Romain Sicard : Une carrière loin des premiers espoirs

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Nombreux sont les coureurs cyclistes qui laissent entrevoir un fort potentiel dès leur plus jeune âge. Mais pour certains d’entre eux, si le début de carrière s’avère très prometteur, la suite ne répond pas toujours aux attentes. Retour sur le parcours de ceux que l’on peut appeler des « talents gâchés ».
Après l’Estonien Rein Taaramäe, place à un autre coureur de l’équipe Total-Direct Energie, avec le portrait du Français Romain Sicard.

 

De la piste à la montagne

Né à Bayonne, le jeune Romain Sicard se distingue d’abord en tant que spécialiste de la piste. En cadet, il devient champion de France de l’américaine. Puis il enchaîne chez les juniors, avec deux titres au niveau régional, sur l’américaine et la poursuite. Sur route, il réalise aussi quelques belles performances lors des épreuves de contre-la-montre, avec notamment un titre régional en 2006. L’année suivante, le Basque devient amateur au GSC Blagnac et s’illustre toujours sur piste. Il décroche deux nouveaux titres de champion de Midi-Pyrénées, sur la poursuite et sur la course aux points, avant de triompher lors du championnat de Haute-Garonne.

Alors qu’en 2008, il devient champion de France du scratch, Romain Sicard découvre un nouveau terrain de jeu. En effet, il s’impose sur le Trophée de l’Essor, une course plutôt dédiée aux grimpeurs. Ces bons résultats lui permettent d’intégrer l’équipe Orbea, filiale de l’équipe Euskaltel-Euskadi, en 2009.

 

Dans l’Histoire à Mendrisio

En mai, il décroche sa première victoire professionnelle, sur la Subida-al-Naranco. Ses talents en montagne se confirment ensuite avec une victoire en solitaire, lors de la troisième étape de la Ronde de l’Isard, au sommet du Plateau de Beille. Après cet excellent début de saison, le Basque de 21 ans s’engage dès le 10 juillet avec l’équipe Euskaltel-Euskadi. Mais surtout, Sicard voit son nom apparaître dans la liste des coureurs français sélectionnés pour le Tour de l’Avenir. Aux côtés de Tony Gallopin et Arthur Vichot notamment, il remporte le classement général, juste devant l’Américain Tejay Van Garderen.

Mais Romain Sicard ne compte pas s’arrêter là. Quelques jours plus tard et après sa victoire sur le « Tour de France des jeunes », le Basque prend part aux Championnats du monde à Mendrisio (Suisse). Aidé par Thibaut Pinot, Alexandre Geniez et Nicolas Edet entre autres, il s’impose en solitaire, devant le Colombien Carlos Betancur et le Russe Egor Silin. Il devient ainsi le tout premier Français champion du monde espoirs et réalise un fantastique doublé. Une carrière prometteuse s’annonce.

 

Stoppé dans son élan

En 2010, Romain Sicard effectue un nouveau très bon début de saison avec Euskaltel-Euskadi, en terminant meilleur grimpeur sur le Tour du Haut-Var. Il prend également la neuvième place du général sur le Tour de la Rioja (Espagne), et la dixième sur le Tour de Bavière (Allemagne). Retenu pour participer au Critérium du Dauphiné, le coureur de 22 ans décroche une belle deuxième place lors de la quatrième étape, devançant notamment le Slovène Janez Brajkovic (futur vainqueur de l’épreuve) et l’Espagnol Alberto Contador. Il termine finalement onzième au classement général. En juillet, Sicard est même adoubé par Bernard Hinault. Ce dernier, dans l’Equipe Magazine, le décrit comme un grand champion en devenir.

Malheureusement, les choses se compliquent et l’année 2011 est une année à oublier pour le jeune coureur français. Après une tendinite au genou droit qui le pousse à abandonner sur Paris-Nice, il est victime d’une chute lors de l’avant-dernière étape du Tour de Catalogne. En plus des séquelles laissées par cette chute, la douleur au genou se réveille. Après des examens approfondis, on apprend que Romain Sicard souffre en réalité d’une déficience musculaire de la jambe droite, couplée à des troubles d’alignement du bassin et du dos. Au repos forcé pendant plusieurs mois, le Basque se voit privé de Tour d’Espagne. Sa première participation à un Grand Tour est donc repoussée d’un an, avec la Vuelta 2012. Mais il ne parvient pas à remporter d’étape, ne faisant mieux que cinquième sur la 20e étape, et se classe 44e au général.

 

Retour en France

En 2014 et après la cessation d’activité de l’équipe Euskaltel-Euskadi, Romain Sicard revient en France et rejoint la formation Europcar. Il prend part au Giro, où il aide Pierre Rolland à décrocher une quatrième place au classement général. En août, il est le leader de son équipe sur la Vuelta et termine 13e du général, à plus de 24 minutes d’Alberto Contador. En juillet 2015, il est au départ de son premier Tour de France, qu’il termine à la 33e place. Il enchaîne ensuite avec un nouveau Tour d’Espagne, bouclé en 15e position, avant d’être sélectionné pour le contre-la-montre des championnats du monde de Richmond (Etats-Unis), lors duquel il se classe 46e.

 

Pour trouver trace du dernier podium de Romain Sicard, il faut remonter à 2017, avec une deuxième place au classement général du Tour du Gévaudan Occitanie, derrière Guillaume Martin. A 32 ans, les rêves de victoire sur un Grand Tour semblent désormais très lointains pour l’ex-grand espoir du cyclisme français. La faute à un problème physique qui lui a valu une année blanche. Peut-être aussi à une pression trop difficile à gérer, après un doublé historique en début de carrière.

 

Crédit photo : Le Monde

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