Stade Malherbe de Caen – Le bilan : Des Normands loin d’être conquérants

Qui dit fin de saison dit forcément bilan. Aujourd’hui direction la Normandie pour s’occuper du cas du SM Caen, et dire que la saison a été compliquée serait un euphémisme. Après avoir souvent fait l’ascenseur, le club Normand s’était enfin stabilisé avec une quatrième saison dans l’élite. À WeSportFR, on s’est donc collé à un bilan d’une équipe qui alerte spoiler, jouera en Domino’s Ligue 2 l’an prochain. Retour sur une saison noire pour le Stade Malherbe.

 

Un premier bilan sportif

Dès l’été, la saison s’est vu impactée par le “putsh” et l’éviction de la figure importante du club en la personne de son président Jean François Fortin. Dans ce climat chahuté, il a fallut trouver rapidement trouver un entraineur. Le choix s’est porté sur Fabien Mercadal, ancien entraineur du Paris Fc. Le début de saison est plutôt positif avec des nuls contre Lyon, Nice et Nantes et une victoire contre Dijon. Mais devant l’incapacité de l’équipe a prendre pus de points Fabien Mercadal va delaissé son désir de beau jeu pour un style plus pragmatique. Pour des résultats plus que limités, 5 défaites en 7 matchs entre octobre et novembre, mettant en lumière la faiblesse de l’effectif. Le mercato d’hiver semble arriver au bon moment pour renforcer l’équipe. Mais ce mercato va être un véritable échec, incapable de trouver une recrue le club va se rabattre sur Aly N’dom. Le milieu de terrain en provenance du stade de Reims ne va jouer qu’une mi-temps à Caen, enchaînant les blessures.

Côté départ, Frederic Guilbert s’engage à Aston Villa ( un des seuls qui a eu le flair cette saison) mais est prêté pour la suite de la saison. Devant les résultats négatifs, un changement de coach est envisagé. « Dans l’optique du maintien parmi l’élite, le Stade Malherbe a souhaité apporter un souffle nouveau à son staff sportif à travers le regard expérimenté de Rolland Courbis. » C’est ainsi que le SM Caen annonce le 21 février l’arrivée de Rolland Courbis au côté de Fabien Mercadal. Ce duo bicéphale va beaucoup interroger sur le rôle de chacun, Rolland Courbis allant aux conférences d’avant-match et s’exprimant beaucoup. Engagé dans une lutte pour le maintien et dans un bon parcours en Coupe de France ( élimination en 1/4 de finale par Lyon),  les Caennais vont subir plusieurs déroutes remettant en cause cet objectif du maintien. La correction à domicile face à Saint-Etienne (0/5) et celle contre Angers (0/1) ont fait énormément de mal aux têtes. De plus le SM Caen a dut faire face à des accusations infondées de la part du président de Guingamp, Bertrand Desplat contre un possible trucage du match Caen-Angers.

Ces allégations  fondées sur une boutade entre deux jeunes n’as pas aidé le club a se concentrer de manière sereine sur le maintien. “Je me demande quand la Ligue va lui dire stop, et j’ai toujours en travers de la gorge la manière dont on a été emmerdé sur la préparation de ce match contre Angers, déclarait Rolland Courbis. Je remercie M. Desplat de nous avoir remobilisé après Angers, quand on est était KO. Là, on ne l’est qu’à moitié.” Alors que l’on pensait le club au fond du trou et déjà condamné, dans un ultime sursaut les joueurs normands vont enchainer deux victoires contre Nice et Dijon, un nul contre Guingamp et une victoire à l’arrachée contre Reims. Cette série va redonner de l’espoir à tout un club concentré sur l’objectif du maintien. Mais à trop jouer avec le feu on finit toujours par se brûler et après un énième non-match contre un Bordeaux en vacances depuis déjà 2 mois, les Caennais sont relégués à l’étage inférieur. Et le pire c’est que cela semble mérité au regard de la saison.

 

Le conseil de classe des joueurs (qui ont le plus joué) 

 

Brice Samba : A l’image de son équipe, capable de matchs éblouissants ( Monaco, Nice) et de gros trous d’air (Paris, Saint Étienne). Un énorme potentiel et un jeu au pied à travailler, les dirigeants doivent tout faire pour le garder.

