Grand Chelem

Roland-Garros (H) : Nadal en favori, mais toute une meute pour le chasser

Rafael Nadal Roland-Garros 2020 2021

En quête d’un 14e titre à Roland-Garros, Rafael Nadal est encore présenté comme le favori à sa propre succession. Mais d’autres comme Djokovic, Tsitsipás ou Zverev restent en embuscade et auront leur mot à dire pour cette édition 2021. Avant le début du tournoi, tour d’horizon des favoris à la victoire finale.

Nadal, l’incontournable favori

Chaque année, la question se répète : qui peut battre Rafael Nadal à Roland-Garros ? L’historique de l’Espagnol Porte d’Auteuil est affolant : 13 titres en 16 participations, 100 victoires en 102 matchs, 4 victoires sans perdre le moindre set. Roland-Garros est son jardin et il est difficile de le voir ne pas s’y imposer une nouvelle fois.

Surtout, contrairement à l’année dernière, le tenant du titre sort d’une bonne préparation avant le Grand Chelem parisien. Ses titres à Barcelone et à Rome ont cimenté son statut d’homme à abattre. De plus, il bat lors de ces deux finales Tsitsipás et Djokovic, sur le papier ses deux principaux rivaux pour le sacre à Roland-Garros. S’il a dû sauver des balles de matchs contre Shapovalov à Rome et Tsitsipás à Barcelone, le fait de s’en être sorti a probablement boosté sa confiance avant le tournoi.

Nadal est, de loin, le favori avec le tableau le plus difficile. Sonego, Norrie, Sinner, Karatsev, Rublev : son quart de tableau est rempli de joueurs qui se sont montrés à leur avantage pendant la saison sur terre battue. Avant une éventuelle demi-finale contre Djokovic, l’Espagnol devra d’abord se défaire de ces pièges sans trop y laisser des plumes. Mais dans le contexte de Roland-Garros, un Nadal en pleine possession de ses moyens ne devrait pas avoir de problème à passer les premiers tours.

Djokovic, principal challenger

Contrairement à son rival espagnol, Novak Djokovic sort d’une préparation chaotique. Éliminé en huitièmes à Monte-Carlo par Evans, puis emporté par la tornade Karatsev dans une sacrée demi-finale à Belgrade 1, le Serbe n’a pas montré son meilleur visage sur cette saison sur terre battue. Son bilan est toutefois relevé par sa belle performance à Rome. Dans la capitale italienne, ses victoires au forceps contre Tsitsipás et Sonego lui ont donné les références et la confiance dont il avait besoin pour se rassurer avant d’aborder Roland-Garros.

Malgré sa préparation mitigée, Djokovic reste le principal adversaire de Nadal dans la chasse au titre. Il est toujours l’un des deux seuls à avoir battu l’Espagnol à Roland-Garros et le joueur qui l’a le plus souvent vaincu sur terre battue. Comme pour Nadal, le format en trois sets gagnants donne au Serbe une marge sur la concurrence. Et si d’autres joueurs (enfin, surtout Tsitsipás) pourraient prétendre à ce statut officieux, son expérience et ses certitudes font de Djokovic le meilleur challenger à un nouveau sacre du tenant du titre.

Au niveau de son tableau, le “Djoker” a été relativement épargné par le tirage au sort, avec un premier tour contre Sandgren. Avec Humbert au troisième tour et Goffin ou de Minaur en huitièmes de finale, les têtes de série placés sur sa route ne sont pas de nature à l’effrayer. En revanche, si Djokovic atteint les quarts de finale, il pourrait faire face à Berrettini, titré à Belgrade 1 et plutôt en forme ces dernières semaines, ou bien un certain Federer. Il s’agirait de leur première confrontation depuis la demi-finale de l’Open d’Australie 2020, point de départ d’une longue période d’inactivité du Suisse.

Tsitsipás, prêt à prendre le trône

Derrière Djokovic, il est celui qui a le plus d’arguments face à Nadal cette saison. Stéfanos Tsitsipás est devenu un candidat plus que crédible à la victoire finale. Sa préparation sur terre est excellente : sur les 5 tournois qu’il a disputé avant Roland-Garros, le Grec a remporté 2 titres, dont son premier Masters 1000 à Monte-Carlo. Au total, il a accumulé 16 victoires en 19 matchs.

Pourtant réputé offensif, Tsitsipás adore la terre battue. C’est même sa surface préférée, celle où il a grandi. Cela se sent dans ses déplacements, dans la manière dont son jeu s’adapte. Mais il manque encore un petit quelque chose pour faire du Grec un favori de Roland-Garros. S’il a déjà battu Nadal sur terre, on retient surtout du 5e mondial ses défaites homériques. On se rappelle notamment de son magnifique combat contre Wawrinka en huitièmes en 2019. Plus récemment, Tsitsipás a eu balle de match contre Nadal à Barcelone, puis contre Djokovic à Rome. Il lui manque encore parfois cet instinct du tueur qui sépare les défaites mémorables des grandes victoires. Mais, s’il conserve le niveau de jeu affiché ces dernières semaines, ils seront peu à pouvoir le sortir du tournoi.

