Rugby

Top 14 (J13) : le bilan à mi-parcours

La première partie de saison de ce Top 14 cru 2020/2021 est (déjà) terminée, et il est l’heure de procéder à un premier bilan. Après le championnat tronqué de la saison passée, les clubs de l’élite du rugby français repartaient entre espoirs et beaucoup d’incertitudes du fait de la situation sanitaire. Et entre matchs reportés et crise financière impactante, les joueurs et staffs doivent composer pour faire sortir le meilleur afin de ne penser qu’au rugby… Petit retour sur ces premiers mois de compétition, avec les top et flops, mais aussi quelques belles surprises de ce Top 14.

 

Ils sont bien au rendez-vous : La Rochelle, Toulouse et le Racing 92

Trois formations armées pour jouer les premiers rôles dans le championnat, et sûrement trois des prétendants au titre suprême. En cette première partie de saison, La Rochelle, Toulouse et le Racing auront su trouver la bonne formule et bien gérer l’absence de leurs internationaux partis pour la fin du Tournoi des 6 Nations, ainsi que pour l’Autumn Nations Cup.

 

La Rochelle, toujours aussi flamboyant

Avec leur jeu de mouvement et leur pack très costaud, La Rochelle enchante les amateurs de rugby depuis quelques années déjà. Et si les Maritimes ne peuvent pas compter en ce moment sur leur public bouillant, ils arrivent toujours à se surpasser à domicile, tout en étant très compliqués à manoeuvrer à l’extérieur. Avec 10 victoires à leur actif et une invincibilité à domicile, les Rochelais n’ont pas usurpé leur première place, qu’ils occupent depuis quelques journées déjà.

Crédits photo : Xavier Leoty / AFP

 

Toulouse gère bien ses absents

On le sait, le Stade Toulousain a toujours été l’un des gros pourvoyeurs d’internationaux pour le XV de France. Il n’y a pas eu d’exception lors de la période internationale, où les Rouge et Noir auront vu un paquet de leurs joueurs envoyés à Marcoussis, dans le cadre de la convention signée en catastrophe entre la FFR et la LNR. Malgré cela, les hommes d’Ugo Mola auront bien passé cet intervalle, et semblent avoir trouvé leur rythme de croisière avec une série de 5 victoires consécutives, depuis le match nul à domicile récolté face à Castres début novembre. Pas épargnés par les blessures, les Haut-Garonnais auront pu également montrer la force de leur centre de formation, avec de nombreuses nouvelles têtes qui viendront à n’en pas douter garnir l’effectif du champion de France 2019 dans les années qui viennent.

Crédits photo : Iconsport

 

Le Racing très impressionnant

C’est peut-être l’équipe qui aura le plus impressionné en ce début de saison. Le Racing 92 a semble-t-il réussi à faire l’amalgame entre ses stars comme Zebo, Russell ou Imhoff, et ses jeunes pousses, à l’image de Taofifenua ou un Jordan Joseph en pleine bourre. Ajoutez à ça de l’expérience et un effectif qui ne bouge pas énormément, et vous obtenez un rouleau compresseur capable de s’imposer partout, et surtout de maîtriser son sujet un maximum. Les Franciliens, qui comptent un match en retard face à Montpellier qu’ils joueront ce mercredi face au MHR, ont toutes les armes pour rester dans le train de tête, mais aussi être le véritable épouvantail de ce Top 14.

Crédits photo : Julien Poupart / Abacapress.com

 

Ils nous ont surpris : Le Stade Français, Brive et Bayonne

On ne les attendait pas aussi bien, et pourtant ils ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Après une saison cauchemar, le Stade Français retrouve les sommets et surtout un rugby qui fait plaisir à voir. Si Brive et Bayonne ne jouent pas les premiers rôles, ils sont en revanche présents dans le combat et au niveau des résultats malgré des effectifs et des moyens limités, et toujours sans leur public qui joue habituellement un grand rôle dans leurs performances.

 

Le Stade Français revit

On les avait quittés hagards, tristes et surtout en grand danger en championnat. Le Stade Français se battait pour ne pas descendre, malgré de gros moyens financiers et un effectif à faire pâlir d’envie n’importe quel autre club ! Mais c’est désormais de l’histoire ancienne. Une nouvelle dynamique a été insufflée par l’arrivée d’un ancien de la maison, Gonzalo Quesada, qui a repris en main les destinées de Parisiens transfigurés. Quatrièmes à mi-saison, ils auront redressé la tête en quelques mois seulement, prouvant bien que leur saison précédente tenait plus de l’incident de parcours plutôt que d’un mal plus profond, même si des changements ont été opérés dès l’arrêt de la compétition.

