Fausto Coppi

Top 100 des meilleurs cyclistes (4è) : Fausto Coppi

Entre le Giro et le Tour de France, la rédaction cyclisme de WeSportFr a décidé de classer les 100 meilleurs cyclistes de la deuxième moitié du XXè siècle à nos jours. Le pied du podium pour un Italien qui avait l’habitude de grimper sur la boîte : Fausto Coppi.

De quoi parle-t-on quand on évoque la mythologie du cyclisme ? Des cols enneigés grimpés par des coureurs qui claquent des dents. Des cadres fendus ressoudés dans des ateliers trouvés au hasard de la route. Des défaillances puis des renaissances. Des rivalités la mâchoire serrée. Aussi, un sport populaire, suivi par des prolos, couru par des prolos.

Et si Fausto Coppi est encore aujourd’hui, près de 60 ans après sa mort, une légende toujours tenace de l’histoire du cyclisme, c’est certainement pour tout ce qu’il remplit de conditions.

Biclou râpé

Fils de paysans, quatrième d’une fratrie de cinq, sa première bicyclette lui sert à aller bosser à 20km du domicile familial. Les allers-retours tous les jours, plus les livraisons pour le charcutier qui l’embauche, ça lui fait les cuisses et les mollets. En bordure de la partie septentrionale des Apennins, Fausto avait de quoi se les dégourdir. Même avec un biclou râpé, il adore pédaler, et plus c’est dur, plus on le charge comme un mule de jambons et mortadelle, plus il aime ça. Il faut dire que son modèle est Constante Girardino, Piémontais comme lui, double vainqueur du Giro, 6 Primavere et 3 Tours de Lombardie et poche, et, amarena sur le tiramisu, 9 fois champion d’Italie. Ça met la barre haute et le mors aux dents.

Alors, dès que Fausto Coppi a le vélo de cours offert par son oncle officier de marine et qu’il a le loisir d’y consacrer un peu de temps, il participe à des courses en indépendant. Et il casse déjà la baraque. Dans le Tour du Piémont en 1939, il parvient à suivre un Bartali tout surpris des aptitudes de son jeune collègue dans la montagne. Si le Pieux s’impose finalement, à l’arrivée il félicite Coppi et l’idée d’une association dans une compétition d’une autre importance fait alors son chemin.

Gino l’immuable, Fausto le libéral

Ce sera sur le Tour d’Italie 1940. Coppi ne doit être que le domestique de Bartali, il en sera finalement le vainqueur. Pas aidé par une chute qui lui met le genou en rideau, Bartali est incapable de suivre le rythme du Piémontais qui remporte son premier grand tour. C’est dans ce Giro qu’une des rivalités les plus mythiques de l’histoire du sport nait. Gino l’immuable, Fausto le libéral ; Coppi le rationaliste, Bartali le Pieux ; tout le monde voudra tirer profit de ce qui se passe d’abord sur une bicyclette. Mais pas que.

Parce que si Fausto Coppi c’est avant tout un panache extraordinaire qui lui fait avaler des kilomètres échappé ; si Fausto Coppi est un modèle de ce qu’il faut faire sur un vélo pour allier efficacité et élégance ; si Fausto Coppi est le premier à avoir enquillé le doublé Giro-Tour de France, et deux fois encore ; si Fausto Coppi a régné sur le cyclisme mondial impitoyablement entre 1949 et 1953 ; il est aussi l’un de ceux qui ont fait passer le cyclisme dans une toute nouvelle ère.

Salade du piémontais

Finies les préparations hasardeuses au doigt mouillé. Pour avoir vécu la captivité lors de la Seconde Guerre mondiale, il a senti son corps se déliter au rythme des privations et d’un régime alimentaire erratique, il comprend que la diététique ne peut pas être réservé aux souffrants et aux ménagères en mal de séduction. Il mettra cette science, et d’autres, au service de sa performance et prendra un avantage considérable sur des adversaires déjà naturellement défavorisés.

D’autres qui lui mettront les savoirs au service de leur carrière cycliste, mais aucun probablement n’en conservera cette soif de victoires et d’attaques à tout crin. Aucun ne pourra probablement égaler l’année 1949 de Coppi qui le voit bouffer tout de go un Milan-San Remo, un Paris-Roubaix, un championnat national, un Giro et un Tour de France.

Les autres sont devenus de petits apothicaires du cyclisme qui pensent gain marginal. Coppi n’a jamais été quelqu’un d’autre qu’un prince.

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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