Laurent Fignon chez Super U

Top 100 des meilleurs cyclistes (10è) : Laurent Fignon

Entre le Giro et le Tour de France, la rédaction cyclisme de WeSportFr a décidé de classer les 100 meilleurs cyclistes de la deuxième moitié du XXè siècle à nos jours. On y est, on entre dans le top 10 par la grande porte, et c’est Laurent Fignon qui nous la tient grande ouverte. Hommage au plus philosophe des coureurs cyclistes.

Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas Greg LeMond qui a fait perdre le Tour de France 1989 à Laurent Fignon. Ni même une blessure à la selle. Celui à qui l’on doit les images de l’homme blessé lutant avec sa machine sur les Champs-Élysées, c’est à Francesco Moser. C’était en 1984, sur le Giro.

Le tarif italien

Car voilà, ce Giro-là, Laurent Fignon aurait dû le remporter. Sportivement, il n’y avait pas photo : le Parisien était au-dessus du lot. Comme lors des Tours de France 1983 et 1984, ceux-là remportés, Laurent Fignon était le plus fort, et de loin. Seulement voilà, l’Italie en a décidé autrement. La Botte a décidé que son tour revenait à un born and raised, il n’y a pas à discuter, ce Giro doit être pour Moser, qu’importe qu’un Français en ait 10¨comme lui dans chaque cuisse.

Rien ne sera épargné à Fignon dès lors. Le col du Stelvio est trop dur pour Moser ? Pas de problème, on supprime l’arrivée au sommet pour cause de neige. (Il n’y en avait pas). Il s’accroche encore ? Colle lui 10 secondes pour ravitaillement interdit ! Moser a été poussé dans les cols ? 5 secondes, et qu’on ne t’y reprenne plus, chenapan ! Laurent Fignon a 1m30 d’avance avant le contre-la-montre final ? Met lui l’hélico devant, on va voir s’il fait toujours le malin ! Et puis dis au pilote de se mettre bien derrière Moser pour le pousser ! Et voilà, l’affaire est réglée.

Laurent Fignon a perdu le Giro 1984, et il le vit comme une injustice. Il a bien raison. Alors, quand il en aura les capacités sportives, il le recourra. Et il le gagnera. En 1989. Vous nous voyez venir. S’il n’avait pas couru le Tour d’Italie etc… On ne le saura jamais. Ce qu’on sait, c’est qu’il a perdu cette Grande Boucle là pour 8 secondes, encore lors du contre-la-montre de clôture. les lunettes rondes cerclées, les mèches blondes et le charisme de Laurent Fignon n’y feront rien.

L’aura du champion

Et si c’était ça le charisme ? Être aimé, envié, dévoré des yeux malgré des efforts démesurés pour être inaccessible, inatteignable. Et si c’était ça l’aura de champion qui entourait indéniablement Laurent Fignon. Les lunettes cerclées, les mèches blondes bien sûr. Mais aussi, et peut-être surtout, les ronchonnements, les déclarations à l’emporte-pièce, ses relations tendues avec les médias, Laurent Fignon ne faisait rien pour être aimé.

Du moins, ne faisait-il rien d’autre pour être aimé ailleurs que sur une bicyclette. Une fois son cadre enfourché, le bonhomme laissait sa mauvaise humeur et son introversion dans le car pour se transformer en coureur offensif et diablement malin. Comme on revêt des habits de scène, le Parisien, une fois lancé dans la course, passait ses passions tristes au prisme d’une rage de vaincre qui pouvait lui faire tout gagner ou presque.

Demain, le 9è de notre classement passera sous nos fourches caudines. Une indice ? C’est un Néerlandais.

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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