Sochaux : Li n’est plus président, mais rôde toujours autour

Lors de la démission forcée de Wing Sang Li de la présidence du FC Sochaux le mois dernier, on pensait que l’intéressé serait mis hors de nuire. Mais que nenni ! L’homme d’affaires hongkongais est présent en France, pour le bien du club, et non ses affaires personnelles.

Forcé de démissionner, mais désormais mandaté pour la vente du club

Une faillite personnelle rendant ses capacités de gestion illicites

Suite à des affaires de fraude en Suisse sur des placements immobiliers litigieux, Wing Sang Li est confronté à la justice helvète. Le verdict tombe le 2 avril dernier : il est déclaré en faillite personnelle. De ce fait, il n’a plus le droit d’exercer de fonction de gestion. C’est pourquoi il ne peut continuer à siéger à la présidence de Tech Pro, entreprise dont il est l’actionnaire majoritaire avec 5% des parts.

Le FC Sochaux-Montbéliard appartenant à Tech Pro, le président des deux entités doit être le même. Lors de la nomination de Frederic Dong Bo à la tête de la firme chinoise, il annonce que Wig Sang Li doit quitter son poste à Sochaux. La passation de pouvoir s’effectue le 3 avril, après la défaite dans les ultimes instants du match contre le Red Star à domicile.

Plus présent dans l’organigramme, mais tapi dans l’ombre

C’est donc à partir de là que les choses s’embellissent, si l’ironie peut s’accorder ici. Suite à la volonté de son prédécesseur, le club est mis en vente. A l’intérieur de l’entreprise Tech Pro, des personnes sont mandatés pour trouver un repreneur. Et comme par hasard, Li possède un mandat ! Il essaie, depuis plus d’un mois, de trouver quelqu’un étant intéressé et possédant les ressources nécessaires pour vendre au montant souhaité. Et pour le moment, il se retrouve bredouille. Au final, ce n’est pas plus mal, au vu de son pedigree, tout le monde pourrait penser qu’il chercherait un nouvel escroc…

Pour accentuer le tout, l’Est Républicain révèle que ces derniers jours, il se trouve à Montbéliard. Cette fois-ci, il est connu pour négocier des ventes de joueurs du club. Les jeunes en question sont Alexandre Nsakala et Jean Ruiz, les deux en partance à Sion, en Suisse. Le premier, pro depuis un an en Doubs, devrait partir librement, sans indemnité de transfert. Pour le second, le milieu de terrain devrait rapporter un peu d’argent même s’il ne lui reste qu’un an de contrat. Une somme ancedotique, mais qui sera toujours importante pour la DNCG.

Connu pour ses fraudes et son excès à piocher dans les caisses du club, Li passe tous ses frais au nom du club. La Tesla payée avec les sous du FCSM, qu’il a conservé, voit son entretien financée par le club. Ses sorties au restaurant à Montbéliard pour les affaires également. Invraisemblable…

Une entreprise marocaine se positionne pour un éventuel rachat

L’info est sortie également hier dans les médias locaux. Le groupe Green Plus, basé à Agadir, au Maroc, a transmis une offre à Tech Pro. Elle comprend les fonds nécessaires pour passer la DNCG le 1er juillet (Le club est retrogradé en National 1 pour des insuffisances financières), et une somme de 3,5 millions d’euros pour racheter le reste des parts du club. Une offre directement négociée par les actionnaires chinois.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entreprise dirigé par Abdella El Mendli donne des airs de confiance. Le groupe spécialisé dans l’agriculture produit fruits et légumes sur 5.000 hectares souhaite se développer à l’international et notamment sur le marché français en s’appuyant sur un club de football réputé. De plus, la société possède également une branche dans l’immobilier.

Pour s’assurer de vouloir racheter le club, les potentiels investisseurs souhaitent la complète transparence des comptes, de la situation administrative, et les transferts en cours. Minutieux et stratégiques, Green Plus fait bonne figure devant un public désespéré et dont une partie d’entre eux ne croient plus en grand chose.

Avant de vendre, il reste le problème Nenking et l’entêtement de la Bourse

Comme expliqué lors d’un précédent article, Phoenix Limited, filiale du groupe chinois Nenking, possède une créance sur Tech Pro, avec le club en gage. Le prêt de 3,5 millions d’euros n’est toujours pas payé et un autre problème survient. La Bourse de Hong Kong, qui avait suspendu le cours de l’action auparavant, bloque toute vente du FCSM pour le moment. Tant que le feu vert de l’organisme ne sera pas donné, il est impossible pour toutes les parties d’effectuer des actions financières autour du club.

Le feu vert peut intervenir au plus tard mi-août, au mieux avant le 1er juillet, date de l’audition par la DNCG. Ce qui serait bénéfique pour tous. D’un côté, Nenking pourra soit récupérer son prêt, soit le club en plus. De ce fait, la firme aura le choix de conserver le club et élaborer un budget pour la saison prochaine, soit le vendre dans la foulée à une personne morale en capacité de reprendre Sochaux. Pour le bien de tous, la Bourse devrait donner sa sentence avant la fin du mois, sinon cela engendrait des problèmes au club jaune et bleu tant à sa survie en Ligue 2. Néanmoins, la vente de Lucien Agoume, qui tarde à s’officialiser, devrait permettre au club de passer les gendarmes financiers de la Ligue. Affaire à suivre donc.

Comme vous l’aurez compris, l’impasse est grand pour tout le monde. Tant le public que les acteurs concernés. Il faut désormais attendre, avec beaucoup de stress, que la situation se décante. Le feuilleton FCSM est loin d’être fini, au grand dam des supporters…

 

Crédit photo : France Bleu

A propos de l'auteur

Rédacteur football, basket, eSport pour We Sport FR et chroniqueur radio pour l'émission Soyons Sports à Shalom Besançon. Fan du FC Sochaux depuis qu'un certain Teddy Richert a fait des merveilles en finale de Coupe de France 2007.

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