Top 10 des matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : France – Nouvelle-Zélande 1999, pour l’éternité…

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Crédit photo : Sport24 LeFigaro
Ligue 1

Une Coupe du Monde, dans n’importe quel sport, reste un moment à part dans sa mémoire. Des matchs à répétition, des oppositions qu’on n’a pas l’habitude de voir, et forcément des rencontres qui sont ancrées dans les têtes des supporters.

Le rugby n’y fait pas exception, même si la première compétition du genre n’est pas si vieille que cela : 33 ans exactement. 9 éditions depuis, et des moments inoubliables, conclus sur des victoires pleines de panache, ou au contraire des défaites les plus cruelles : chacun a évidemment sa propre vision et ses propres souvenirs.

Pour faire passer ce satané confinement un petit peu plus vite, la rédaction de We Sport FR a décidé de relater les 10 matchs historiques des Bleus en Coupe du Monde : plusieurs époques, des joueurs et équipes différentes, mais les émotions sont encore et toujours au rendez-vous…

 

Le contexte 

Pour cette quatrième Coupe du Monde de rugby, les organisateurs ont décidé de varier les plaisirs : cinq pays différents qui reçoivent les matchs (ceux du Tournoi des V Nations) des quatre poules de cette édition.

La France, qui sort d’un Tournoi des V Nations globalement raté (3 défaites pour une seule petite victoire) et d’une première phase difficile malgré une poule abordable (Canada, Namibie et Fidji), se retrouve en 1/2 finale après avoir écarté l’Argentine, alors en plein développement.

Crédit photo : ArtPhotoLimited

Et ce qui attend les Bleus fait peur à la France entière : en effet, c’est la terrible Nouvelle-Zélande d’un certain Jonah Lomu (et bien d’autres) qui attend de pied ferme le XV de France.

Autant dire que les hommes de Jean-Claude Skrela avancent sur des oeufs dans ce match qui s’annonce terrible, joué en plus à Twickenham devant 70 000 personnes : mais on sait parfaitement que le propre des Français, c’est de réaliser l’exploit là où personne ne les attend…

 

L’équipe face à la Nouvelle-Zélande

 

Le déroulement du match

Dès les hymnes, on sent bien le mélange de peur et d’envie de bien faire qui anime cette équipe de France tant décriée en cette année 1999.

Malgré une belle équipe sur le papier, les résultats ne sont pas à la hauteur, et tout le monde voit ce XV de France prendre une raclée en ce 31 octobre 1999.

Sauf que… Si les Blacks sont sûrs de leur force, force est de reconnaître qu’ils prennent les Français un peu de haut, chose qui leur coûte généralement très cher face à leur bête noire.

 

L’entrée en matière réussie du XV de France

D’entrée de jeu, ce sont les Français, par l’intermédiaire de Christophe “Titou” Lamaison, qui ouvrent le score, et qui se comportent de fort belle manière sur le terrain, pour le plus grand plaisir des supporters présents dans le stade (3-0, 2ème).

Crédit photo : RWC.com

Si Mertens répond du tac au tac par deux fois (3-6, 9ème et 18ème), il n’empêche que les Bleus jouent crânement leur chance et relancent depuis leur propre terrain, faisant déjà passer quelques frissons chez les Néo-Zélandais, bousculés en ce début de rencontre par de vaillants coqs.

D’autant plus que la férocité des avants français commence à faire des ravages : les Blacks raconteront après la rencontre qu’ils ont fini par avoir peur de venir sur les points de rencontre du fait de “l’engagement” total des Bleus.
Autant dire qu’ils ont pris un nombre incalculable de coups gratuits…

Et la première étincelle viendra… des Français ! Coup de théâtre à la sauce bleue, ce sont les hommes de Skrela et Villepreux qui reprennent les devants après un essai digne des plus belles heures du French Flair.

Suite à un long ballon joué dans le camp français, Lamaison relance et envoie Benazzi péter plein fer dans la défense : ce dernier, plaqué, a tout de même fait avancer son équipe, permettant au jeu de rebondir.

Crédit photo : ESPN

Galthié, le rescapé de ce mondial 1999 et rappelé au dernier moment, joue vite et envoie Christophe Dominici qui se retrouve face à un avant des Blacks.

Un crochet plus tard, et voici l’ailier de poche traversant la ligne de défense des Néo-Zélandais : le stade se lève après son deuxième et troisième crochet, pensant voir un essai du numéro 11 entre les poteaux. Mais Christian Cullen fait parler sa vitesse et arrête la mobylette française à moins de 5 mètres de la ligne.

