Biathlon

Relais – La Norvège et l’Allemagne emportent tout sur leur passage

Je n’y avais jamais réellement fait attention, mais le biathlon a une dramaturgie telle que les meilleurs scénaristes du Monde ne sauraient penser à écrire des scénarios à la hauteur du suspens que la discipline peut nous offrir. Il existe bien cette pointe d’incertitude sur les skis, due aux états de forme, aux tactiques de course comme partir et tout donner trop vite ou un mauvais fartage, mais ce qui donne toute cette saveur à cette discipline particulière

Je n’y avais jamais réellement fait attention, mais le biathlon a une dramaturgie telle que les meilleurs scénaristes du Monde ne sauraient penser à écrire des scénarios à la hauteur du suspens que la discipline peut nous offrir. Il existe bien cette pointe d’incertitude sur les skis, due aux états de forme, aux tactiques de course comme partir et tout donner trop vite ou un mauvais fartage, mais ce qui donne toute cette saveur à cette discipline particulière est bien ce qui se passe sur le pas de tir. Surtout quand les conditions sont dantesques, comme se fut le cas aujourd’hui, pour le relais masculin. Entre belles surprises, couacs techniques et retournements de situation, ce non-blockbuster a été riche en sensations.

C’est par -10°C que le relais masculin a donc eu lieu. Comme au départ de chacun d’entre eux, les équipes favorites sont en général toujours les mêmes, la Norvège, la France, l’Allemagne, la Russie, l’Autriche voire l’Italie quand ses membres ont parfaitement réglé la mire au tir. Néanmoins, il était à noter que les deux premières composaient avec une formation “bis”. Les Norvégiens sans les Bø ni Svendsen, alignaient Bjørndalen, L’Abée Lund, Birkeland et Bjørntegård et les Bleus sans les Fourcade, présentaient Simon Desthieux, Jean-Guillaume Beatrix, le jeune Emilien Jacquemin et Quentin Fillon Maillet. Deux relais qui pouvaient néanmoins, tout à fait prétendre au podium.

Mais c’est une équipe inattendue qui s’est montrée lors des deux premières rotations puisque ce sont les… Belges qui se sont invités dans les toutes premières positions!!! En effet, l’expérimenté Michael Roesch a fait le job durant tout son relais avec seulement deux pioches et en tenant la dragée haute au vétéran Bjørndalen, très limité physiquement. L’ex-Allemand a même pu se permettre le luxe de passer la main à Florent Claude, lui aussi naturalisé, en tête. Le frère du jeune Jurassien Fabien Claude, vainqueur en IBU Cup, l’anti-chambre de la Coupe du Monde a continué sur la même lancée en terminant son relais en deuxième position, toujours derrière la Norvège. Les conditions commençaient déjà à se dégrader depuis le premier debout, mais les deux nations réussirent à passer entre les rafales lors de celui-ci et à gérer lors du couché et du debout suivant. L’autre surprise est venue de la Suisse avec notamment, l’excellent Benjamin Weger, magistral au tir.

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Michael Roesch, le chef de file de l’équipe belge (crédit photo: belgium-biathlon.be)

Lors du troisième passage, le Belge Tom Lahaye craqua complètement en skis, mais aussi devant les cibles (trois tours); Non-formé dans les girons nationaux allemands et français, il n’a l’expérience et la technique du niveau des grosses équipes. Le Suisse Jérémy Finello pris également une bonne claque avec également trois tours de pénalité. Et c’est l’Allemagne et la France qui profitèrent des mésaventures de ces deux garçons, ainsi que d’une mauvaise éjection d’une pioche du Russe Babikov qui lui fit perdre. Les Bleus avaient très mal débuté avec le mauvais relais de Jean-Guillaume Beatrix. Mais grâce donc, aux mésaventures, contre-performances et mauvais tirs de biathlètes devant eux, ils purent refaire un retard qui leur vaudra de monter sur la boîte, malgré une frayeur pour Quentin Fillon Maillet lors de son début où il dut tourner. Le Suédois Fredrik Lindström qui le collait aux basques sur le pas de tir et qui avait l’occasion de lui  chiper la troisième place, rata lui aussi une cible après trois pioches et se contenta également de 150 mètres supplémentaires. Et les Norvégiens dans tout ça, me direz-vous??? Et bien, pour eux, pas de suspens, mais plutôt du Fast and Furious. Inaccessibles depuis bien longtemps, ils ont, avec seulement neuf pioches, écrasé de leur talent le tir, malgré le vent tourbillonnant et le froid, et ont laissé leurs poursuivants à près de deux minutes à l’arrivée.

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L’équipe B de Norvège, l’autre tempête de ce relais (crédit photo: IBU)

Ce fut la même chose pour les Allemandes qui ont également écoeuré la concurrence malgré une équipe d’Ukraine très adroite (cinq pioches seulement). C’est en skis que les filles d’Outre-Rhin ont forgé leur succès, sans Denise Herrmann mais avec Laura Dahlmeier, et les trois autres H, Vanessa Hinz, Maren Hammerschmidt et Franziska Hildebrandt Les Françaises terminent également troisième grâce à un dernier relais de folie d’Anaïs Bescond, qui a remonté cinq places et ce, malgré le tour de pénalité de Marie Dorin Habert pour coiffer la Russie presque au poteau.

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Les Allemandes victorieuses du relais féminin (crédit photo: IBU)

L’Allemagne et la Norvège sont donc leaders de leur classement de relais respectifs. Les prochains auront lieu en janvier lors des étapes allemandes d’Oberhof et de Ruhpolding où l’ambiance s’annonce bouillante. En attendant, les biathlètes vont prendre la route pour un endroit à l’atmosphère tout autant explosive, le Grand-Bornand pour l’unique étape française et où la neige est là aussi très présente, comme dans tout l’arc alpin – ce qui n’a pas toujours été le cas pour le village des Aravis qui a déjà vu son rendez-vous bisannuel annulé en 2015 par manque de poudreuse. Sprint, poursuite et première mass-start de la saison seront au programme.



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