The Anfield chronicles, épisode 8

Supporter des Reds depuis 20 ans et présent régulièrement à Anfield depuis 2014 (10-12 matchs par saison en moyenne, en fonction du parcours dans les Coupes), mon but avec cette rubrique est simplement de partager et faire découvrir ce stade mythique et son ambiance magique, au travers de mes voyages répétés la bas et d’anecdotes pour rythmer une saison qui s’annonce grandiose pour le Liverpool Football Club. Bon voyage !

Il était tout simplement impensable pour moi de ne pas y être ! Après avoir manqué Bâle pour la finale de l’Europa League en 2016 et Kiev en 2018, à chaque fois pour des détails, je ne pouvais pas manquer Madrid, même sans ticket. Si bien que j’ai pris des risques et tenter le tout pour le tout : l’avion était réservé bien avant que les 1/2 finales face au FC Barcelone n’ait eu lieu. La réflexion était toute simple : Plus j’attendais, plus les prix allaient augmenter et les places être prises d’assauts. Il a donc fallu agir vite et espérer que le résultat soit le bon lors des 1/2. Autant dire qu’après le match aller, j’ai passé une semaine difficile.

 

D’autant plus difficile qu’après l’improbable but de Kompany face à Leicester, Manchester City montrait que le championnat était pour eux et qu’il ne fallait pas attendre de miracle de ce côté. Dés lors, il ne restait que la Champions League pour éviter une nouvelle saison vierge de titre pour ce groupe qui en méritait pourtant au moins un pour l’ensemble de leur saison. Mais avec un déficit pas franchement mérité de 3 buts plus les absences de Salah et Firmino, la mission s’annonçait proprement impossible.

Destination Madrid

C’est mal connaître Anfield, stade ou tant de miracles ont eu lieu en Coupe d’Europe au fil des années que même Lourdes a porté plainte pour plagiat. Titularisés à la place du Roi d’Egypte et du Brésilien, Origi et Shaqiri vont jouer un rôle important dans cette soirée de folie, probablement la plus incroyable qu’ait vécu Liverpool sur la scène Européenne. Un doublé du Cult Hero Belge, un autre de Gini Wijnaldum entré à la pause à la place d’Andy Robertson, le corner d’Alexander Arnold pour le 4ème but, l’excellente prestation de Fabinho qui a tout contrôlé au milieu … la soirée fût en tout point parfaite et les Reds pouvaient dignement fêter leur qualification pour une 9ème finale de Champions League dans leur riche histoire … et me permettre de préparer mon voyage pour Madrid plus sereinement même si l’excitation n’était jamais loin !

 

Si la question de l’avion était déjà réglée depuis belle lurette, restait à trouver un hôtel sur Madrid ou autour. Sauf que tout est déjà pris depuis de nombreux mois, même une recherche en février s’était avérée infructueuse, soit c’était complet, soit les rares chambres encore disponibles étaient hors de prix. Mais au moment ou je m’étais clairement mis en tête d’aller dormir à l’aéroport en attendant mon vol retour qui de toute façon était ultra tôt le matin (6h15), j’ai eu droit à un petit coup de pouce du destin (ou de Lucas Moura, c’est selon) : le but dans les ultimes secondes du Brésilien qualifie Tottenham pour la finale aux dépends d’une vaillante équipe de l’Ajax. 2 bonnes nouvelles pour moi sur ce coup : je m’évite des soucis à l’aller (mon vol pour Madrid à une escale de 2 heures à Amsterdam) et me voilà avec une chambre d’hôtel ! Explications : ma copine est hôtesse de l’air pour une compagnie privée qui s’occupe parfois des équipes de Premier League, parfois de stars de cinema, des groupes de musique en tournée etc … Et dés le lendemain de la qualification de Tottenham, elle apprend qu’elle travaille sur le vol qui amène des familles des joueurs des Spurs à Madrid ! Me voilà donc à squatter dans un 3 étoiles de Madrid avec ma copine, difficile d’imaginer mieux !

 

Le jour J arrive. Départ de l’aéroport de Birmingham à 9h15, arrivée à l’aéroport d’Amsterdam peu avant midi, puis nouveau vol en direction de Madrid. A peine arrivé, direction le métro pour rejoindre la Fan Zone avant sa fermeture à 18h. J’arrive sur place vers 17h10 et même s’il n’y a plus de musique Live, l’ambiance est encore bouillante et les fans en nombre, plus de 50000 personnes massées sur cette grande place ou la bière est chère mais coule à flot ! Les chants se succèdent à la gloire de nos héros en rouge, Virgil Van Dijk, Mohammed Salah, Gini Wijnaldum et le très populaire Roberto Firmino, avec cette chanson qui reste constamment en tête et qui semble ne jamais finir … l’ambiance est top, ma copine me rejoint, on mange vite fait et on se met à la recherche d’un bar ou regarder le match.