Crédits photo : Rugbyrama

 

Brive se rebiffe

On les voyait potentiellement comme les candidats au maintien, mais il n’en est rien ou presque. Les Coujoux portent toujours fièrement les couleurs de la Corrèze, et démontrent chaque week-end des valeurs fortes si chères au rugby. Malgré l’absence de leur public et un stade Amédée Domenech qui sonne toujours aussi creux, les Brivistes ne cèdent pas facilement sur leur terrain, et s’en sortent plutôt bien à la mi-saison, avec une neuvième place. Si évidemment les Corréziens ne sont pas encore sauvés, il n’empêche qu’ils ne devraient pas trop avoir de souci à se faire, à condition évidemment de continuer à démontrer de l’envie à chaque rencontre de ce championnat si serré.

Crédits photo : La Montagne

 

Bayonne surprend son monde

Au vu des moyens et de son effectif, Bayonne semblait être l’équipe qui allait avoir le plus de mal dans ce Top 14, avec Agen toutefois. Si leurs compères Lot-et-Garonnais ont plongé dès les premiers matchs, les Basques ont prouvé qu’ils méritaient leur place dans ce championnat, en posant des problèmes récurrents à toutes les équipes qu’ils rencontrent, même aux plus gros. Et avec un sorcier du nom de Yannick Bru à sa tête, les Bayonnais semblent suffisamment forts pour se payer une nouvelle année dans l’élite la saison prochaine… A condition que la covid et les problèmes en interne les laissent tranquilles évidemment !

Crédits photo : L’Equipe

 

Ils ont un parcours en dents de scie : Toulon, Lyon, Clermont et Bordeaux

Sur le papier, et au classement, ces quatre équipes font a priori partie des valeurs sûres de ce Top 14. Pourtant, depuis le début de saison, le RCT, le LOU, l’ASM et l’UBB n’arrivent pas à enchaîner les bons résultats et ainsi à recoller au trio de tête, qui cavale à belle allure. La faute à des résultats en dents de scie et à quelques défaillances parfois incompréhensibles.

 

Le RCT n’est pas loin

C’est le mal récurrent des Toulonnais dans cette première partie de championnat : après un bon match, ils retombent quasi-systématiquement dans leurs travers ! Les hommes de Patrice Collazo, renforcés par leurs stars de l’hémisphère Sud comme Ma’a Nonu ou Eben Etzebeth, devraient en principe caracoler en tête du classement, et pourtant… Intraitables à domicile, les Varois n’ont pas été capables de gagner plusieurs rencontres à l’extérieur, chose indispensable pour prétendre à intégrer le haut du classement. Les défaites à Bayonne ou au Stade Français sont révélatrices d’un manque de constance, même si leur position au classement n’est pas si catastrophique, avec un match en plus à jouer au Racing qui ne sera pas évident.

Crédits photo : Rugbyrama

 

Le LOU trop inconstant

Le LOU a eu du mal à démarrer dans le Top 14, et ont eu du mal à terminer l’année ! 12ème après deux rencontres, les hommes de Pierre Mignoni se sont refait la cerise au coeur de l’automne, revenant sur le devant de la scène et glanant des victoires convaincantes à Toulouse ou face à La Rochelle. Mais il est écrit que rien ne sera facile pour les Rhodaniens, qui ont connu deux défaites consécutives face à deux équipes en principe à leur portée, Brive et Castres. Avec en plus la longue blessure de Mathieu Bastareaud, absent pour plusieurs mois, le LOU devra resserrer les rangs pour rester dans la course à la qualification. Attention toutefois aux Lyonnais, qui ont deux matchs en retard à disputer et donc l’occasion d’effectuer un rapproché au classement.

Crédits photo : Le Progrès

 

L’ASM n’est plus l’ombre que de lui-même

Chaque saison, on attend les Clermontois comme l’équipe à abattre, folle de jeu et d’envolées, et surtout très difficile à battre. Mais est-ce la faute à la période covid, ou un mal plus profond, toujours est-il que les Jaunards n’y arrivent plus, et déçoivent plus qu’ils n’enchantent depuis le début du championnat. A l’image des défaites à Bayonne ou même en coupe d’Europe face au Munster, le scénario des matchs de l’ASM est souvent le même : un gros départ, puis un effondrement général. Pourtant, l’effectif quasi-inchangé et l’apport de joueurs de classe mondiale comme Matsushima ou Penaud devraient donner un plus d’énergie aux Puydomois, qui en ont cruellement besoin. Enfin, pour terminer sur une note d’espoir, les Jaunards ont eux aussi deux matchs en retard à jouer, qui pourraient inverser la dynamique, à condition de trouver les clés pour enfin effectuer une rencontre complète…

Crédits photo : La Montagne

 

