Retour sur la saison des classiques

La saison des classiques s’est terminée à liège dimanche par la victoire de Fuglsang au terme d’une terne édition. Retour sur toutes ces classiques. Des coureurs se sont révélés, certains sont rentrés dans l’histoire et d’autres ont confirmé.

La révélation Van Der Poel et l’arrivée d’une nouvelle génération

Mathieu van der Poel , spécialiste du cyclo-cross a disputé sa première grosse saison de classique cette année. Et quelle saison ! Vainqueur de 3 classiques : A travers la Flandre , la flèche brabançonne et surtout l’Amstel Gold race, au bout d’un final époustouflant . En effet  il nous a bluffé par son panache , sa force physique et par sa capacité a être performant aussi bien sur les flandriennes que sur les ardennaises . Dû au fait qu’il ne soit pas dans une équipe world tour , il n’a disputé que 5 classiques mais n’a jamais quitté le top 5 .

Il nous a montré sa palette très large. Capable de régler un groupe au sprint lors d’à travers la Flandre , de suivre les multiples attaques de Julian Alaphilippe lors de la flèche brabançonne , il nous a époustouflé lors de l’Amstel Gold race en attaquant à 50 kilomètres de l’arrivée puis en ramenant tout seul un groupe de 6 personnes sur les deux hommes de tête et régler le sprint. Au vu de sa condition, on peut regretter sa chute lors du tour des Flandres. Il a dû revenir tout seul sur le groupe de tête et à quand même réussi à prendre la quatrième place pour son premier monument. En parlant de monument, on peut également regretter sa non-participation à Paris Roubaix dû au fait que son équipe ne soit pas invité. Au vu de l’homogénéité du niveau entre les coureurs, il aurait également pu lever les bras à Roubaix.

On a déjà hâte de le voir la saison prochaine. Il a le profil pour gagner les deux monuments flandriens. Sa pointe de vitesse et son profil puncheur peut également lui permettre de briller sur Milan San Remo.  On imagine que les organisateurs de ces courses inviteront facilement son équipe à moins que le néerlandais parte dès la saison prochaine dans une équipe World tour. A 24 ans , Mathieu Van der Poel articule sa saison en 3 blocs. D’abord l’hiver avec le cyclo-cross où il est le meilleur du monde . Cette discipline est une excellente préparation pour les classiques . Puis il a pour objectif d’être champion olympique en VTT lors des JO 2020.

Mathieu Van Der Poel lors de sa victoire sur l’Amstel Gold Race

Derrière lui, Les classiques nous ont permis de découvrir des nouveaux talents. Certes Alberto Bettiol n’est pas à sa première saison professionnelle. Mais à 25 ans , il a remporté grâce au tour des Flandres son premier monument . Les ardennaises ont révélé 3 jeunes coureurs . Les 2 français de la Groupama-Fdj David Gaudu et Valentin Madouas âgé, tous deux de 22 ans, respectivement , 6ème  de liège bastogne liège et 8ème de l’Amstel Gold race . Mais aussi Bjorg Lambrecht , 22 ans également, 6ème  de l’Amstel Gold race et 4ème  de la flèche wallonne. Il semble avoir les qualités pour devenir un grand puncheur

La confirmation Julian Alaphilippe

Après avoir gagne ses deux premières classiques en 2018 avec la flèche wallonne et la Classica San Sébastian, il avait la pancarte de favori sur toutes les courses auxquelles il a participé . Il a parfaitement répondu aux attentes en remportant son premier monument : Milan-San remo. C’est lui qui a attaqué dans le Poggio, repris il a parfaitement géré la fin de course pour régler un petit groupe au sprint. Il avait déjà affiché sa super forme lors des strade bianche en dominant son meilleur ennemi Jakob Fuglsang .

Puis il a confirmé qu’il était bien le meilleur puncheur au monde en remportant pour la deuxième fois d’affilée la flèche Wallone. Encore une fois devant Jakob Fuglsang. C’est aussi avec le danois qu’il a connu une grosse déception sur l’Amstel Gold race. Lui qui avait attaqué à plus de 40 kilomètres de l’arrivée, et s’était bien entendu avec Fuglsang pour compter 45 secondes d’avance à moins de 5 kilomètres de l’arrivée. Mais leur mésentente a permis un retour du groupe de derrière et Mathieu Van der Poel leur a chipé la victoire. Sa chute lors du pays basque avant les ardennaises l’a surement un peu diminué . Trop juste physiquement, il n’a pas réussi à briller sur le monument qu’il convoitait le plus , liège Bastogne liège .

