Sentiments (dé)croisés

Vendredi 28 juillet. À l’aube fraîche estivale où nous nous levons ce jour, au sein d’une Franche-Comté paisible et agréable avec ses valeurs conservatrices, quelque chose trotte chez les invétérés du football régional. En effet, les plus passionnés vont assister à 20H à un événement malheureusement historique, en tout cas au sein de notre microcosme. Le FC Sochaux-Montbéliard, pilier du football français mais aussi et surtout du football régional, va démarrer sa saison au sein de la deuxième division française face à Bourg-en-Bresse.

Vous vous interrogez sur le fait historique, j’imagine. L’éclaircie ne viendra pas de ce dernier, car le FC Sochaux, abandonné par l’entreprise Peugeot aujourd’hui PSA, entame sa quatrième saison de suite dans l’antichambre de l’élite, ce qui n’était jamais arrivé, avec des propriétaires venant de Chine dont on ne connaît toujours pas les volontés 2 ans après leur arrivée. Notre jaune de par son apparence, est toujours or à mes yeux de supporter invétéré ; quant au bleu, malgré sa réapparition sur le maillot domicile, n’est plus roi. La communication historique de façade, contraste avec le sentiment actuel que cet historique semble oublié.

Admettons mon possible tort, en argumentant le fait qu’il faut arrêter de vivre dans le passé. Les garanties et les volontés des dirigeants actuels, dont il est impossible de s’y accrocher aujourd’hui car elles se résument à des inepties, font que les nostalgiques s’attachent seulement à leur passé commun avec ce club, qui amenait joie, solidarité et bonheur « familial ». Aujourd’hui, avant la rencontre, les plus communicatifs de leur fanatisme se sont donnés rendez-vous deux heures avant la reprise, pour montrer leur soutien indéfectible à un effectif qui semble avoir de l’allant, composé de nouveaux visages plein d’insouciance.

19.20.20.21.21.24.28. Voici les âges des sept nouveaux arrivants qui ont la tâche de « rebooster » ce club et refaire briller ce football Franc-Comtois géographique après tant d’années fastes. Des joueurs inconnus du grand public pour la plupart, mais dont la marge de progression peut être importante. Ce championnat de Ligue 2 démarre aujourd’hui, avec un FCSM dont on ne connaît pas l’objectif, dont on ne connaît pas le niveau sur le papier, mais qui peut créer la surprise, voire plus.

L’envie de rejoindre et de relever ce club chez les arrivants est incontestable, avec leur ego et en connaissance de leurs capacités : cela peut amener quelque chose, ou pas, mais c’est positif de notre œil avant la première journée. Ce dont on peut être sûr, c’est que le spectacle devrait être de la partie plus que lors des saisons précédentes, ce qui explique notre impatience à l’idée de reprendre et d’entonner nos chants, à la gloire de l’institution, et de qui bon le méritera.

Notre sauveur désigné pourrait s’appeler Peter Zeidler, entraîneur allemand avec l’accent français (ou l’inverse, je ne sais plus) qui peut amener une lueur d’espoir. En plus d’être la coqueluche, il pourrait redonner du baume au coeur à tous les suiveurs assidus de notre club. L’homme du mercato, la personne ayant une mentalité de jouer haut, offensif, vers l’avant. Que de qualificatifs pour décrire ce monsieur, qui donne l’impression de donner une importance certaine à l’humain, à la psychologie, au bien être. Il a toutes les caractéristiques pour devenir inoubliable, mais on a eu l’habitude de ne plus trop en faire, ici, vu comment ça se termine.

Notre colère à travers moult affaires de notre propriétaire, alors qu’on a rien demandé de tout ça, nous, va pouvoir enfin s’estomper cet été en lieu et place du football : le vrai, le pur. Ce sentiment d’impatience et d’optimisme, mélangé à une impuissance et à la peur de l’avenir proche, fait de mon fanatisme quelque chose d’indigeste et d’exacerbé au matin de la reprise des hostilités.

En effet, malgré tout ce qui gravite de néfaste autour de ce club, il y a des onces de positivité à avoir si l’effectif professionnel se concentre sur ses objectifs. Moi, en ce matin du 28 juillet, je décide de faire abstraction des affaires pour faire place au football, car il n’y a que ça de vrai, sans pour autant oublier ce qu’il y a autour. Nous avons la possibilité avec ce nouvel entraîneur d’assister à un spectacle avec des joueurs qui se donnent, qui tentent sans complexe.

Le terrain est le seul juge de paix dans ce monde, et les performances redonneront vie au club, peu importe sa composition. On vibrera grâce au sportif, et grâce au terrain. Il y a de quoi donner notre confiance à tous ceux qui ont voulu rester, à ceux qui veulent que le club se relève : ça passera par les joueurs et par la confiance qu’on leur offre. Pressing, jeu au sol et rapide. Rien de tel que ce football qu’on aime, pour retrouver un club tel qu’il était avec sa symbolique de beau jeu.

Que le soleil revienne et perdure après ce 28 juillet, au lendemain d’une première nuit tombante avec 11 lueurs jaune brillant nous ayant offert un spectacle haletant. Nous souhaitons un souvenir de cette soirée, dont on veut qu’elle soit synonyme de renouveau, dont on veut qu’elle présage le meilleur, pour nos couleurs, seulement nos couleurs.

Que cette année soit la bonne, même si on y croit de loin, de très loin.

 

Jérémy LAMBOLEY

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