Rugby

Rétro Top 14 : le Stade français est allé au bout de lui-même

Le Stade français était au pied du mur. Après plusieurs saisons à arpenter les profondeurs du classement en Top 14, le club parisien se devait de retrouver certaines valeurs collectives pour espérer franchir un nouveau palier dans son projet de renouveau porté par le milliardaire allemand Hans-Peter Wild. Malgré une saison aux allures de montagnes russes, les Soldats roses ont atteint certains de leurs objectifs, sans pour autant assouvir la totalité de leurs ambitions.

 

  • Classement en Top 14 : 6e (15V, 0N, 11D), puis défait en barrage par le Racing 92.
  • Parcours en Challenge Cup : éliminé en poule après deux défaites contre Trévise (20-44) et à Cardiff (28-0).

 

L’effet rétro : une fin de saison en boulet de canon

La saison du Stade français Paris a débuté de la pire des manières. Peu de temps avant de partir en stage à Nice pour préparer l’exercice 2020-2021, de nombreux cas de COVID sont apparus au sein de l’effectif parisien. Un vrai coup dur pour les hommes de Gonzalo Quesada, qui ont mis du temps à trouver leur rythme de croisière en début de saison. Malgré deux victoires d’entrée à l’extérieur, à Castres (22-16) puis Agen (20-3), Paris s’est montré très inconstant au fil de ces premières semaines, perdant à domicile contre Bayonne (19-26) et le Racing 92 (25-27).

Une défaite dans le derby qui a sans doute été un premier tournant dans la saison des Soldats roses. Alors que les coéquipiers de Jonathan Danty menaient 22-11 à moins d’un quart d’heure de la fin, ils se sont écroulés dans les dernières minutes, concédant la victoire aux Racingmen sur une dernière pénalité à la sirène du jeune Antoine Gibert.

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Crédit photo : Icon Sport

Abattus, les Parisiens ne se sont pas avoués vaincus, et ont par la suite enchaîné 4 victoires en 5 rencontres. Une série qui leur a permis d’être dans le “cut” des six premiers à la mi-saison. À domicile, le Stade français n’a perdu qu’une seule fois après sa défaite dans le derby, contre l’ASM fin mars (27-34). Mais, alors qu’ils ont retrouvé une solidité implacable à la maison, les Parisiens ont connu un début d’année désastreux à l’extérieur.

Des lourdes défaites à Toulouse (48-24), Toulon (35-13), Montpellier (31-6) ou Bordeaux-Bègles (44-6) les ont mis dans une position très délicate dans la course aux phases finales. Neuvièmes à sept points du premier qualifié virtuel à six journée de la fin, les hommes de Quesada ont été condamnés au sans faute pour espérer voir les barrages. Et comme souvent, c’est au moment où on le croyait mort que le Stade français renaît de ses cendres.

 

Le tournant de la saison : la revanche face au Racing, dans le derby

Comme quand j’étais à Biarritz et qu’on jouait l’Aviron bayonnais, le derby est un match qui peut vous faire basculer une saison“, déclarait Kylan Hamdaoui avant la rencontre de barrage opposant le Racing au Stade français Paris. “On a eu un déclic collectif au moment de la victoire à l’Arena. On a l’impression qu’un groupe s’est créé, même en dehors du terrain“, a-t-il poursuivi, faisant référence à la victoire à la Paris La Défense Arena contre le Racing, le 1er mai dernier (35-29). Remis sur pied après une victoire contre Pau qui leur a permis de conserver leurs chances de qualification, les coéquipiers de Joris Segonds ont débarqué à Nanterre sans pression, mais avec beaucoup de détermination. Impeccable face aux perches, le numéro 10 du Stade français a bonifié la grande prestation collective des siens, symbolisée par les deux essais inscrits par des historiques du club, Jonathan Danty et Antoine Burban. Cette victoire est intervenue dans un contexte extrêmement particulier, la rencontre ayant été reportée quelques jours auparavant et le transfert de Gaël Fickou du Stade français au Racing ayant fait grande polémique. Pris à la gorge notamment en première mi-temps, les Racingmen n’ont pu que constater l’appétit avec lequel leurs rivaux sont venus à l’Arena pour conserver une chance de qualification pour le top 6.

Bien que l’aventure se soit terminée au même endroit moins d’un mois et demi plus tard (défaite 38-21 lors du barrage), ce succès dans l’antre du Racing 92 a d’une certaine manière marqué l’acte de naissance d’un groupe, qui s’est offert une qualification inespérée pour les phases finales grâce à six victoires consécutives. Que cela soit contre Pau, le Racing, Brive, Montpellier, Lyon ou Bayonne, le club de la capitale a fait preuve de caractère et a terminé cet exercice particulier avec beaucoup d’enseignements à tirer.

 

Le joueur : Joris Segonds

En octobre dernier, nous nous demandions si cette saison 2020-2021 ne pouvait pas être celle de l’éclosion pour Joris Segonds. Une interrogation qui n’en est désormais plus une après la saison de très bonne facture livrée par le jeune ouvreur parisien. C’est bien simple, il a disputé l’intégralité des 27 rencontres de championnat de son équipe.

Auteur de 45 points cumulés contre le Racing aux matches aller et retour, de 26 points lors de la réception du LOU ou même des 12 points décisifs de sa formation à Bayonne il y a un mois, l’ancien joueur d’Aurillac a été l’un des facteurs X du Stade français. Adepte du drop en début de saison (il en a réalisé quatre entre fin octobre et début décembre), il a été une arme de poids dans les rangs parisiens, progressant tout au long de l’année dans sa gestion du jeu au pied et réussissant souvent des coups de pied de pénalité de plus de 50 mètres.

Joris fait une grande saison, il est important pour nous. C’est un très grand professionnel“, a dernièrement affirmé Kylan Hamdaoui en conférence de presse. Julien Arias a quant à lui insisté sur la progression de son joueur au fil des rencontres : “Joris a eu pas mal de temps de jeu cette saison. À chaque sortie, il progresse. C’est un bon buteur, qui élargit peu à peu sa palette, que cela soit offensivement ou défensivement.” Une reconnaissance unanime qui montre bien à quel point les performances du natif de Decazeville ont considérablement impacté les résultats de son équipe.

Crédit photo : L’Équipe

 

Une marge de progression encore importante

On est encore loin du niveau de stabilité nécessaire pour garantir la pérennité du projet“, tels sont les mots de Gonzalo Quesada à l’issue d’une saison régulière achevée à la sixième place du Top 14. Si un groupe est né, et que la formation parisienne a progressé sur plusieurs aspects comme son organisation des ballons portés, les chantiers restent nombreux.

En termes d’effectif, le départ de la paire Fickou-Danty au centre devra être compensé par les arrivées de joueurs comme Laumape ou Glover. Le paquet d’avants devra être numériquement renforcé pour pouvoir jouer sur deux tableaux et mieux gérer les fins de rencontres (le club s’étant, grâce à son classement final en Top 14, qualifié pour la prochaine Champions Cup). Si l’indiscipline est toujours un problème chronique du Stade français Paris, la dynamique collective entrevue sur cette fin de saison est porteuse d’espoir pour la suite.

 

Reste à savoir si les chantiers sur lesquels travaillent Quesada et son staff depuis près d’un an permettront au club de la capitale de tirer (enfin) la quintessence de ses troupes.

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