Le soutien est décisif côté des Bleus, car le ballons sort suffisamment rapidement pour surprendre le replacement défensif adverse : Dourthe change de sens au tout dernier moment, et délivre la passe décisive à Titou Lamaison, qui marque le premier essai des Français, à la surprise générale, et qui le transforme dans la foulée (10-6, 20ème) !

 

Les Blacks reprennent la main

Alors que le public est en feu et totalement acquis à la cause de ce XV de France séduisant, la rigueur des Blacks reprend le dessus.

Tout d’abord par Andrew Mertens, qui passe une pénalité (10-9, 22ème), puis par la légende néo-zélandaise, l’ogre qui fait peur à tous : Jonah Lomu. Après un ballon cafouillé par Garbajosa, Dominici se retrouve sous pression et perd le ballon sur le ruck : les Blacks, experts en la matière, utilisent ce cuir à bon escient et envoient leur panzer à l’assaut de la défense bleue.

Mais rien n’est encore fait, car la défense, et notamment Abdellatif Benazzi, reviennent comme des fous sur le joueur : sauf que l’incroyable se produit, à savoir que le 2ème ligne des Bleus rebondit comme un simple ballon sur la carcasse du colosse tonguien !

Crédit photo : RTL

Dans la cohue, le numéro 11 des Blacks aplatit le ballon derrière la ligne, alimentant encore un peu plus sa légende déjà bien fournie, dans la lignée de son incroyable percussions sur Mike Catt 4 ans auparavant (10-14).

 

Les Bleus ne lâchent rien

Dans ce match qui s’annonce déjà comme stratosphérique, une chose marque les supporters des Bleus : les joueurs restent dans le match, et repartent au combat avec la même férocité.

Olivier Magne fait admirer sa vitesse et sa technique individuelle en réalisant un cadrage-débordement le long de la ligne de touche : devant le dernier défenseur, le troisième ligne joue parfaitement au pied dans la profondeur.

Philippe Bernat-Salles, l’autre lévrier de ce XV de France, semble le premier sur le ballon, et prolonge au pied jusque dans l’en-but : s’il est rejoint au dernier moment par Lomu puis Wilson, l’arbitre, aux abois, décide de ne pas accorder cet essai qui aurait donné une dimension encore plus incroyable à ce match.

Crédit photo : Skysports

Juste avant la mi-temps, comme pour couper les jambes à ces vaillants Français, Mertens rajoute 3 nouveaux points pour conclure ce premier acte intense sur le score de 10-17.

 

Lomu écrit sa légende

Si les Blacks sont logiquement devant au score, on ne peut s’empêcher de rêver, au vu de la physionomie et du coeur mis par les coqs bleus dans cette 1/2 finale…

Seulement, les Bleus sont cueillis à froid dès le retour des vestiaires : un peu trop focalisés sur Lomu (et on les comprend), les Bleus sont mis hors de position par une petite redoublée efficace de ce dernier, qui transmet à Wilson.

L’arrière des Blacks ne s’avance pas trop, et renvoie la pareille à son coéquipier : la suite, tout le monde la connaît…

Passant en revue toute la défense française, Lomu semble être un senior face à des minimes… Voyant arriver sur lui la fusée des Blacks, Garbajosa aura un réflexe humain, à savoir s’écarter pour éviter de prendre de plein fouet le Gulliver néo-zélandais.

C’est Fabien Galthié qui finit par le stopper en le prenant aux chevilles : mais hélas, il est trop tard, car l’ailier a déjà aplati son deuxième essai personnel, et fait prendre par la même occasion 14 points d’avance à sa formation après la transformation de Mertens (10-24).

 

En route pour l’Histoire

C’est la douche froide chez les supporters des Bleus, qui voient déjà leurs protégés jouer le match de la troisième place : mais impossible n’est pas français, que diable !

L’Histoire, ce sont les petits Bleus qui vont l’écrire, et faire basculer cette rencontre dans l’irréel, petit-à-petit, mais toujours avec la ferme intention de ne pas lâcher.

En 9 minutes, 2 drops (47ème, 49ème) et 2 pénalités de Lamaison font recoller les Français à 22-24 : le match a alors totalement changé de physionomie, et il n’y plus qu’une seule équipe sur le terrain… En effet, l’abattage des avants français est tel que leurs homologues, saoulés de coups et de plaquages destructeurs, commencent à tirer la langue.

Et le résultat ne se fait pas attendre : suite à un ruck gagné par les coqs, Galthié récupère le ballon et joue intelligemment un petit coup de pied par-dessus, dans le dos de la défense, et suffisamment loin de Mertens, alors en couverture.

Coup de chance ou coup du destin, toujours est-il que le cuir, si imprévisible habituellement, ne pouvait que retomber dans les bras d’un Français, Christophe Dominici en l’occurrence…

Crédit photo : Rugbyrama

La vitesse de l’ailier lui fait facilement se débarrasser du dernier défenseur des Blacks, puis se jeter dans l’en-but adverse, avec une atmosphère et un délire total dans les tribunes (29-24, 56ème) !

