Sarri et Chelsea : un chaos programmé

Ce qui devait arriver arriva… Finale de League Cup contre Manchester City, prolongations, 118ème minute de jeu, Kepa au sol, Sarri veut le remplacer, le gardien refuse. Une situation quasi inédite sur un terrain de football professionnel mais pas si étonnante pour ceux qui suivent le club depuis que le technicien italien a pris ses fonctions chez les Blues de Chelsea. Comment le vestiaire a-t-il pu lâcher son entraîneur ? Comment un grand d’Europe se retrouve-t-il dans une crise si profonde ? (Attention prise de parti !)

 

(Sport24)

 

Le Sarri Ball, pas au goût de tous

Il était arrivé à Londres en tant qu’entraîneur qui redonnerait un âme à une équipe complètement apathique durant la deuxième saison d’Antonio Conte. Maurizio Sarri, son look atypique, ses cigarettes et ce club de Naples qu’il a réussi à métamorphoser en l’espace de quelques années. Beaucoup l’attendaient comme un sauveur, ils n’ont pas été déçus… Oui, Sarri a transformé le jeu de Chelsea. Auparavant, Chelsea jouait souvent en contre ou de manière très directe.

Avec Sarri, les Blues ont une possession impressionnante, le ballon circule de droite à gauche et, dans les premiers temps, cela fonctionne. La raison de ce changement est tactique : Sarri a emmené avec lui son “métronome” italien Jorginho qu’il place devant la défense car il pense qu’il doit y avoir obligatoirement un milieu technique relayeur au plus proche de la défense. La conséquence de cela est la montée d’un cran du champion du monde, double champion d’Angleterre, meilleur joueur de l’année 2017 en Premier League, Ngolo Kanté (et tout ça au poste de milieu défensif). Or, depuis le premier match de Premier League, il est évident que Kanté n’est pas à sa place à ce poste de n°8. Il n’est plus assez présent défensivement, ce qu’il sait faire de mieux, et hésite dans ses prises de décision offensivement. Après quelques mois, rien ne change…

A cela s’ajoutent d’autres cas complètement énigmatiques. Par exemple, la gestion du temps de jeu du crack Callum Hudson-Odoi est incompréhensible ! Ce joueur, que les plus grands clubs d’Europe s’arrachent, ne joue que des bouts de matchs et le plus souvent dans des compétitions mineures. Et pourtant, il a déjà prouvé aux yeux de tous qu’il avait quelque chose en plus que les deux ailiers Pedro ou Willian. D’autres cas font débat comme la titularisation systématique de Marcos Alonso ou le placement d’Eden Hazard en faux 9 (chose qu’il déteste) mais chez Sarri rien ne bouge.

 

(Goal.com)

Un finale comme un paroxysme

Il a fallu que cela se passe lors d’une finale, face au City de Guardiola, sur BeinSports, un dimanche soir vers 20h… Les réseaux sociaux s’enflamment, les “spécialistes” crient au scandale, et le club est plongé dans la crise. Cette crise c’est celle d’un vestiaire qui n’en peut plus de voir son manager persister coûte que coûte, c’est celle des supporters qui assistent une à deux fois par semaine à une parodie de football et qui ont peur de voir partir leur idole Eden Hazard ou leur chouchou Callum Hudson-Odoi, c’est aussi celle d’un board qui a une gestion catastrophique du club.

Ce soir, on a vu tous les soucis du Chelsea de Sarri : Jorgihno qui ne sait ni faire des passes autres que latérales, ni défendre, ni courir, ni tirer des pénaltys différents qu’à droite après un saut de cabri ; Kanté qui serait définitivement meilleur devant la défense ; aucun changement tactique, que du poste pour poste ; et enfin le pétage de plombs du gardien le plus cher du monde (oui, il faut le rappeler) qui a tout simplement humilié son entraîneur aux yeux de tous et qu’on n’est pas prêts de revoir sur un terrain de football. Kepa a exprimé ce qui prenait de l’ampleur dans le vestiaire depuis quelques semaines, c’est à dire un désamour des joueurs pour leur coach. La manière, elle, est scandaleuse et sera très justement punie, mais elle montre aussi qu’on est arrivé à un point de non retour dans ce club qui devrait faire parler de lui plus pour ses performances que pour des 6-0, des transferts faramineux ou des manques de respect…

A la décharge de Sarri, il n’est pas le seul responsable de ce naufrage en direct devant le monde entier. La direction du club enchaîne les mauvaises décisions. Entre non respect des souhaits de transferts de Sarri, une gestion catastrophique du mercato hivernal et une récente interdiction par la FIFA de recruter lors des deux prochains mercatos, le club n’est pas exempt de tous reproches. Hélas, ce sont eux qui ont actuellement l’avenir du club entre leurs mains. Faut-il punir très sévèrement un joueur acheté 80 millions huit mois plus tôt ? Faut-il faire encore confiance à Sarri, même si le cas est désespéré ? Faut-il le limoger et ainsi donner raison à l’attitude de Kepa ? A moins que le coach italien ne parte de lui-même, ce qui serait peu étonnant sachant qu’il a même voulu quitter le terrain en plein match.

 

En bref, Chelsea est dans de beaux draps. Plus rien ne va, que ce soient les performances, les relations en interne ou celles avec la FIFA. Soyez prêts à encore entendre parler du club ces prochains jours car cela risque de bouger… 

Crédits image de Une : France Football

@TheoPutavy

 

 

A propos de l'auteur

Chelsea, OM, Giants, Equipe de France: oui j'aime le bleu. Passionné de sport, je passe tout mon temps libre à regarder du foot (surtout la Premier League), la NFL et le cyclisme. A part ça je suis accessoirement étudiant en L3 de LEMA (Lettres Edition Médias Audiovisuel)-Anglais à la Sorbonne.

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