Top 14 – la review club par club : le Castres Olympique

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Malgré la cure rugbystique à laquelle nous sommes désormais confrontés depuis près de trois mois, il y a bien eu une partie d’exercice du Top 14 version 2019-2020. Puisque cette saison a été officiellement arrêtée et déclarée comme “blanche”, la rédaction de We Sport FR vous propose de revenir sur les performances des quatorze clubs qui composent le championnat. Aujourd’hui, place au Castres Olympique, 10e au moment de l’arrêt. La première saison post-Urios fut compliquée…très compliquée.

 

  • Classement en Top 14 (à la J17) : 10e avec 33 points -> 7V, 0N, 10D
  • Parcours en Coupe d’Europe : qualifié en quarts de finale de Challenge Cup face à Leicester.

 

L’effet rétro : un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

Aucun manque de respect. Il n’y a aucune offense envers Mauricio Reggiardo et son staff en disant que le départ de Christophe Urios est une perte abyssale pour le CO. L’homme du titre de 2018, est parti avec tous ses bagages et avec l’état d’esprit de guerrier qui caractérisait ce club.

Finalement, la victoire inaugurale face à Montpellier (26-25) n’était qu’un trompe l’oeil d’une saison 2019/2020 vécue comme un chemin de croix pour les coéquipiers de Rory Kockott. Les trois défaites de suite suivant la victoire face au MHR en sont le parfait exemple. Deux défaites au Racing (14-23) et à Bayonne (17-27) puis une autre sur ses terres face au leader Bordeaux-Bègles (32-34). Les mauvaises langues pourraient dire que le CO fut atteint du syndrome Zlatan Ibrahimovic. Fort avec les faibles, faible avec les forts. Dans les grosses écuries de ce championnat, les Castrais n’ont réussi à battre que le MHR et le LOU. 2 petites victoires pour 8 défaites face aux équipes de première partie de tableau. À l’inverse, face aux clubs de seconde partie de tableau, les blancs et bleus sont à 5 victoires pour 2 défaites, dont un cinglant 46-16 face à la lanterne rouge du Stade Français Paris.

Malgré ces lignes remplies de négativité, une lueur d’espoir est apparue juste avant que la crise du coronavirus ne vienne mettre fin au championnat. Après une défaite humiliante à la maison face au Racing (0-26), les hommes de Reggiardo ont enchaîné avec deux succès consécutifs, à Agen (43-24) et face à Pau (26-16), avant de livrer une bataille dantesque face au leader bordelais. Une défaite 26-24 qui montrait que Castres pouvait de nouveau rivaliser avec les meilleurs, et qui plus est à l’extérieur. Castres termine donc à la 10e place avec 8 points d’avance sur le Stade Français, dernier du classement, et 7 points d’avance sur le 13e et barragiste, le SU Agen.

 

Le tournant de la saison : l’Europe, une bouffée d’air frais

Malgré les difficultés exprimées en championnat par le CO, les Castrais sont parvenus à sortir premier de leur groupe de Challenge Cup. Il est vrai que le groupe était peu relevé avec Worcester, les Dragons et les faibles russes d’Enisey, mais Castres a montré de très belles choses durant cette campagne européenne avec notamment une énorme victoire sur la pelouse de Worcester (33-27), lors de la dernière journée de Challenge Cup. Qualifié pour les quarts de finale, Castres aurait du affronter les Tigers de Leicester. Cette victoire à Worcester coïncide avec la très bonne période castraise avant l’interruption du championnat, et aurait pu faire office de déclic en vue d’une fin de saison en boulet de canon.

Urdapilleta au plaquage lors de la victoire face à Worcester (33-27)
(Crédit photo : Maxppp)

 

Tops et Flops  

Capó Ortega pour son 400e match avec le CO
(crédit photo : Icon Sport)

18 saisons. L’Argentin vient de raccrocher ses crampons après 18 ans de bons et loyaux services. Encore une saison de haut niveau pour le chef d’orchestre du pack castrais. Leader irréprochable sur et en dehors du terrain, fort à l’impact et homme de devoir, il représentait l’âme de Castres. Un joueur et un homme inestimable et irremplaçable.

 

Les autres tops :

Anthony Jelonch, jeune roi deviendra grand

crédit photo : Icon sport

À seulement 23 ans, le troisième ligne aile est devenu l’un des joueurs les plus utilisés par Reggiardo. Il a disputé 17 matchs sur les 20 que le CO a disputé avec notamment 4 essais. Des prestations qui lui ont ouvert les portes du XV de France en honorant ses deux premières sélections en bleu. Il représente le futur du Castres Olympique.

Thomas Combezou et Martin Laveau, serial marqueurs

En voilà deux qui ont su tirer leur épingle du jeu malgré la mauvaise saison castraise. Combezou avec 7 réalisations et Laveau avec 5 essais, sont les deux meilleurs marqueurs du club castrais. Grâce à leurs qualités de vitesse et de finition, les deux hommes ont martyrisé les défenses de Top 14.

 

  • Les flops

Des cadres vieillissants 

Kockott, Urdapilleta ou encore Kotze, ont été très loin de leur meilleur niveau et sont le symbole de la baisse d’intensité et de niveau du CO. Après de nombreuses années sous le même maillot, la célèbre charnière du CO risque de vivre les derniers moments de leur association.

Une défense porte ouverte

Si offensivement parlant l’équipe tient la route, en défense les joueurs n’y s’y collent pas vraiment. Avec une moyenne de 27 points encaissés par match, le CO est la deuxième pire défense de Top 14, juste devant le Stade Français. L’esprit guerrier qu’insufflait Urios semble, lui aussi, parti du côté de Bordeaux.

 

Ce que l’arrêt du championnat change 

D’un côté, les castrais sont soulagés d’être sauvés grâce à cette interruption prématurée du championnat. Mais d’un autre côté, Castres était sur une bonne dynamique depuis un mois et n’était finalement qu’à 8 points de la sixième place, synonyme de barrage.

Cela complique aussi la réflexion du staff castrais sur l’effectif à construire pour la saison prochaine. Est-ce que cette équipe était capable de terminer en boulet de canon ou alors faut-il renouveler l’effectif et insuffler du sang neuf à un effectif en perte de vitesse ? Un dilemme auquel le club devra répondre si il ne veut pas voir le spectre de la Pro D2 passer du simple cauchemar à la réalité, dans les mois qui viennent.

 

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