Fréderic Guilbert : Le natif de Valognes, a encore montré un devouement et un abbatage de tous les instants pour son club. Meilleur tacleur d’Europe, dépannant parfois dans l’axe il a encore été précieux. Ses larmes au moment de la relegation sont un déchirement pour les supporters caennais. Bon vent en Angleterre Fred, tu le mérites.

Alexander Djiku : Après le départ de Damien Da Silva, il a endossé le rôle de leader de la défense de Malherbe. Toujours bon dans ses placements et sa lecture du jeu, il devrait logiquement s’envoler vers d’autres cieux.

Jonathan Gradit : Presque inconnu de la Ligue 1, l’ancien Tourangeau est une des rares surprise du recrutement caennais. Couteau suisse capable de jouer à droite il s’est vu replacé en charnière au côté de Djiku du fait du rendement décevant de Paul Baysse. Indispensable dans la reconstruction.

Yoel Armougom/ Emmanuel Imorou : Toute la saison le poste de latéral gauche a subi des modifications, Fabien Mercadal cherchant la bonne formule entre le jeune Armougom encore un peu tendre défensivement pour la Ligue 1, Adama M’bengue qui n’as pas confirmer et Emannuel Imorou handicapé par les blessures. Assurément un des postes faibles du 11 malherbiste.

Prince Oniangué :Formé au club, son retour fut plutôt salué comme un bon coup par les supporters. Promu capitaine lors des matchs de pré-saison , il a gardé le brassard apportant son expérience au groupe. Irrégulier dans ses performances il s’est blessé au moment de l’arrivée de Rolland Courbis, perdant sa place avec le changement de système et son capitanat. Faisant partie des gros salaires de l’équipe, il ne sera pas retenu.

Jessy Deminguet : Pur produit du centre de formation de malherbe, le jeune Deminguet a su s’imposer dans le 11 Malherbiste, remplaçant Prince Oniangué au côté de Fayçal Fajr. Toujours juste techniquement, il est une des rares satisfactions de la saison, mais aussi un des seuls jeunes à grosse valeur marchandes. Il a vu sa belle saison récompensée avec une prolongation hier. Il sera un des cadres de l’équipe l’an prochain.

Fayçal Fajr : Personnalité clivante que Fayçal Fajr. Adulé pour ses coups de génie et sa volonté de ne jamais rien lâcher. Il a aussi beaucoup énervé par son caractère, divisant le vestiaire. L’international marocain impliqué sur 11 buts, n’as jamais été mis dans une position fixe sur le terrain ne facilitant pas sa tâche. Venu en Normandie pour se rapprocher de sa famille peut déjà vouloir  changer d’air.

Saîf-Eddine Khaoui : Prêté dans les dernières heures du mercato par l’OM, son association avec Fayçal Fajr s’annonçait prometteuse. Malheureusement l’international tunisien n’as jamais été régulier dans ses performances, capables de superbes réalisations ( Strasbourg, Toulouse), et de (trop nombreux) matchs transparents. Sa capacité à faire les efforts en Ligue 1 peut-être remis en cause.

Enzo Crivelli : L’apache n’as jamais cessé de se démener sur le front de l’attaque caennaise. Meilleur buteur de l’équipe avec 6 buts il a beaucoup couru sans recevoir de ballons. Il sera précieux dans l’optique de remontée

Malik Tchokounté : Arrivé dans les valises de Fabien Mercadal depuis le Paris FC, le pauvre Malik a traîné sa peine tout au long de la saison. Souvent associé avec Enzo Crivelli il n as jamais semblé avoir passé le changement de division. Une saison à oublier.

Le conseil de classe des dirigeants 

Fabien Mercadal et Gilles Sergent / Crédit photo : Ouest France

Bien entendu ce ne sont pas les dirigeants qui sont sur le terrain, mais ils sont les grands responsables de cette saison.

