Throwback : Quand Westbrook enterrait Denver.

Qu’il est long, cet été. On s’extasie sur un gamin de 13 ans qui dunk, on regarde avec nostalgie les highlights de la saison passée, on suit tant bien que mal la Free Agency. La NBA nous manque, les matchs nous manquent, les joueurs nous manquent  (non, pas toi Demarcus.) En attendant le retour aux choses sérieuses, pourquoi ne pas se remettre en mémoire quelques uns des moments les plus marquants de ces dernières saisons ? Commençons par la course au MVP de l’année dernière, et surtout par son point d’orgue. 

Le contexte.

Saison 2016 – 2017, la course au MVP entre dans une catégorie à part. C’est une course de légende qui va nous être offerte par deux protagonistes, n’en déplaise aux LeBron et autres Kawhi. Oui, malgré leur saison éclatante, les deux noms précédemment cités ne peuvent que s’incliner face à l’histoire et face, probablement, à l’une des courses au MVP les plus légendaires, disputées et mythiques. Russell Westbrook et James Harden. Le Brodie et le Barbudo. Anciens coéquipiers, amis, rivaux. Un meneur sur-athlétique et un arrière scoreur fou. 

 

(Photo by Bill Baptist/NBAE via Getty Images)

 

D’un côté, Russell Westbrook. 1m90, 91 kg de pur muscle, dynamite et explosivité. Une détente fulgurante, une hargne et une agressivité inégalées. Une véritable bête sur un parquet, que rien n’arrête. Lors de la saison 2016 – 2017, le Brodie comptabilise 42 triple-doubles, record All-Time, probablement intouchable. Les raisons de sa colère, qui s’exprime sur le parquet ? À l’été 2016, Kevin dit Durant, incroyable attaquant et compère de l’ami Russell, prend ses cliques et ses claques direction Oakland, à la surprise générale. Russell se retrouve “seul” dans le bateau du Thunder, entouré de joueurs corrects mais pas époustouflants. Alors, Russell va tout faire, tant et si bien qu’il va redéfinir le concept même de l’impossible. Statistiques finales ? 31,6 PPG, 10,7 REB, 10,4 AST, 1,6 STL. Oui, en plus de détruire le record de triple-doubles sur une raison, Westbrook termine la saison en triple-double de moyenne. Excusez du peu. 

De l’autre côté, James Harden. 1m96 et 100 kg, mais ne vous y fiez pas. Harden balade son quintal tranquillement dans les défenses adverses, à coups de step-backs, handles et euro-steps. Arrière de nature, Harden est replacé meneur avec l’arrivée de Mike d’Antoni sur le banc de Houston. En terme de technique, il n’y a peut-être que Kevin Durant qui le dépasse offensivement aujourd’hui. Très bon shooteur, il est encore plus dangereux lorsqu’il se créé ses propres occasions en 1-contre-1. Harden est un scoreur fabuleux, avec cependant quelques soucis défensifs. Mais nous ne sommes pas là pour parler du désormais arrière de Houston, aussi fabuleux soit-il. 

Après une saison éprouvante et des performances exceptionnelles de la part des deux rivaux, Harden semble avoir déjà une main sur le trophée, notamment grâce au bilan de son équipe, plus reluisant. Mais .. pourquoi toujours chercher à enterrer la bête de l’Oklahoma ? Il ne fait que revenir plus fort sans arrêt. Ce 9 avril 2017, Westbrook et les siens se déplacent à Denver. Attention, la suite est légendaire.

La rencontre, la bête et l’histoire.

Denver doit gagner. Une défaite signifierait l’impossibilité d’accéder aux Playoffs. Et les Nuggets se sont battus. Longtemps, dominant la majeure partie du match un Thunder trop centré sur Westbrook, qui faisait de son mieux pour aller chercher son 42ème et ultime triple-double. À 2min30 de la fin, les Nuggets mènent de 10 points. La messe semble dite. Jusqu’à une certaine passe du Brodie dans le corner droit, une flèche de Semaj Christon pour valider l’histoire..

