Biathlon

Ruhpolding – Individuelle: Fourcade enchaîne, Wierer s’affirme

Après la Thuringe, voici la Bavière pour la cinquième étape de la Coupe du Monde de biathlon. Autre haut lieu du circuit, Ruhpolding s’annonce beaucoup moins capricieuse qu’Oberhof, malgré les températures dépassant les cinq degrés ayant quelque peu gêné les derniers concurrents. Et nous commençons les individuelles dont on décernera déjà le Globe de la spécialité. En effet, à l’instar du combiné en ski alpin, seules deux épreuves ont lieu cette saison dans cette discipline, la troisième étant aux Jeux Olympiques, mais qui ne compte pas pour la Coupe du Monde. Cette situation peut paraître assez ubuesque et assez inutile, notamment pour l’attribution d’un classement sur seulement deux courses et de nombreux suiveurs le pensent, mais cela peut permettre à des outsiders de glaner un petit globe ou de prolonger la bataille entre les meilleurs.

Auréolé de ses deux victoire à Oberhof, Martin Fourcade avait bien l’intention de continuer sur sa lancée à Ruhpolding pour mettre quasiment définitivement à l’abri son dossard jaune de la convoitise norvégienne. De plus, troisième lors de l’individuelle d’Östersund, le Français se devait de l’emporter pour espérer rajouter un trophée à sa collection déjà bien garnie. Mais pour cela, il fallait que le vainqueur en Suède et donc, leader de la spécialité, ne fasse pas mieux que trois pour au pire, se partager les lauriers du général. Or, celui-ci n’étant autre que Johannes Bø, le défi s’annonçait donc ardu. Et finalement, la décision ne fut pas, car si le Catalan, auteur d’un 19/20, s’imposa avec plus d’une minute d’avance sur son second, le Tchèque Ondrej Moravec, déjà vice-champion du Monde de la discipline en 2017 et triple médaillé olympique à Sotchi, auteur d’un sans-faute, mais beaucoup moins rapide sur les skis, le podium fut complété par le Norvégien. Crédité lui aussi d’une faute au total, il ne put suivre son rival sur la piste, la spécificité de celle-ci, avec de longs plats, avantageant ce dernier. Au final, si vous avez bien suivi et calculé, vous vous apercevrez que les deux hommes se partagent ainsi le petit globe, avant la belle olympique. Néanmoins, grâce à cette nouvelle victoire, Fourcade grappille quarante points supplémentaires à son coriace challenger et voit la suite de la saison avec un peu plus de sérénité pour l’obtention de sa septième couronne.

Non seulement Martin Fourcade et Johannes Bø se partagent les podiums, mais aussi les globes (crédit photo: IBU)

La surprise Rees, le tir groupé des Tchèques

A l’instar d’Antonin Guigonnat au Grand-Bornand, nous avons également assisté à une nouvelle sensation “at home”. Même si cette fois-ci le résultat ne s’est soldé “que” par une quatrième place, Roman Rees (24 ans) a réalisé la meilleure performance de sa jeune carrière en Coupe du Monde, grâce en grande partie à un sans-faute derrière la carabine. Si on a cru pendant un petit moment qu’il pouvait réussir à grimper sur le podium, la marche était toutefois trop haute. En effet, réussir à reprendre du temps à Johannes Bø était une mission perdue d’avance, ce qui s’est confirmé dans le dernier tour. Mais le jeune Allemand a fêté comme un podium sa position finale, une fois l’arrivée franchie. Levant ses skis, il a pu partager sa joie avec un public frustré des piètres performances de ses compatriotes – il faut descendre à la onzième place pour retrouver Arnd Pfeiffer – et participer à la cérémonie des fleurs récompensant les six premiers, complétée par Michal Krcmar, le deuxième tchèque de la course  et par l’Autrichien Dominik Landertinger. A noter également la huitième place de Michal Slesingr, faisant de la République Tchèque la première nation du jour. Un petit événement, alors que le deuxième Norvégien n’est que 21ème et que la France hisse quatre représentants dans les vingt.

