos ou des Vidal. Enfin, installer un gardien dans la durée, que ce soit Aréola ou un autre, mais certainement pas Buffon.

Pour avancer il faut savoir échouer et se relever. C’est dans la défaite que l’on apprend le plus. Ces dictons s’appliquent à Paris. Le PSG doit apprendre. Apprendre à être une équipe, un groupe prêt à défendre des objectifs communs. La Ligue des Champions viendra quand le PSG sera prêt à accepter ses moments durs comme ceux d’aujourd’hui. Accepter d’avoir été la risée de l’Europe deux fois en trois ans. Le pardon, assomption, discrétion d’aujourd’hui mèneront peut-être demain le PSG, à sa Ligue des Champions tant rêvée.

Crédit photo / Le Parisien


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Stevan Jovetic FC

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