Rendez-vous à la table des grands…

Pourtant moins attractif que d’autres affiches qui semblent plus excitantes, cette confrontation entre Portistas et Reds s’annonce pourtant explosive, deux équipes ayant connu une période de trou d’air sur les dernières campagnes de Ligue des Champions, et qui connaissent un véritable renouveau cette saison, en plus d’être des acteurs historiques du football européen. Action, ça tourne !

→ Côté Porto : mais jusqu’où iront-ils ?

En ce mois de février 2018, le socio du FC Porto est un supporter conquis. Car oui, le club de la Cidade Invicta est redevenu une terreur, sur laquelle personne ne veut tomber, aussi bien en championnat national que sur la scène européenne. Boostés par l’arrivé d’un Sergio Conceiçao qui n’en finit plus de bluffer, mais surtout de convaincre, les azul e branco font preuve d’un esprit collectif exceptionnel, conforme aux valeurs de dépassement de soi et de détermination du club comme le confirme la maxime « Pendant que Lisbonne se fait belle, que Coimbra étudie, Braga prie et Porto travaille ». Des valeurs que portent aujourd’hui les onze joueurs alignés à chaque match, et qui fait du FC Porto une des meilleures défenses européennes cette saison, et qui permettent aux artistes, aux talents de l’équipe de se mettre en évidence.

Et lorsque l’on parle de talent, difficile de ne pas évoquer Yacine Brahimi. Quasiment mis au placard la saison dernière, l’Algérien est plus fort que jamais : ses points forts de vitesse, de prise d’espaces et d’élimination ? Encore meilleurs. Les critiques de nonchalance et d’individualisme ? Oubliées. Aujourd’hui, Brahimi est un joueur complet, toujours plus brillant balle au pied, et possédant un bagage tactique et mental lui permettant d’être utile quelque soit la situation du match à l’instant T. Il ne lui reste qu’une chose, confirmer sur la scène européenne. S’il y arrive, il fera partie des meilleurs, et c’est tout un peuple qui le poussera ce mercredi.

Mais d’autres, aussi, on retrouvé leur éclat grâce à l’immense travail de Conceiçao. Aboubakar, Herrera, Sergio Oliveira, Marega… autant de noms qui suscitaient, il y’a encore peu, les moqueries voire la colère des habitués de l’Estadio do Dragao, souvent à juste titre. Aujourd’hui intégrés dans un collectif poli, ils atteignent chacun le niveau espéré, s’exprimant dans un cadre tactique polymorphe en fonction de l’adversaire ; capable d’outrageusement dominer ses matchs face aux équipes inférieures, l’escouade portista est aussi capable, comme face à Monaco lors de la phase de poules, d’être moins proactifs dans le jeu, tout en posant un bloc compact assez haut et foudroyer l’adversaire en transition, notamment grâce à la verticalité du trio Marega/Aboubakar/Brahimi. Un aspect tactique qui sera primordial, tant les Reds souffrent dans ce domaine…

→ Côté Liverpool : un statut à assumer

Non, le Pool de Jurgen Klopp n’est plus un enfant, même s’il en a encore parfois le comportement. Bien plus sérieux que les saisons précédentes, les partenaires de Mohamed Salah ont sur le papier un potentiel bien plus important que son adversaire du soir…potentiel cependant annoncé depuis un certain moment, et qui tarde à se confirmer. Cela s’explique en partie par l’échelonnement constant des picks de formes : alors que Sadio Mané a brillé de milles feux lors de la première partie de saison, c’est beaucoup plus compliqué pour le Sénégalais, tandis que Salah a pris le temps de son intégration…avant d’attaquer 2018 en mode beast.

Cependant, les problèmes de ce Liverpool restent gravés dans le marbre. Un gestion des temps faibles souvent à l’arrache, et une grosse faiblesse en transition défensive. En effet, le gegenpressing si cher à Kloppo ne fonctionne plus comme à l’époque de Dortmund, ce qui a pour conséquence néfaste de provoquer un déséquilibre dans le bloc équipe des Reds, débouchant souvent sur des situations de 1v1 en faveur de l’adversaire, face à des défenseurs sur le reculoir. A ce niveau de compétition, et face à des artistes de l’isolation comme Brahimi, Aboubakar et autres Waris, cela risque de coûter cher…comme le recrutement de l’international néerlandais Virgil Van Dijk, qui figure parmi les meilleurs défenseurs au sol, et qui devra évoluer sous son meilleur niveau pour empêcher Liverpool d’hypothéquer ses chances dès ce soir.

Maxence DURAND

A propos de l'auteur

Penseur éclairé sur la tectonique des plaques footballistiques. ADN Bielsista, esprit Sarriste et coeur jaune et bleu. Djoko for ever et n'oubliez pas que Klay Thompson est le vrai GOAT.

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