Krcmar et Moravec célèbrent la performance collective de leur équipe (crédit photo: IBU)

Clap de fin pour Bjørndalen?

Mais l’autre “sensation” de la journée, si on peut la qualifier ainsi, est le naufrage d’Ole Einar Bjørndalen. Seulement 42è à plus de 4’40 et trois fautes, le vétéran norvégien a probablement hypothéqué toute chance de participer à ses sixièmes Jeux Olympiques, lui qui est le sportif le plus médaillé des “Hiver” avec treize breloques au compteur. En effet, avec six tickets – quatre de titulaires et deux de remplaçants – sept autres vikings ont déjà fait mieux que lui en réalisant au moins un top 10 (Les Bø, Svendsen, Birkeland, Bjøntegård, L’Abée-Lund et Gjesbakk). A moins d’une wild-card dû à son statut – champion olympique en titre – il semble compliqué de voir le biathlète âgé de 43 ans (il fêtera ses 44 printemps le 27 janvier prochain) à Pyeongchang. Cette noyade a également rapidement entraîné des rumeurs de fin de carrière précipitée après cette course, la mass start de dimanche ne concernant que les trente meilleurs. Il faudra néanmoins probablement attendre Anterselva la semaine prochaine pour confirmer ou non la retraite du plus grand biathlète de l’Histoire.

Wierer dans le mille, Skardino dans la lumière

Chez les dames, la lutte pour le Globe concernait une Biélorusse, Nadezhda Skardino à un duo ukrainien, composé Yuliya Dzhima et Vali Semerenko, la Norvégienne Synnøve Solemdal ayant totalement disparue des radars depuis sa deuxième place sur la première individuelle. Et on peut dire que les trois protagonistes ne se sont pas lâchées. Toutes trois auteures d’un sans-faute, elles finissent quatrième (Dzhima), cinquième (Semerenko) et septième (Skardino). Seule Domracheva s’est intercalée, devançant sa compatriote de huit petits dixièmes. Mais heureusement pour la patrie, ce petit “couac” n’a eu aucune incidence pour le classement de la spécialité et le globe de cristal prend bien la direction de Minsk. Déjà médaillée de bronze à Sochi dans la discipline, Skardino s’offre à 32 ans son premier globe de spécialité. Et tant pis s’il n’a fallu que deux courses pour l’attribuer, l’Histoire ne retiendra que le fait qu’elle l’ai gagné. Si la bataille pour le globe s’est déroulé parmi les places d’honneur, il y a également eu une course à la victoire. Et c’est Dorothea Wierer, sortant d’un podium sur la poursuite d’Oberhof (deuxième), qui s’offre la quatrième victoire de sa carrière grâce à un 20/20. Après deux ans de disette, celle que l’on a considéré comme une des futures grandes du circuit a retrouvé sa vitesse de tir. Ajoutée à de la précision, elle a ainsi réussi à rejeter sa dauphine Kaisa Mäkäräinen à 12″ alors que la Finlandaise a raté une balle. A la troisième place, on retrouve la surprise du jour, Rosanna Crawford. Avec son sans-faute, la Canadienne de 29 ans s’offre son premier podium et accessoirement Top 10 de sa carrière. La leader de la Coupe du Monde Anastasiya Kuzmina réalise quant à elle une petite contre-performance en finissant en neuvième position avec trois fautes et minutes de pénalité.

C’était également la fête dans le clan canadien (crédit photo: IBU)

Si avec seulement deux courses, l’individuelle peut apparaître comme un discipline secondaire et peu importante, elle permet tout de même de gagner un petit globe Même pour des biathlètes peu habitué(e)s aux lauriers. réaliser une bonne performance sur deux épreuves est tout à fait envisageable comme on l’a vu chez les femmes. De plus, le système de perdre une minute par balle manquée plutôt que de faire un tour de pénalité – qui ne fait en moyenne perdre que 20″ – donne un charme et du suspens supplémentaire à cette mal-aimée du biathlon.

 



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