Tottenham-Dortmund : premier round entre poids moyens

Ce soir Tottenham et le Borussia Dortmund s’affrontent pour la première manche de leur 8e de finale de Ligue des champions. Même si les deux clubs sont plutôt des outsiders pour la victoire finale, l’affiche a au moins un mérite, celui d’être peut-être la plus indécise des huit. Si son statut de premier de poule place le Borussia dans une position de léger favori pour la double confrontation, Tottenham a des arguments à faire valoir. Rencontre avec les deux clubs à quelques heures du coup d’envoi (si si c’est possible !).

Le parcours :

Alors, comment s’est passée cette phase de poule ?

Tottenham : Soyons honnêtes on n’a pas eu de bol. L’UEFA a eu la main lourde début septembre, et nous nous sommes retrouvés avec le FC Barcelone, l’Inter de Milan et le PSV Eindhoven. Si l’année dernière on avait réussi à finir premier de notre groupe devant le Real et Dortmund, là ça n’a pas été la même limonade.
Invaincus la saison passée, on sort de notre poule deuxième cette fois-ci, avec deux victoires, deux nuls et deux défaites. On a même fini la phase aller avec un tout petit point glané à Eidhoven, on peut donc dire qu’on revient de loin.

Les 8es de finale, Lucas connait, avec le PSG c’était ensuite que ça se gâtait… (crédit photo:Paul Childs / Reuters)

On a entamé les trois derniers matchs pied au plancher, d’abord en dominant Eindhoven (2-1) grâce à un doublé de Kane, puis un but d’Eriksen en fin de

partie face à l’Inter nous a permis de revenir à égalité de points avec les Italiens. Mieux, étant donné qu’on s’était incliné (1-2) à San Siro lors du match aller face à l’Inter, la règle du but à l’extérieur nous permettait ainsi de passer virtuellement devant les Nerazzurri.

 

Seul souci, pour le sixième et ultime match du groupe, on se rendait au Camp Nou pour y affronter Barcelone (assuré d’être premier) avec l’obligation de faire au moins aussi bien que l’Inter qui recevait Eindhoven (déjà éliminé). Lucas a arraché le nul (1-1) à cinq minutes du terme, et l’Inter et Eindhoven s’étant quittés sur le même score, c’est nous qui continuions l’aventure en Ligue des champions.

Dortmund : Privilège du premier oblige, ça s’est mieux passé pour nous. Certes on ne doit notre place devant l’Atletico qu’à la différence de but particulière, mais il a de toute façon vite été entendu que les deux autres (Bruges et Monaco) ne nous embêteraient pas beaucoup au moment de se disputer le second ticket qualificatif pour les huitièmes.

C’est donc ça le fameux mur jaune… (crédit photo : EPA/MaxPPP)

On pensait pourtant avoir fait le plus dur après la phase aller qu’on avait conclu par un cinglant 4-0 face à Madrid mais l’Atletico a pris sa revanche (0-2) dès le début des matchs retour, avant de nous devancer en gagnant face à Monaco (2-0), pendant qu’on galérait contre Bruges (0-0). Heureusement pour nous, les rôles se sont inversés lors de la 6e journée, et notre victoire sur le Rocher (2-0) nous a permis de reprendre notre première place, grâce au nul (0-0) entre les deux autres équipes.

Confiants au moment de vous affronter ce soir ?

Crédits photo : Warren Little/Getty Images

Dortmund : Plutôt, ne serait-ce que parce qu’on est favori pour la qualification, étant donné notre statut de premier de poule. On n’a plus perdu depuis le 18 décembre toute compétition confondue, on reste donc sur une bonne série. Même si le nul  (3-3) concédé ce week-end face à Hoffenheim a peut-être fait un peu mal aux têtes, surtout qu’on menait 3-0 et que cela permet au Bayern de revenir dans la course pour le championnat.
Au niveau blessures, ça ne va pas fort. Ce soir on devra se priver de Reus et Weigl en plus des absences de plus ou moins longue date d’Alcacer, Akanji et Piszczek. On récupère en revanche Dan Axel Zagadou, qui sort d’une indisponibilité de huit matches, avec néanmoins des réserves sur son état de forme, puisqu’il a été préservé face à Hoffenheim pour un problème musculaire. Mis à part cela, il est de bon ton de rappeler que nous n’avons perdu que deux rencontres dans le temps réglementaire cette année, dont une face à l’Atletico, donc. Nous avons surtout réglé nos problèmes défensifs qui nous avaient coûté cher la saison passée, avec deux buts encaissés seulement au Wanda Metropolitano et cinq clean-sheet en Ligue des champions, nous arrivons plein gaz (paradoxal pour des allemands…).

Tottenham : Favori, favori… Ce serait un peu vite oublier la saison passée, où, en poule, nous vous avions battu à l’aller et au retour (3-1 à Wembley, puis 2-1 en Allemagne). En fait, il me serait difficile de sortir un réel favori pour ce match aller, voire cette double confrontation. Disons que, comme la rencontre a lieu à Wembley, c’est du 51-49 pour nous… Au niveau blessé en revanche, nous ne sommes pas mieux logés que Dortmund : on devra jouer ce soir sans Dele Alli et sans Harry Kane, rien de moins. Quand on sait en plus que notre entraîneur, Pocchetino, peine à trouver un remplaçant viable en pointe au sein de l’effectif, ce n’est pas très rassurant. Cependant hors de question de jouer à se faire peur ! Même si nous ne sommes pas premiers en championnat, nous restons accrochés à cinq points de City et Liverpool. Et, surtout, nous avons l’expérience européenne récente pour nous. L’année dernière, on est passé à rien de sortir la Juventus (2-2, 1-2). Cette année c’est peut-être la bonne pour enfin franchir un palier. Surtout qu’on a déjà reproché plus d’une fois à nos leaders de manquer d’impact lors des matchs qui comptent vraiment.

Pour finir, un joueur à suivre, peut-être ?

Crédit photo : Dan Istitene/Getty Images

Tottenham : Christian Eriksen, notre maître à jouer. Une technique hors-pair, un sens du jeu proche de la perfection… Si on se qualifie, on le lui devra sûrement en grande partie, et cela commence ce soir.

Dortmund : Je triche, je vais vous en donner deux : Witsel et Delaney, notre paire de milieux récupérateurs. Aussi indissociables qu’indispensables, ils marchent sur l’eau depuis le début de la saison et il n’y a pas de raison que cela s’arrête.

 

Les compos probables :

Tottenham : Lloris – Vertonghen, Alderweireld, Sanchez, Trippier – Dier, Sissoko, Winks – Eriksen, Lucas, Son

Dortmund : Bürki – Scmelzer, Zagadou, Diallo, Hakimi – Witsel, Delaney – Guerreiro, Philipp, Sancho – Götze

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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