D’ailleurs, Tsitsipás a décroché le gros lot lors du tirage au sort en héritant de Medvedev dans son quart de tableau. Le Russe, dont l’aversion envers la terre battue n’est plus a prouver, ne devrait pas lui poser de souci sur son parcours. La principale menace pour Tsitsipás avant les demi-finales sera le 12e mondial Carreno Busta. L’Espagnol, toujours pénible à jouer, pourrait l’affronter en huitièmes de finale.

Zverev, outsider en confiance

Alexander Zverev s’avance rempli de confiance dans ce Roland-Garros. Pourtant, son début de préparation était loin d’être idéal. Éliminé tôt à Monte-Carlo, puis Munich, l’Allemand inquiétait. Mais après des débuts poussifs, Zverev a montré son meilleur visage à Madrid. Dans la capitale espagnole, il est allé cherché son 4e Masters 1000 en carrière, s’offrant au passage une victoire nette face à Nadal devant son public en quart de finale.

Avec un gros titre en poche, Zverev aborde ainsi Roland-Garros dans de bonnes conditions pour réaliser un beau parcours. D’ailleurs, le Grand Chelem parisien lui réussit plutôt bien, puisqu’il a atteint la deuxième semaine sur les trois dernières éditions. C’est à Paris en 2018 qu’il avait signé son premier quart de finale en Majeur. Pour espérer faire mieux, il devra essayer de s’économiser au maximum dans les premiers tours. Pour atteindre ses deux quarts de finale, Zverev était allé au bout des cinq sets à plusieurs reprises, avant de payer sa débauche d’énergie.

Opposé à un compatriote issu des qualifications Otte, l’Allemand aura l’opportunité de débuter face à un adversaire qui ne devrait pas lui poser de problème. Le programme pourrait se corser ensuite avec potentiellement au troisième tour et Bautista Agut en huitièmes.

Thiem et Federer, facteurs X du tournoi

Deux joueurs attirent l’attention des suiveurs, sans pour autant se placer naturellement dans la liste des prétendants au titre. Contrairement aux joueurs cités plus haut, Dominic Thiem et Roger Federer arrivent à Roland-Garros sur la pointe des pieds. Les deux joueurs ont pour point commun de se présenter à Paris sans grandes certitudes.

Leur situation est toutefois complètement différente. Thiem débarque sur le Majeur parisien avec une trajectoire inquiétante. Prometteur à Madrid, encourageant à Rome, l’Autrichien a sombré sur l’unique match qu’il a disputé à Lyon, tournoi qu’il avait ajouté à son programme au dernier moment justement pour prendre de la confiance. Depuis son sacre à l’US Open, Thiem traîne son spleen et peine à se remobiliser. Le format des trois sets gagnants pourrait l’aider à passer les tours et à reconstruire sa confiance, mais si le 4e mondial réitère sa performance désastreuse de Lyon, il s’arrêtera dès son entrée en lice. Son premier tour est loin d’être un cadeau, puisqu’il affrontera Andújar.

Le vétéran espagnol était d’ailleurs le bourreau de Federer à Genève. Le Suisse arrive lui aussi à Roland-Garros avec peu de certitudes. Avec un seul match sur terre battue dans les jambes, lui-même ne s’attend pas à grand chose pour son retour en Grand Chelem. Voir le Bâlois sortir au premier tour ne serait même pas étonnant. Mais la venue de Federer à Paris reste un évènement, 16 mois après sa dernière apparition en Majeur. Surtout, il vise un tout autre objectif : il souhaite remporter un 9e titre à Wimbledon. Roland-Garros sera un moyen d’accumuler les matchs et de se rassurer sur son niveau physique. Si son genou tient, son tennis reviendra sûrement. Qui sait, peut-être que le Suisse pourra gratifier le public parisien de quelques fulgurances dont il a le secret.

Des surprises à prévoir ?

Au-delà des principaux favoris pour le titre, d’autres joueurs se sont montrés en forme pendant la saison sur terre battue et pourraient bien jouer les troubles-fêtes durant la quinzaine. Titré à Belgrade 1 et finaliste à Madrid, Matteo Berrettini arrive à Paris avec de belles références sur terre battue, où son coup droit peut faire des ravages. Tête de série n°9 du tournoi et placé dans la partie de tableau de Federer, l’Italien n’hésitera pas à prendre la place du Suisse en quart de finale si l’occasion se présente.

Sensation de l’année 2021, Aslan Karatsev sera aussi un joueur à surveiller. Avec son jeu ultra agressif, le 26e mondial a un profil de coupeur de tête qui en fait un adversaire dangereux, à ne jamais sous-estimer. En s’imposant contre Djokovic à Belgrade, le Russe a d’ailleurs montré qu’il était capable de battre n’importe qui, même sur terre battue.

Enfin, il faudra observer le parcours de Casper Ruud dans le bas de tableau. Le Norvégien est actuellement l’un des meilleurs joueurs de la planète sur terre battue. Avec 3 demi-finales et un titre acquis à Genève en préparation de ce Roland-Garros, Ruud arrive avec de très bons résultats et une énorme confiance à Paris. Placé dans la même partie de tableau que Thiem, il a un énorme coup à jouer surtout si l’Autrichien n’arrive pas à se relancer.

Crédit photo : AFP
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