Cyclisme

Tour de France – étape 14 : Mollema comme en Lombardie

Étape de transition aujourd'hui entre Carcassonne et Quillan avec 183,7 km inscrits sur le road book. Sans Warren Barguil (Arkéa-Samsic), non-partant ce matin, le peloton se dirige vers les Pyrénées.

© ASO

Première heure à vive allure

L'échappée a du mal à se former, mais un premier coup se forme sous l'impulsion de Kristian Sbaragli (Alpecin-Fenix) poursuivi notamment par Anthony Turgis (TotalEnergies). L'Italien se relève un instant pour permettre la jonction avec quatre poursuivants. Le groupe de tête est alors composé des deux premiers cités, en compagnie de Toms Skujiņš (Trek-Segafredo), Jonas Rickaert (Alpecin-Fenix) et Maxime Chevalier (B&B Hotels p/b KTM). Magnus Cort Nielsen part en chasse-patate. Journée difficile pour Nacer Bouhanni, Mads Pedersen, Cees Bol et Tim Declercq lâchés dans la première pente.

Étape de transition certes, mais étape intense avec 48,3 km parcourus dans la première heure. Les échappés n'ont qu'une poignée de secondes d'avance sur le peloton au col du Bac (3e catégorie). Les équipes ayant raté le bon coup mènent la chasse, les Andorrans Julian Alaphilippe et Kenny Elissonde tentent de sortir, en vain. Le peloton n'accorde aucun bon de sortie, ni pause ou autre répit, le groupe des cinq tient jusqu'à 107 km de l'arrivée.

Un terrain pour punchers

La suite est tout autant soutenue, Dries Devenyns tente sa chance au sprint intermédiaire, et se fait reprendre à son tour. Vincenzo Nibali essaie lui aussi, ses espoirs furent brefs. Comme beaucoup le pensaient, l'offensive vers le col de Montségur est la bonne. Mattia Cattaneo (Deceuninck-Quick Step) file avec Wout Poels (Bahrain Victorious) et Michael Woods (Israel Start-Up Nation). Mais le Hollandais et le Canadien se débarrassent provisoirement de l'Italien, passant dans cet ordre à Montségur (2e catégorie). Guillaume Martin sort avec un (gros) temps de retard, la stratégie de Cofidis semble confuse. Au col de la Croix des Morts (2e catégorie), c'est Woods qui passe le premier devant Poels. Le maillot à pois changera d'épaules aujourd'hui.

Guillaume Martin revient sur la tête avec Bauke Mollema (Trek-Segafredo), Omar Fraile (Astana-Premier Tech) dans la descente qui suit. Les Colombiens Sergio Higuita (EF Education-Nippo) et Esteban Chaves (BikeExchange) figurent également dans ce groupe avec Patrick Konrad (Bora-Hansgrohe) et Louis Meintjes (Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux). Les deux “men in glaz”, Pierre Rolland et Quentin Pacher, partis eux aussi avec un temps de retard, aidés par Valentin Madouas (Groupama-FDJ), et Élie Gesbert (Arkéa-Samsic), font la jonction au pied de la côte de Galinagues. Ce sont désormais quatorze coureurs en tête, à environ 3 min 20 s du groupe maillot jaune.

Tandis qu'UAE Team Emirates rythme l'allure du peloton, Wout Poels prend deux autres points en haut de la côte de Galinagues (3e catégorie). Michael Woods se hisse au sommet du classement de la montagne, prenant quant à lui un seul point. Arrivé tardivement dans l'échappée, Pierre Rolland essaie de s'isoler à quelques reprises, mais l'Orléanais est surveillé comme le lait sur le feu. Dans la descente, Michael Woods chasse de la roue arrière et tombe. Le coureur d'Israel Start-Up Nation repart sans mal apparent, mais avec le cuissard déchiré. C'est sans difficulté qu'il revient dans l'échappée.

Mollema : le coup de poker

Déjà vainqueur d'une étape du Tour (au Puy-en-Velay en 2017) et du Tour de Lombardie en 2019, Bauke Mollema tente son coup de poker à une quarantaine de kilomètres. Le coureur hollandais a écrit les plus belles lignes de son palmarès grâce à des tentatives audacieuses, celle-ci semble l'être beaucoup trop. Le coureur de Trek-Segafredo, compte toutefois 1 min 10 s d'avance à 30 km du but.

L'audace caractérise-t-elle également Guillaume Martin ? Depuis le début du Tour, par la voix de son manager Cédric Vasseur, l'équipe Cofidis ne cesse de le répéter, elle vise une étape ! Pour y arriver, elle dit vouloir faire perdre du temps à son leader. Ainsi, il aura plus de liberté dans les étapes de montagne. 9e au général ce matin, le Normand se retrouve 2e du classement virtuel à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée. Cofidis donne clairement du grain à moudre à ses détracteurs. Martin n'aura plus aucune liberté en montagne, et aura du mal à défendre sa place entre Libourne et Saint-Émilion.

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Final explosif

Bien qu'ayant Sergio Higuita à l'avant, EF Education-Nippo se met à la barre pour protéger la 2e place de Rigoberto Urán. Jumbo-Visma se porte également à l'avant du peloton pour Jonas Vingegaard. Au pied du col de Saint-Louis, Mollema garde une belle avance sur ses poursuivants. Désigné le plus combatif de l'étape, c'est avec du panache qu'il veut cueillir ce nouveau bouquet.

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Mollema passe en solitaire au col de Saint-Louis, Woods capitalise trois nouveaux points. Le troisième des mondiaux d'Innsbruck en 2018 aura donc le maillot à pois ce soir. Le héros du jour, c'est donc le grimpeur de Trek-Segafredo, qui comptait plutôt sur Vincenzo Nibali pour un succès. Après la bascule, Mollema descend à toute vitesse vers la ligne d'arrivée. Cette victoire rappelle son triomphe au Tour de Lombardie, attaquant à un moment inhabituel. Une fois de plus, son opportunisme n'est pas pris au sérieux par ses adversaires, et file pour lever les bras.

Les classements

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Si les Français s'enflamment pour le classement de Guillaume Martin, il faut aussi se satisfaire de ce que réalise Élie Gesbert. Le coureur breton revient à un très bon niveau de forme après ses mésaventures, dont il nous a parlé cet hiver. Demain, rendez-vous dans les Pyrénées pour la partie la plus difficile de ce 108e Tour de France.

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