L’UBB trop brouillonne

C’est peut-être l’exemple le plus frappant dans ce championnat : exaltés la saison dernière et marchant sur l’eau, l’UBB est bien loin de ce niveau stratosphérique en cette première partie de saison ! Orphelins de Semi Radradra, leur détonateur, les Girondins sont beaucoup trop inconstants pour prétendre à une meilleure place au classement. Quelques blessés, mais surtout une nervosité régulière empêche les hommes de Christophe Urios d’imposer leur jeu et leur puissance qui avait fait mouche la saison passée. Un match à jouer en plus, mais l’impression tenace qu’ils risquent fort de ne pas faire partie des 6 retenus pour les phases finales au printemps prochain…

Crédits photo : Twitter UBB

 

Il est à sa place : Pau navigue un peu à vue

Si la Section Paloise avait bien démarré le championnat malgré pas mal de changements dans leur effectif (victoires à Montpellier, face à Agen et l’UBB, et nul face à Lyon), la suite est plus conforme à leur standing. Les départs de Slade et Taylor à l’ouverture auront par exemple mis en exergue le talent d’Antoine Hastoy, pur produit du club et devenu maître à jouer de son équipe. Mais les Béarnais semblent un peu trop limités pour pouvoir aller chercher mieux que le ventre mou du classement, même s’ils arrivent cette saison à maintenir une cadence à domicile, tout en titillant les gros à l’extérieur, à l’image de leurs matchs réussis à Toulon ou au Racing.

Crédits photo : Romain Perchicot

 

Ils nous ont déçus : Castres, Agen et Montpellier

Si pour Agen on avait déjà dans l’idée que ce serait compliqué, on n’osait pas imaginer les Lot-et-Garonnais aussi loin dans l’envie et dans le combat cette saison. Idem pour Castres et Montpellier, bien loin de leurs standings habituels et surtout de leur niveau de jeu, preuve qu’il faut bien y voir un mal plus profond…

 

Le CO rame

C’est le monde à l’envers : d’habitude si costauds à domicile, les Castrais auront dû attendre la 7ème journée pour enfin remporter un succès à Pierre-Fabre ! Quatre défaites déjà dans leur stade pour les hommes de Mauricio Reggiardo, qui ne décollent pas du fond du classement. Avec des cadres fatigués mentalement et physiquement, un jeu bien moins huilé et une imagination offensive au ralenti, bien malin celui qui aurait prédit un tel début de saison pour les Tarnais. Avec deux rencontres en retard, dont une qui coûtera très cher à Montpellier, les Castrais devront se réveiller pour ne pas rejoindre la Pro D2, et quitter ce Top 14 qu’ils aiment tant !

Crédits photo : Rugbyrama

 

Agen déjà en Pro D2

C’est la crise à Agen, et pas que sur le terrain hélas. On le savait, rien n’allait être facile pour les Lot-et-Garonnais, qui avançaient avec un effectif parmi les moins fournis du Top 14, comme habituellement ceci. Mais on se disait qu’ils allaient pouvoir faire comme toujours, à savoir démontrer que le petit village gaulois qui résiste à l’envahisseur était encore possible ! Sauf qu’en plus d’un groupe réduit, l’ambiance dans le groupe était loin d’être au beau fixe, à l’image de cette bagarre lunaire entre plusieurs joueurs dans l’aéroport au retour d’un match de coupe d’Europe en Italie… Les scores lourds se succèdent, et les Agenais n’ont encore pas trouvé le chemin de la victoire, avec 13 défaites en… 13 matchs.

Crédits photo : Rugbyrama

 

Le MHR dans la tourmente

C’est sûrement l’équipe qui nous a le plus surpris dans ce début de saison : le MHR est dans le rouge ! Malgré un effectif de qualité, des entraîneurs et un staff de très haut niveau et des moyens quasi-illimités, les Héraultais ne sont que l’ombre de l’ogre chez qui il est impossible de s’imposer. 3 petites victoires pour 7 défaites (mais 3 rencontres à jouer cependant), l’avenir est sombre pour les hommes de Philippe Saint-André, qui vient tout juste de remplacer Xavier Garbajosa, limogé par le club. Si une descente paraît toutefois improbable, attention à l’exemple du Stade Français la saison dernière, qui avait failli passer à la trappe sans l’arrivée impromptue d’un virus venu de Chine…

Crédits photo : L’Equipe

 

Le classement à mi-saison 

1 commentaire

1 commentaire

  1. Aurélien

    12 janvier 2021 @ 22:35

    Article plutot moyen, on se demande meme si le “journaliste” suit bien toute les équipes.

    Je prend le cas de clermont:je sais pas si vous etes au courant: ILS SONT EN RECONSTRUCTION avec un effectif de 25 ans de moyenne d’age ! beaucoup de jeunes ! ex: fourcade, thibherghien, ojovan, fischer etc. Les anciens leaders sont partis.
    Et c’est difficile de trouver de nouveaux leaders.
    En fait ils sont font commme toulouse avant leur renaissance! une reconstruction! La mort du président n’a pas arrabgé cela; Un pack avec 8 ou 9 blessés aussi etc…

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