Ça roule…

Tour 2019 : Chassez le naturel, il revient à vélo

Le Tour 2019 se termine, pour nous fans de vélo, suiveurs du Tour ou même passionnés de ce mois de juillet, cette fin de Tour 2019 est encore pleine d’amertume. Notre chauvinisme évidemment en est un facteur, mais cette habitude, pleine de lassitude est bien le responsable de notre humeur. 

Le Tour 2019 se termine, pour nous fans de vélo, suiveurs du Tour ou même passionnés de ce mois de juillet, cette fin de Tour 2019 est encore pleine d’amertume. Notre chauvinisme évidemment en est un facteur, mais cette habitude, pleine de lassitude est bien la responsable de notre humeur. 

Ambition plaisante

Quand on évoque le Tour, ce sont de bons moments, le soleil, la chaleur, la famille, les bons petits barbecues du dimanche en attendant les sommets de nos massifs montagneux, si majestueux. Juillet, moment de notre fête nationale, moment de Tour, moment de patriotisme, où nos couleurs nous portent, nous rendent fiers. La joie des enfants, qui se rêvent de faire comme les grands, l’émotion des plus anciens, se souvenant de certains. Le Tour, c’est avant tout de l’amour. Un amour que les Français ont su cultiver encore sur cette édition, par l’ambition. Ambition d’un jeune coureur dans l’équipe de la meute de loups, fit alors parler de lui, un certain “Loulou”. Julian Alaphilippe, Auvergnat pour certains, Berrichon pour d’autre mais Français avant tout, nous fait vibrer d’entrée. Pour moi évidemment, le cœur berrichon parle, le rêve de voir un enfant de la région briller me fait frémir. De sa prise de maillot à Épernay à ses exploits du Tourmalet, Julian rime avec grand et Berrichon avec champion. Mais lorsqu’il s’agit de défilé en juillet, les tricolores aiment être en patrouille. Aériens comme des Alpha Jet, les Français de la Groupama-FDJ ne sont pas en reste. Incarnés par Thibaut Pinot en héros, mais aussi par un minot qui nous en met plein la vue : David Gaudu. De panache ils sont, et par procuration, nous, de frissons. Les offensives de Julian et Thibaut à Saint-Étienne, de Thibaut et Julian dans le Tourmalet, nous rappellent la fraternité. Fraternité un des mots symboliques de la devise de notre pays, cette fraternité, si bien incarnée par cette génération dorée. Ces années que j’ai connues, de déception, de lassitude, avec Armstrong, avec la domination d’Ineos seraient-elles finies ? Vais-je enfin voir un Français gagner le Tour ?

Monotonie fascinante

Entre deux publicités qui vous incitent à acheter des produits pour mieux manger, entre deux châteaux dont on ne se rappelle déjà plus qu’ils ont existé dans la demi-heure qui suit, le Tour revient à son principal ennemi : l’ennui. Les siestes de début d’après-midi rythment à nouveau nos vies, les échappées sont des fuyards condamnés à rentrer dans une prison qu’on appelle peloton. Il est question de cycles, cycle que l’on enfourche, cycle de la vie, cycle du Tour. La passion nous emmène, les coureurs nous entraînent, on espère juste le vent s’en mêle. On remet en question notre passion, à quoi bon regarder ces coureurs, ces champions, pourtant, c’est bien cela qui nous passionne tout autant. Attendre, on aimerait presque trop ça, qu’on soit sur le bord des routes, ou devant notre télé, on attend des heures pour un instant qui ne dure qu’à peine quelques secondes. Ce stress permanent qui m’empare, toujours avec la même pointe d’espoir, accroché à ma télé, la gorge nouée, je me dis : “Cette fois ça y’est”

Tristesse bouleversante

Dans un flot d’espoir nous sommes bercés, à travers ces routes tracées pour emmener les coureurs aux sommets. Le sommet, ce point culminant où tout nous paraît plus grand. Julian, lui, était grand, le sommet il l’avait touché avec cette tunique dorée. Mais après le sommet, il y a la descente, ce moment de peur, qui calme nos ardeurs. La première d’entre elle se situe sur la route de Valloire, un nouveau pour nos espoirs. D’espoir il est question lorsque l’on parle de ces jeunes prometteurs. D’entre eux, Egan Bernal est le meilleur, il s’envole une première fois, vers Valloire, laissant derrière lui Pinot et compagnie. Pinot, symbole de ce Tour qui finit toujours par nous en jouer un. Blessé dans sa chair, dans son âme, il doit rendre les armes. Des larmes, un drame, pourtant la route continue, comme si nous n’avions pas été émus. Le soleil, la chaleur, celle de l’extérieur mais celle aussi qui était dans nos cœurs, disparaît. Les Pyrénées ensoleillées de bonheur laissent place à l’ombre, la douleur, celle des Alpes. Cette douleur, la même que l’on ressent lorsque celui qui avait fait notre bonheur, craque aussi face à la route qui se dresse devant lui. Loulou n’y est plus, et cette fois, moi aussi, je n’y crois plus. Submergés par les larmes, par la boue qui coule, par l’émotion qui nous prend, le Tour se suspend. Alors lancé une dernière fois vers Val Thorens, au cœur des Alpes le Tour nous frappe. De guerriers il n’est plus question mais bien de gestion. Pourquoi bon avoir attendu trois semaines devant mon téléviseur pour m’infliger autant de malheur. Trois semaines pour un résultat qui est toujours le même. Je me demande si le dicton qui va à la chasse perd sa place trottait dans les têtes des Buchmann, de la Movistar, de Kruijswijk. Les Ineos eux… font encore de notre Tour ce qui est : une fête à laquelle on prend goût, une fête que l’on veut plus quitter, une fête que l’on aime critiquer, mais une fête qui nous laisse bouche-bée. Un nouveau cycle touche à sa fin. De faim, je reste encore sur la mienne, attendant toujours, de voir un Français qui gagne au bout de ces trois semaines.

Crédit photo : (Marco Bertorello / AFP)



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