 

La furia continue

Des émotions comme celles-là, dans le sport, on n’en vit pas énormément, et généralement, on se souvient des moindres détails d’un match de légende…

Sonnés, les Blacks ont totalement perdu leur rugby et semblent errer sur le pré anglais, face à des Bleus déchaînés et plus que jamais décidés à aller chercher leur qualification.

Ce sont cette fois les avants qui se font plaisir, en enfonçant leurs homologues sur un maul de 20 ou 25 mètres : si celui-ci est écroulé, le jeu continue, pour définitivement prouver que rien ne pouvait arriver aux Français ce 31 octobre 1999. Galthié pour Lamaison, un grand classique : voyant la défense des Blacks à la rue, l’ouvreur français joue un subtil petit ballon au pied par-dessus, qui tombe dans l’en-but des Néo-Zélandais.

Dans ces situations, c’est à qui sera le plus déterminé à récupérer la balle : autant dire que c’est le profil typique d’un des “fous” de cette ligne de 3/4, Richard Dourthe.

Crédit photo : ArtPhotoLimited

Si souvent décrié pour ses coups de sang et son sacré caractère, le centre des Bleus arrive le premier sur le cuir, se jette et aplatit le 3ème essai des Français, seulement 4 minutes après celui de Dominici (36-24, 60ème) !

Et comme pour savourer sa revanche, il exhibe fièrement son numéro 13, qui porte bonheur et apporte une joie incommensurable à la France entière…

Le stade explose, un tremblement de terre s’abat sur tous les supporters des Bleus, qui n’arrivent pas à croire ce qu’il se passe devant leurs yeux : les Français font exploser les All Blacks ! Simplement, il reste du temps encore, 20 minutes : sauf que chacun le sent, ce match, il est pour le XV de France, et personne d’autre.

 

Les grands espaces pour Magne et Bernat-Salles

Le coup de poignard définitif arrivera en fin de match, lorsque la messe était quasi-dite : sur une offensive des Blacks sans grande conviction, la défense française acharnée fait perdre le ballon à leurs adversaires.

Lamaison, qui ne se pose pas de questions, envoie un grand coup de chausson dans la profondeur pour réinvestir le camp néo-zélandais. Si ce geste était au départ purement défensif, il se transforme en une passe décisive : en effet, Olivier Magne, toujours à la pointe du combat, est (encore) le premier sur le ballon.

Sentant le retour de Wilson malgré l’ambiance volcanique dans le stade, il garde toute sa lucidité pour continuer au pied, tâchant de garder le cuir dans les limites du terrain.

Crédit photo : France Info

Comme une évidence, c’est l’autre mobylette, Philippe Bernat-Salles, qui est cette fois récompensé par l’arbitre après avoir aplati le quatrième essai pour son équipe (43-24, 75ème) !

Le match a définitivement basculé dans la folie la plus incroyable, et l’exploit est si immense que même 21 ans après, on a encore des frissons (et les yeux embués) à la vue de cette rencontre ô combien époustouflante.

 

A jamais dans l’éternité

Dans les dernières secondes du match, les Blacks puisent dans leur orgueil pour investir une dernière fois le camp français : quelques avancées dans l’axe grâce aux remplaçants plus frais, et Wilson, sur le renversement, résiste au plaquage d’un Bleu pour rejoindre une dernière fois la terre promise (43-31, 80ème).

Ce score, ainsi que ce match, resteront gravés dans le marbre, preuve de la capacité des Français à réagir lorsque la fessée est à deux doigts de s’abattre sur eux.

Crédit photo : France Bleu

L’ogre néo-zélandais est vaincu, contre toute attente et avec même le soutien des Anglais présents à Twickenham, preuve s’il en est que ce XV de France était séduisant.

Evidemment, la fête qui suit est au moins aussi intense que la rencontre, chacun souhaitant profiter de ces – rares – moments de bonheur, bonheur d’autant plus irréel au vu de l’exploit réalisé par ces valeureux coqs.

Sauf qu’un Français restera toujours un Français : enchaîner deux exploits consécutifs est toujours compliqué à gérer. Certainement usés mentalement et physiquement par ce match face aux Blacks, les Bleus ne seront que l’ombre d’eux-mêmes quelques jours plus tard face à la redoutable équipe d’Australie, et devront s’incliner dans cette triste finale…

Mais encore une fois, ne vaut-il mieux pas garder ces images de joie après la victoire face aux Blacks ? Le choix est vite fait… Allez les Bleus !

 

Le résumé vidéo 

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