 

 

Les quelques bars autour de la fan zone sont évidemment pris d’assauts et remplis de fans hystériques, qui continuent de donner de la voix sans répit. Après plusieurs essais, on trouve finalement place dans un petit bar ou les drapeaux ont fleuris contre les murs et ou on s’entasse dans la bonne humeur en attendant le match. Les locaux ont compris le business : 10 Euros pour une bière, c’est bien parce qu’on est en finale hein ! Coup d’envoi, 22 secondes de jeu, penalty ! Premier réflexe : protéger la bière, parce qu’à ce prix là, t’as pas envie que quelqu’un te la renverse d’un geste brusque ! Mo Salah s’élance et transforme, envoyant une bonne partie de Madrid dans un délire sans fin ! Le reste de la 1ère mi-temps est assez insipide, on comprend vite qu’on n’assiste pas à une grande finale, mais le plus important étant ce petit but d’avance qu’on arrive à conserver jusqu’à la pause. 45 mins de jeu, 1-0, tout va bien …

 

… puis c’est l’incompréhension dans le bar : la police arrive et fait évacuer puis fermer l’établissement ! Personne n’a compris. Il n’y avait pas de bagarre, aucun accident à déplorer, tout allait parfaitement bien, mais nous voilà dans la rue à chercher un autre endroit pour regarder la 2ème mi-temps ! Au bout de quelques minutes on tombe sur une sorte de kébab qui avait placé un écran sur le devant de sa vitrine, à l’extérieur. Imaginez la scène : environ 200 fans des Reds entassés sur le trottoir, les places de parking et la route, les yeux rivés sur une télé d’une taille dérisoire ou on voit à peine ce qui se passe ! 2ème mi-temps surréaliste mais l’ambiance est toujours là, c’est toujours mieux que de ne rien voir du tout. Les chants continuent pendant que les joueurs tentent de résister aux quelques attaques des Spurs. Alisson signe quelques arrêts mais rien de vraiment dangereux côté Tottenham pour vraiment faire flancher cette défense des Reds qui aura été héroïque tout la saison.

WE WON IT 6 TIMES

Puis vient la libération : à 2 minutes de la fin, Divock Origi, le SuperSub ultime (Everton en décembre, Newcastle etc …), place une frappe croisée du gauche qui fait chavirer tout les Reds à travers le monde : cette fois c’est sur, nous sommes champions d’Europe ! Plus personne ne regarde vraiment l’écran, tout le monde saute de joie et danse dans les rues de Madrid, sur les trottoirs, sur la route … Les Reds l’ont fait ! Oubliez Kiev, oubliez les 6 finales de suite perdues par Klopp, let’s talk about 6 baby !

 

 

Le temps de voir Jordan Henderson soulever la Coupe (et quelle récompense pour lui, qui aura tellement bouffé de critiques ces dernières années) et c’est le moment de rejoindre l’hôtel pour une courte nuit avant une journée du dimanche qui s’annonce grandiose elle aussi.

 

4h30 du matin, aéroport de Madrid. Visiblement je n’étais pas le seul à avoir imaginer dormir dans le hall en attendant mon avion, des centaines et des centaines de fans des 2 équipes sont en train de dormir sur les bancs ou à même le sol en attendant de rentrer chez eux. Mon vol va jusqu’à … Londres ! Me voilà donc tout sourire prêt à embarquer, entouré par tout les fans de Tottenham qui ne demandent qu’à rentrer chez eux, dépités. A peine de temps de fermer les yeux dans l’avion qu’on arrive à Londres, ou le périple se poursuit en train, direction Liverpool pour assister à la parade, prévue à 16h.

 

Un changement de train à Birmingham mais pas le temps de repasser par la maison. Le trajet jusqu’à Liverpool se fait dans un train absolument bondé, sur les 4 arrêts avant d’arriver à Liverpool, de nombreux fans des Reds qui attendaient pour rentrer sont restés à quai, plus de place. Une fois à Liverpool, l’ambiance est une nouvelle fois grandiose et on tente de combler l’attente jusqu’au moment ou on pourra apercevoir nos héros. Je suis placé vers les docks, pratiquement à la fin de la parade donc j’ai quelques heures devant moi avant l’arrivée de Klopp and Coe. On discute, on échange, on chante, on boit encore et encore (un thème récurrent du weekend) et vers 19h30, les voilà enfin ! Sur le devant du bus, Jurgen Klopp, ce génie que je n’échangerais contre rien ni personne ou monde, soulève la coupe à plusieurs reprises au plus grand plaisir d’une foule incroyable. Les dernières estimations annonçaient pas loin de 900000 personnes présentes à la parade ce jour là, soit presque le double de la population de Liverpool !

Un weekend de folie !

Il est l’heure de penser au retour, non sans péripéties. Avec tout ce monde qui est venu d’ailleurs pour assister à la parade, les trains pour repartir sont évidemment pleins à craquer et même extrêmement difficile d’accès. Des bus de remplacements sont mis en place au dernier moment et 3 heures plus tard que prévu, me voilà enfin de retour à la maison. Birmingham > Amsterdam > Madrid > Londres > Liverpool > Birmingham en moins de 48 heures, 3 avions, 4 trains, 3 métros, 2 taxis et 1 bus ! Mais des souvenirs plein la tête, tous aussi fabuleux les uns que les autres. Si c’était à refaire, ce serait sans la moindre hésitation, parce que vivre une telle expérience, voir son club remporter un trophée aussi prestigieux et être au coeur de tout ça, c’est un sentiment inégalable. L’année prochaine pour la finale à Istanbul, lieu ô combien vénéré par les fans des Reds ? Après tout, la finale aura lieu le jour de mon anniversaire …

 

We won it 6 times.

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