Gilles Sergent : L’instigateur du putsh qui a fait quitter son poste à Jean François Fortin, est celui qui cristallise toute les critiques. Sa prise de pouvoir alors que le club était stabilisé avec le projet Malherbe 2020, a souvent été remise en cause. Il a nommé des hommes qui n’ont jamais pris la parole et inconnu des supporters caennais (Arnaud Tanguy, directeur général). Inexpérimenté dans le milieu du football, il a nommé un entraineur tout aussi inexpérimenté à la Ligue 1. Lui qui pendant l’été avait annoncé de grandes mesures ne les a jamais tenu. Sans assumer son échec, le désormais ancien président de Caen évoque le stress, la gestion de l’entreprise qu’il dirige et la pression médiatique pour justifier sa démission, affirmant que même si Malherbe s’était maintenu il serait parti en fin de saison.

 

Alain Caveglia : Au club depuis 2011, le directeur sportif et responsable du recrutement du Stade Malherbe s’est vu signifier la fin de sa mission au club le 30 avril. Il paie plusieurs mercatos ratés malgré qu’il se défende en rappelant ses bonnes trouvailles ” Cela a aussi été un recrutement par rapport à un budget de 17e de Ligue 1. On pourrait parler aussi de Kanté, Da Silva, Samba, Appiah et bien d’autres…”. Le mercato d’été fut un échec ( Baysse, Bammou, Khaoui, Beauvue), et le mercato d’hiver inexistant. Certains joueurs ont été achetés beaucoup trop cher et ses achats se paieront dans l’avenir.

 

Fabien Mercadal :  L’entraineur du Stade Malherbe a une grande part de responsabilité dans cette saison difficile. Arrivé du Paris Fc avec un projet de jeu basé sur la possession, n’as jamais pus (su) le mettre en place. Il s’est aussi mis à dos des cadres de l’équipe dont Claudio Beauvue jamais mis dans les meilleures dispositions. Son duo bicéphale avec Rolland Courbis, n’as eu pour but que de le décrédibiliser un peu plus. Relégué au second plan, il s’en va après une saison éprouvante pour lui. Il laisse l’image d’un entraîneur amoureux du football mais qui pour sa première saison en Ligue 1, est tombé dans un club trop malade en interne. Il devrait rebondir rapidement avec déjà des contacts avec une rapide signature au Cercle de Bruges. Merci coach et bon vent chez nos voisins.

 

Et pour l’an prochain ? 

 

Une descente en Domino’s Ligue 2, annonce de nombreux changements. En premier lieu un changement de présidence, Fabrice Clément prend en main le club. L’ancien président de l’US Granville va apporter l’expérience de la gestion d’un club chose que n’avais pas Gilles Sergent. L’ancien malherbiste (2003-2006)  Yohan Eudeline devient le nouveau responsable du recrutement et devra apporter ses idées avec peu de moyens. Ancien recruteur pour le SCO d’Angers, elle est peut être là la belle surprise de l’été du coté de malherbe. Enfin après de longues semaines de recherches et de nombreux refus un nouvel entraineur a été nommé. Ce sera l’ancien coach de l’ESTAC Rui Almeida, qui arrive pour deux saisons plus une en option. Il aura pour mission de redonner confiance à un groupe qui sort d’une saison traumatisante en s’appuyant sur les nombreux jeunes. L’avenir du stade Malherbe passe par garder certains joueurs cadres ( Samba, Gradit, Deminguet) et développer les jeune déjà aperçu ( Zahary, Joseph, Armougom, Moussaki). La concurrence sera forte en Ligue 2 cette saison, la remontée directe parait ardue.

 

Un retour à l’échelon inférieur, peut être bénéfique pour un club qui doit se reconstruire et retrouver de la stabilité. Encore un été avec de nombreux changements, qu’ils soient au niveau de la direction. Ou pour l’effectif qui devrait beaucoup bouger. Le club possède de nombreux jeunes prometteurs, la réussite de la prochaine saison passe par leur bonne utilisation. Boa sorte coach.

 

 

Crédit photo couverture : Damien Meyer AFP

 

A propos de l'auteur

Je cours, j’analyse la Ligue 1 et je regarde de la Nba jusqu'à 5 h du matin . Celtics fan et habitué au maintien de la dernière journée avec le SM Caen. @Lejeune98Adrien chez l'oiseau bleu.

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