The Greek Freak : un plafond, quel plafond ?

L’énigme “Greek Freak”. Aujourd’hui, Giannis Antetokounmpo peut vraisemblablement prétendre au trophée de Most Valuable Player, à seulement 24 ans. Trop fort, trop dominant des deux côtés du terrain, le MIP 2017 ne présente presque aucun défaut dans son jeu. Mais d’où vient le Freak le plus dominant de la ligue ? Jusqu’où peut-il aller, quel est seulement son plafond ? 

Il y a encore 3 ans, peu nombreux étaient ceux qui plaçaient le Grec dans le haut de la liste des joueurs NBA. Aujourd’hui, ne pas le placer dans le top 5 relève presque du blasphème, lui qui domine de la tête et des épaules la course au titre de MVP pour beaucoup. Il n’a pourtant que 24 ans, mais cette évolution s’est faite en quelques années.

Une fulgurante et surprenante ascension..

Revenir sur l’enfance et l’histoire du phénomène serait trop long, bien que très intéressant. Nous vous conseillons donc le court documentaire réalisé par TNT “Finding Giannis” (disponible sur Youtube) si vous voulez en apprendre plus sur les origines de celui qu’on appelle aujourd’hui le “Greek Freak”.

Néanmoins, il paraît important de retracer brièvement son début de carrière et son évolution dans la ligue, tant cette dernière ne cesse d’impressionner. Giannis est choisi à 18 ans en 15ème position de la Draft 2013 (celle de Steven Adams ou Victor Oladipo notamment) par les Milwaukee Bucks, choix qui étonne pas mal de monde à l’époque. En effet, Giannis évoluait jusque là au sein du championnat grec, réputé peu compétitif.

Bien que correcte, sa saison rookie ne laisse pas présager de sa future domination : environ 7 points et 4 rebonds de moyenne pour 24 minutes de jeu. Sa saison sophomore le verra doubler sa moyenne de points et devenir un titulaire quasi indiscutable dans cette équipe des Bucks qui retrouvera les Playoffs à la fin de l’exercice 2014 – 2015. Giannis évolue déjà à plusieurs postes, capable de mener l’attaque comme joueur sur les ailes. Mais s’il est déjà grand par la taille, Giannis n’est encore qu’un jeunot, et son physique n’est pas encore celui qu’on lui connait aujourd’hui.

 

Avril 2015 : Giannis Antetokounmpo est alors encore un “enfant”, et son physique est encore peu développé.
Crédits: Bill Streicher-USA TODAY Sports

 

Sa troisième saison le voit continuer sa progression et gonfler son impact et ses stats : à 21 ans, l’ailier compile en moyenne 17 points, près de 8 rebonds, 4 passes et quelques interceptions et contres. Le coach des Bucks, Jason Kidd, met déjà beaucoup de responsabilités sur son jeune prodige. Petit à petit, celui-ci va s’étoffer et se construire un vrai physique d’athlète.

Sa quatrième saison est celle de sa révélation au monde entier : 23 points de moyenne, près de 9 rebonds, 5 passes, presque 2 contres et 1,5 interceptions de moyenne, Giannis s’impose comme le candidat évident au trophée de Most Improved Player (meilleure progression par rapport à l’année précédente) qu’il remportera à la fin de la saison. All-Star titulaire pour la 1ère fois de sa carrière, la jeune star des Bucks (tout juste 22 ans alors) fait son “statement” : il faudra compter avec lui pour l’avenir de la NBA.

 

Corps d’enfant ? Plus maintenant, Giannis est un vrai athlète, un monstre physique.
Crédits : Dustin Snipes.

 

.. pour un potentiel trophée de MVP ?

Parce que oui, on en est là. Giannis est depuis 2 saisons dans la course au plus prestigieux trophée “individuel” de la NBA, celui de MVP. Sa saison 2017 – 2018 l’a vu atteindre des sommets individuels rarement vus pour un joueur, qui plus est aussi jeune : 27 points, 10 rebonds, 5 assists, 1,5 contres et 1,5 steals de moyenne, bonjour le code WiFi. Néanmoins, les résultats collectifs lui coûteront des places dans la course au MVP, mais ce n’est que partie remise..

.. puisqu’aujourd’hui, Giannis est pour la plupart le leader de cette course. Les Bucks sont actuellement premiers de la conférence Est (avec le meilleur bilan de la ligue, s’il vous plaît) et jouent l’une des meilleures attaques et défenses de la nba. Et devinez grâce à qui ? Bingo, le Greek Freak roule littéralement sur la concurrence depuis le début de la saison, et ce avec une régularité aussi effrayante que naturelle.

