PSG – le bilan : Paris tourne en rond

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Ligue 1

Chaque été c’est la même rengaine au PSG, qui constate sa domination toujours plus grande sur le championnat français en même temps que son incapacité à briller sur la scène européenne. Les médias se demandent alors quelle autre star va venir agrandir le cheptel parisien, et les supporters se mettent à rêver à l’homme providentiel qui les sortirait de cette spirale infernale. Cette année fut comme toutes les autres depuis le début de l’ère QSI, et c’est donc l’heure du bilan.

Pour compléter le podium de cette saison, vous pouvez d’ores et déjà lire le bilan de la saison du LOSC et de l’OL.

Un premier bilan sur le plan sportif

Crédit photo : LP/Arnaud Journois

Comme depuis plusieurs années, tout dépend à quelle échelle on choisit de se placer pour parler de la réussite ou non de la saison du PSG.
Sur le plan national, malgré quelques accrocs on va le voir, le job est fait : un 6e titre de champion de France sous l’ère qatarie, acquis assez aisément. Avec 91 points, soit 16 de plus que son dauphin, le LOSC, le club de la capitale n’a jamais vraiment tremblé. Le scénario écrit d’avance en août s’est bien vérifié en mai : les Parisiens ont occupé la place de leader du championnat de la 2e à la 38e journée.
Trois points noirs cependant : les deux échecs en coupes nationales d’abord, Guingamp (en quart de finale de Coupe de la Ligue, 2-1) puis Rennes (en finale de la Coupe de France, 2-2, 6-5 t.a.b) ayant éteint tour à tour les espoirs de triplé des hommes de Thomas Tuchel, suivis d’une fin de championnat en roue libre où Paris n’a gagné que quatre matches sur ses dix dernières sorties (pour quatre défaites et deux nuls)
De toute façon, les titres nationaux apparaissent chaque année comme du Mercurochrome sur la jambe de bois du PSG, qui continue de boiter en Ligue des champions.
Cette fois, comme toutes les autres auparavant, se devait d’être différente pourtant. En premier lieu car la saison précédente la star brésilienne Neymar était absente lors de la double confrontation face au Real Madrid en huitième de finale. Cette année le club allait donc pouvoir lutter avec toutes ces armes au meilleur des moments.
Un changement (de taille) dans le scénario immuable des campagnes européennes du PSG s’est pourtant produit, et ce dès la fin août, avant-même le début de la cuvée 2018-2019 : exit les phases de poule bateau, cette année Paris allait devoir trimer dès son premier match pour espérer sortir de son groupe. Placé avec Liverpool et Naples, les Parisiens n’étaient pas assurés comme chaque année de finir au minimum deuxièmes. Malgré cela, le PSG a arraché la première place de sa poule et on a commencé à croire que l’histoire était peut-être en marche. Mais vous connaissez la musique, le huitième de finale retour face à MU au Parc a ramené tout le monde à la réalité, et ce sont bien les Anglais qui s’en sont allé se faire dérouiller par le Barça en quart.
La vie est donc un éternel recommencement pour le PSG, qui a beau changer d’entraîneur et ajouter encore plus de star à son effectif, mais qui semble englué dans une triste fatalité, celle de ne jamais dépasser les quarts de C1.
Pourtant le sport ne connaît pas ce genre de malédiction et toute série a forcément une fin, parlez-en au Stade Rennais, il faut juste espérer pour Paris que cela ne dure pas 48 ans…

Le conseil de classe des joueurs (qui ont majoritairement joué) 

Crédit photo : Getty Images

Gianluigi Buffon: A-t-il été contaminé par la maffre ambiante régnant au club ou a-t-il tout simplement choisi de quitter son club de toujours, la Juve, au meilleur des moments ? Toujours est-il qu’après quatre mois convaincants, lui qui avait été recruté pour apporter de l’assurance à une équipe qui en manquait dans les instants décisifs, a craqué au pire des moments face à MU, précipitant l’élimination de son club.

Alphonse Areola: Jamais inquiétant mais jamais vraiment rassurant, la venue de Buffon devait lui permettre de passer un cap et de se surpasser, elle a juste divisé son temps de jeu par deux.

Marquinhos: S’il ne fallait en garder qu’un…  Outre ses indéniables qualités défensives, le Brésilien a montré un état d’esprit irréprochable. Le véritable taulier de l’équipe.