En tout cas , il termine la première partie de sa saison en étant premier au classement UCI . On espère qu’il brillera sur le tour de France cet été comme il l’a fait l’année dernière, avant de tenter de remporter son deuxième monument lors du tour de Lombardie en fin d’année .

Julian Alaphilippe avec son trophée sur la flèche wallonne

Un niveau très homogène sur les flandriennes

Toutes les classiques flandriennes ont été remportés par des coureurs différents. Peter Sagan et Greg Van Avermaet, les deux principaux favoris n’ont n’en pas gagné une cette année. On semble loin de la domination des Cancellara et Boonen. Peter Sagan semblait être le successeur idéal. Il a certes remporté les deux monuments flandriens (Tour des Flandres et Paris-Roubaix) mais semble avoir du mal à assumer la pancarte de grand favori. Derrière, les spécialistes des flandriennes semblent avoir peu ou prou le même niveau (Van Avermaet , Terpstra , Stybar , Vanmarcke etc.).

Enfin le duel pour les prochaines années aura peut être lieu entre les deux champions du cyclo-cross , Mathieu Van Der Poel et Wout Van Aert qui ont eu des résultats très intéressants sur les deux monuments flandriens alors qu’ils n’ont que très peu d’expérience sur route.

Ainsi cette année , ce n’est pas un grandissime favori qui s’est imposé sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.  Alberto Bettiol qui n’était pas un inconnu mais ne faisait pas parti des favoris a profité de la passivité de ses concurrents pour remporter brillamment son premier monument. Sur Paris-Roubaix, cela a profité à Philippe Gilbert, même pas le favori de sa propre équipe qui a remporté son 4ème monument différent. Il tentera de gagner Milan San-Remo la saison prochaine pour rejoindre le cercle fermé des coureurs ayant remporté les 5 monuments ( Eddy Merckx , Roger De Vlaeminck et Rik Van Looy)

Sagan et Gilbert à la lutte sur Paris-Roubaix

Les classiques plus spectaculaires que les monuments

J’ai globalement trouvé la saison d’un classique d’un niveau satisfaisant. En revanche ce qu’on peut constater c’est que les coureurs ont pris plus de risques à partir de plus loin lors des classiques plutôt que sur les 4 monuments .

La saison avait très bien commencé avec la classique des Strade Bianche qui est une classique très récente (2007). Son parcours atypique avec ses chemins de pierre blanche et le plateau à chaque fois très relevé permettent des scenarios de courses intéressants avec des attaques lointaines. La plus belle des classiques aura sans aucun doute été l’Amstel Gold race. Son changement de parcours aura été très bénéfique au scénario pour éviter une course de côte comme à l’accoutumée. Les hostilités avaient été lancées très tôt avec les attaques à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée par Van der Poel et Alaphilippe. Puis cette fin de course improbable avec le retour du néerlandais sur les deux hommes de tête ont marqué les esprits . Les organisateurs de Liège Bastogne liège avait également tenté de modifier le parcours pour favoriser les attaques de loin . Cela n’a pas du tout fonctionné car tout s’est passé dans la dernière côte. La différence de spectacle entre L’Amstel , une classique et Liège , un monument, peut s’expliquer par le fait qu’’il y’ait plus de pression sur Liège. Partir de loin présente plus de risque et on n’a pas envie de tout perdre sur un monument.

En ce qui concerne les 3 autres monuments, le Tour des Flandres a plutôt été décevant, la aussi tout s’est joué dans les deux derniers monts : le vieux Quaremont et le Paterberg. En revanche l’édition de Paris-Roubaix a été d’une bonne facture . D’abord des outsiders avaient pris la fuite très tôt ( Petit , Trentin , Lampaert..) puis les malheurs de Van Aert et la formation d’un groupe de tête 5 étoiles ( Sagan , VanAert , Gilbert etc..) a près de 50 kilomètres de l’arrivée ont permis une course dynamique . Enfin, aucune surprise pour Milan San Remo où le Poggio permet de savoir si des puncheurs arrivent à s’isoler ou si un sprinteur peut gagner. En l’occurence des puncheurs depuis plusieurs années.

Place désormais au Giro qui débute le 11 mai

 

credit photo : eurosport.com / vélo 101 / L’équipe

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