Le jeune Giannis (tout juste 24 ans hein, on le rappelle) est maintenant une bête de 2m11 et 110 kg, plus rapide et mobile que la plupart des meneurs et plus puissante que certain pivots. C’est donc 27 points, plus de 12 rebonds et 6 passes (sans compter les habituels 1,5 contres et interceptions) qui sont au menu tous les soirs dans le Wisconsin, et ce en à peine 33 minutes de jeu de moyenne.

 

Capitaine de la Team Giannis au All-Star Game 2019 à Charlotte, Giannis est déjà considéré par ses pairs comme l’un des meilleurs, et par beaucoup comme le successeur de LeBron sur le trône de l’Est.
Crédits : Streeter Lecka/Getty Images/AFP

 

Parce que si le monsieur joue principalement poste 4, ses qualités athlétiques hors normes et sa vision de jeu lui permettent en fait de jouer à tous les postes, un peu à la manière d’un LeBron James (avec quelques centimètres de plus.) Ultra complet, excellent passeur, Giannis est intraitable sur le plan offensif comme défensif. La meilleure preuve en est qu’en plus d’être dans les favoris pour le MVP, il l’est aussi pour le trophée de DPOY (défenseur de l’année).

Ses qualités athlétiques suffisamment monstrueuses pour sauter au-dessus d’un joueur pour effectuer un alley-oop (rip Tim Hardaway Jr, et merci d’avoir participé au plus beau dunk de ces dernières années) lui permettent aussi de tenir n’importe quel joueur au poste et de gober plus de rebonds que de nombreux pivots, mais aussi de dunker à gogo, contrer à foison, et ce avec une régularité presque “LeBronesque”. Mais alors, le jeu de Giannis a-t-il seulement des défauts ?

Mais jusqu’où peut-il aller ?

La voilà, la grande question. Celle que se posent tous les observateurs et adeptes de la NBA, celle que se posent les 29 autres franchises NBA. Quelles hauteurs reste-t-il à aller chercher pour celui qui est d’ores et déjà considéré comme l’un des 2 meilleurs à son poste au monde, qui n’a que 24 ans, et qui n’a donc pas encore atteint son prime ? Peut-il aller chambouler la hiérarchie des meilleurs ailiers-forts All-Time ? Peut-il aller chatouiller Dirk et son statut de meilleur Européen ?

 

Giannis rejoindra sûrement Dirk comme les seuls MVPs européens. Deux styles de jeu diamétralement opposés, mais l’Europe n’a jamais trouvé de meilleurs représentants.
Crédits :Dylan Buell/Getty Images

 

Le potentiel est là, aucun doute. Le talent, la domination et le leadership aussi. Giannis est un freak moderne, gâté par la nature mais aussi par une incroyable motivation et éthique de travail. L’ancien gamin des quartiers pauvres d’Athènes vit aujourd’hui son rêve, mais il en veut plus, et ça se voit. Alors, que lui “manque”-t-il ?

Eh bien, le seul vrai défaut que l’on peut trouver dans le jeu de Giannis est son shoot extérieur. Tout juste 30% derrière l’arc cette saison margé un très faible volume de tirs à 3 points pris, un certain paradoxe compte tenu de l’ère dans laquelle le Grec évolue. Mais dites-vous bien qu’il n’a que 24 ans, et qu’il a encore le temps de travailler cet aspect. Dites-vous aussi que s’il n’a pas besoin de shoot extérieur pour être aussi fort et dominant, le jour où Giannis Antetokounmpo sera un shooteur correct sera celui de la mort de la concurrence.

 

Giannis Antetokounmpo est, aux côtés des AD, Embiid et autres Simmons, le présent et le futur de la NBA. Il ne fait aucun doute qu’il représente la relève de LeBron James, surtout s’il décide comme lui de faire une grande partie de sa carrière à l’Est. Aujourd’hui les Bucks sont bien partis pour aller loin en Playoffs et pour dominer l’Est sur les prochaines saisons, aidés de leur Super Star qui n’est même pas encore dans son prime. La concurrence claque déjà des genoux, la NBA se frotte les mains avec ce nouveau fer de lance, et l’avenir s’annonce radieux pour Milwaukee. Allez Giannis, continue de nous impressionner soirs après soirs, on en redemande. 

 

Crédits image de une : Sergio Estrada-USA TODAY Sports.

A propos de l'auteur

Actuellement étudiant en école de commerce, fan de sport, surtout d'une certaine ligue qui me fait me réveiller à 2h pour regarder un Atlanta@Detroit. #ThunderUp #DajeRoma

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