Thiago Silva: Toujours les mêmes problèmes: O Monstro face à Dijon, Guingamp et Marseille, mais à peine un petit yorkshire dans les grands moments. Il faudrait peut-être songer à tourner la page.

Thilo Kehrer: Dégager aussi peu d’assurance dans une défense qui passe la plupart du temps un match très paisible relève de l’exploit.

Presnel Kimpembe: Une saison à oublier pour le champion du monde français. Il faudra dès l’année prochaine montrer un autre visage, au risque de de devenir un titulaire indiscutable du FC surcôté.

Thomas Meunier: Barré par Dani Alves, le Belge a montré de belles choses quand on lui a donné sa chance. Mais ça risquait fort d’être sa dernière saison au club.

Juan Bernat: Après des débuts compliqués l’ancien latéral du Bayern a plutôt tenu la baraque. Malgré quelques errements défensifs, ses buts décisifs en C1 pour relancer Paris plaident en sa faveur.

Dani Alves: Comme quoi ça sert d’être le copain de Neymar… Le Brésilien a bénéficié du totem d’immunité toute la saison, et qu’importe si ses performances étaient à la limite du risible ou que Thomas Meunier enchaînait les bonnes prestations quand on faisait appel à lui.

Layvin Kurzawa: Blessé une grande partie de la saison, il est revenu pour reprendre sa place en Bleu.

Colin Dagba: Ses bonnes sorties ont convaincu son coach Thomas Tuchel de lui donner de plus en plus de temps de jeu, à surveiller dans les mois à venir.

Marco Verratti: “Petit hibou” ne changera jamais: magnifique à voir jouer, précieux au milieu, l’Italien ne pèse pourtant jamais assez lourd dans le jeu Parisien.

Leandro Paredes: Arrivé à l’hiver pour renforcer un milieu de terrain plus que dégarni, l’ancien du Zénith a déçu, battant le record d’Adrien Rabiot du nombre de passes en retrait en une saison.

Angel Di Maria: Peut-être le meilleur au PSG cette année, ou du moins le plus régulier et le moins décevant avec 19 buts et 16 passes décisives en 45 matches T.C.C.

Julian Draxler: Tant de qualité pour un tel résultat… Une saison en forme de gâchis pour le milieu de la Nationalmannschaft.

Christopher Nkunku: Souvent aligné sur l’aile gauche, le jeune Parisien a plutôt rendu une belle copie, sans non plus avoir été particulièrement brillant (ni très souvent aligné).

Adrien Rabiot: À la cave depuis décembre, il aura davantage fait parler de lui dans les médias que sur le terrain, même si ce n’est pas entièrement de sa faute.

Kylian Mbappé: Saison pleine en Ligue 1 avec 33 buts, il a lui aussi failli lors de ce satané huitième de finale retour de C1, une vraie tâche sur une copie qui aurait sans cela été quasi parfaite.

Edinson Cavani: On doutait de sa complémentarité avec Neymar et Mbappé et on l’a même un temps annoncé partant à l’hiver, mais El Matador a répondu sur le terrain avec 23 buts et 7 passes décisives en 33 matches.

Neymar Jr: Les chiffres ne veulent pas tout dire : avec 23 buts et 11 passes décisives en 28 matches joués, le génie brésilien possède un ratio plus qu’impressionnant. Mais il souffre d’une PSGite aigüe : fort avec les faibles et faible avec les forts. Sa rechute quand son club avait besoin de lui continue de poser question sur sa réelle implication (ou alors il va sérieusement fallloir penser à recruter un marabout à temps plein au Camp des Loges).

Moussa Diaby: De belles promesses entrevues même si son rendement statistique laisse clairement à désirer (4 buts et 7 passes décisives en 34 matches), à voir.

Eric Maxim Choupo-Moting: Le Camerounais a plus souvent fait rire le public que peur aux défenses malheureusement. Appelé à être la doublure de Cavani en pointe, il n’aura pas du tout convaincu malgré une côte de sympathie restée intacte.