Retraçons les évènements de ce match. Le Thunder se déplace donc. L’objectif est clair dans la tête des coéquipiers du Brodie : l’aider à obtenir son 42ème triple-double, et si possible en repartant avec la victoire. À ce moment, le triple-double de moyenne est déjà assuré. Le match commence, le Thunder ne joue pas un superbe basket, ce qui n’a de toutes façons jamais vraiment été le cas. Westbrook et Kanter notamment permettent au Thunder de finir le 1er quart devant (27-26). À la mi-temps, le Thunder mène d’un point, grâce aux efforts de son meneur surnaturel (53-52). Au fil du deuxième acte de ce match, Denver va progressivement prendre le pas sur Oklahoma City, grâce à un jeu intéressant autour de Jokic et Gallinari, particulièrement en forme ce soir là. À la fin du 3ème quart, les Nuggets mènent de 10 points. L’écart ne se réduit pas lors du 4ème quart, s’aggravant même jusqu’à 14 points d’avance. Westbrook cherche sa dernière passe décisive pour valider son ultime triple-double, le Thunder essaie par tous les moyens possibles de ne pas couler, Denver se réjouit déjà d’avoir pu conserver sa place de Playoffs. Puis, à 4min30 de la fin, Westbrook tente de pénétrer dans la raquette. Il voit à sa droite Semaj Christon démarqué à 3pts dans le corner droit. Passe. Filoche. Explosion du Pepsi Center. Ça y est. Le Brodie atteint son 42ème Graal. Un exploit que personne ne semblait pouvoir imaginer, pas même LeBron, Magic, Jason Kidd ou Gary Payton, de vraies pointures. Le Thunder se réveille. En fait, Westbrook se réveille, et le compétiteur qui est en lui ne peut accepter de perdre un match aussi important. 2min30 à jouer, le Thunder est mené de 10.

C’est fou comme 3 petites minutes peuvent changer l’issue d’un match qui en dure 48, surtout lorsqu’on joue contre un extraterrestre. 13. C’est le nombre de points que Westbrook va inscrire dans le money time, à coups de lay-ups, filoches et autres drives. Le Thunder recolle au score, les Nuggets ne sont plus en possession des clés du match. À 3 secondes de la fin du match et en menant de 2 petits points (103-105), ces derniers se permettent une faute, obligeant le Thunder à une remise en jeu.

3 secondes, c’est peu. Et c’est à la fois tellement long. 3 secondes, c’est le temps qu’il a fallu à notre cerveau pour assimiler ce que l’on venait de voir. 3 secondes, c’est la durée des espoirs de playoffs des Nuggets, au moment où Kyle Singler se présente sur la ligne de touche pour remettre la balle en jeu. Il sert Adams. Le pivot cherche son meneur, qui se démarque à 10 mètres. Lui fait la passe. Westbrook tire, l’horloge indique 0,9 secondes au moment où la balle quitte les mains du Brodie. Le temps se suspend. Toute la salle, tout l’Oklahoma, toute la ligue a les yeux rivés sur la trajectoire de la balle.

 

 

“Deep shoooot… GET IT ! WHAT A PERFECT ENDING, FOR A HISTORIC GAME !” C’est fini. 106-105, Russell Westbrook achève son match de titan, en marquant l’histoire de la plus belle des façons.

 

Bilan du match ? Westbrook a enterré, à lui seul, les espoirs de playoffs des Nuggets. Il valide son 42ème triple-double de la saison, en inscrivant 50 points, 16 rebonds, et 10 assists (!!!). Le tout en 37 minutes de jeu, à 50% au tir, avec 2 balles perdues, merci Monsieur Propre. Au passage, il s’agit de son troisième triple-double de la saison en 50-10-10, et il est bien évidemment le seul à l’avoir jamais fait. Et pour finir, il s’assure un trophée de MVP. On en a aucune preuve, mais il est fort possible que ce match légendaire ait fait basculé la tendance de son côté. Westbrook aura donc marqué l’histoire, porté son équipe, assuré un trophée de MVP, le tout avec la victoire à la dernière seconde sur un tir venant de Pluton. On peut ne pas aimer le personnage, le joueur. Mais un tel match est unique, alors regardez-le encore et encore, et admirez. 

A propos de l'auteur

Actuellement étudiant en école de commerce, fan de sport, surtout d'une certaine ligue qui me fait me réveiller à 2h pour regarder un Atlanta@Detroit. #ThunderUp #DajeRoma

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