Le conseil de classe des dirigeants 

Crédit photo : Anthony Dibon/Icon Sport

Nasser al-Khelaifi : Et si cette année marquait définitivement la mort de son projet ? Son PSG renouvelle chaque année les mêmes erreurs et ne progresse donc plus. Le club aurait bien besoin d’un grand ménage et peut-être que son président devrait faire partie du lot… Après tout, ces échecs répétés sont avant tout les siens, et la meilleure des solutions pour l’homme d’affaire qatarie est peut-être tout simplement de démissionner. Incapable de peser sur les résultats de son club, pas très doué pour la communication de crise, accusé par certains de favoriser certains joueurs au dépend d’autres sur des critères uniquement affectifs, ça sent le sapin pour al-Khelaifi. D’autant plus que les affaires extra-sportives qui ont fait leur apparition en fin de saison ont de quoi l’affaiblir encore un peu plus. Le retour de Leonardo pour la saison prochaine est donc une excellente nouvelle pour lui, qui devrait prendre un peu de recul, au moins le temps de régler ses problèmes personnels.

Thomas Tuchel : Arrivé en héros cet été, il devait être l’entraîneur exigeant capable de faire enfin passer un cap au PSG. Force est de constater que c’est raté. L’ancien du Borussia Dortmund a en effet fait preuve de caractère vers mars-avril en choisissant de convoquer un groupe réduit à chaque match pour protester auprès de ses dirigeants contre le manque de profondeur de son banc mais c’est à peu près tout. Mis à part cela, on n’a pas vraiment vu la patte Tuchel, censée remettre certaines choses à l’endroit, et, pour le moment, l’Allemand ne fait pas mieux que ses prédécesseurs. Il fait même pire si on considère ses campagnes en coupes nationales. Néanmoins à sa décharge, ses très nombreux désaccords avec son directeur sportif Antero Henrique et l’avalanche de blessures à laquelle son groupe a dû faire face ont certainement réduit sa marge de manœuvre. On verra sûrement la saison prochaine ce que peut vraiment amener le coach allemand.

Antero Henrique : Désaccords internes avec son coach, un recrutement loin d’être à la hauteur, une invisibilité dans les médias : on a du mal à voir la plus-value apportée par l’ancien du FC Porto.

Et pour la saison prochaine ?
Quand Nasser t’annonce que tu pars jouer au Real et au Barça
Crédit photo : Anthony Dibon/Icon Sport)

Le PSG est dos au mur : après plusieurs échecs successifs, c’est peut-être l’heure de la remise en question du projet global. Empiler les joueurs bankable ne suffit visiblement pas à gagner la Ligue des champions et il va donc falloir décider d’un plan sportif clair et efficace.
Le retour aux affaires de Leonardo, vraisemblablement à la place de Henrique va plutôt dans ce sens-là. Reste à savoir comment le club de la capitale va gérer le mercato estival qui sera comme toujours chargé.
Faut-il tout changer et pousser dehors les premiers arrivés, ceux qui représentent tous ces échecs européens (Thiago Silva, Marquinhos, Verratti, Cavani, Di Maria… ) pour reconstruire avec des hommes frais ? Faut-il au contraire persister et s’appuyer sur un socle de joueurs présents au club depuis longtemps en y ajoutant quelques nouveaux noms ronflants ?
C’est à ces questions que Paris devra répondre, tout en tentant de garder ses joyaux, convoités par les plus grands clubs européens. Deux en particulier feront objet de toutes les attentions : Neymar et Mbappé.
Si une vente du Brésilien, véritable tête de gondole médiatique et commerciale du projet qatari semble peu probable, tant cela représenterait un désaveu de tout ce qui a été entrepris jusque-là, celle du jeune ailier français est davantage envisageable, si tenté qu’un club y mette le prix.
Le départ de Gianluigi Buffon, un an seulement après son arrivée et une saison aussi compliquée, représente déjà en soi un échec. Aux dirigeants parisiens maintenant de décider comment ils veulent procéder avec le poste de gardien : vont-ils installer une véritable hiérarchie et avec qui en numéro 1 ? Doivent-ils recruter une pointure ou faire confiance à Areola ? Que faire de Kévin Trapp, de retour de prêt cet été ?

Après une année contrastée l’été s’annonce donc mouvementé au club et on risque d’avoir l’occasion de parler du projet parisien encore de nombreuse fois d’ici la reprise du championnat. Que ce soit au rayon départs ou arrivées, le PSG fera la une des médias une grande partie du mercato.

 

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