Tour d’Italie 1968 : le début de la domination d’Eddy Merckx

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Eddy MErckx gagne le Giro 1968

Au départ de Campione d’Italia, Eddy Merckx avait confirmé sa participation avec son équipe Faema à la demande de son équipe. 9e de l’édition précédente, le Belge de même pas 23 ans est un candidat sérieux au podium à Naples. Cependant, le Bruxellois a connu un début de saison compliquée avec une blessure au genou l’a contraint à l’abandon sur Paris-Nice. Après avoir raté le Tour des Flandres et n’avoir pas pu gagner Milan-San Remo, Merckx a tout de même remporter un Paris-Roubaix difficile dans des conditions climatiques exécrables. Lors de l’annonce de l’itinéraire le 21 mars, les organisateurs ont annoncé la participation de douze équipes de dix coureurs, mais une autre équipe (Peugeot) a ensuite été invitée. Donc, le Giro a donc commencé avec un peloton de 130 cyclistes. Le peloton de départ était composé de 70 Italiens, 16 Belges, 15 Français, 11 Espagnols, 7 Suisses, quatre Allemands, trois Néerlandais, deux Danois, un Anglais et un coureur Luxembourgeois. Au rayon des absents, Jacques Anquetil, huit fois vainqueur d’un Grand Tour, n’a pas participé à la course en raison d’un différend salarial.

Lors du prologue à , le spécialiste de la piste Charly Grosskost s’est montré le plus rapide sur les 5,7 kilomètres du parcours plat près du Lac de Lugano. Cependant, les temps n’étaient pas pris en compte pour le général.

En attaquant sous la flamme rouge à Novara, Eddy Merckx a décroché en solitaire la première étape en ligne de ce Tour d’Italie. Le peloton réglé par Marino Basso est arrivé à 6 secondes. Ainsi, le Belge a porté son premier maillot rose.

Le lendemain, l’étape exigeant vers Saint-Vincent a permis à Gianni Motta de prendre le meilleur sur le jeune Belge qui est resté en rose. Cependant, trois coureurs ont ensuite été jugés positifs pour la dopage : Motta, Raymond Delisle et Peter Abt.

Pour la troisième étape vers Alba, une dizaine de coureurs ont faussé compagnie au peloton pour se jouer la victoire d’étape. Après les pertes de Campagnari et Baldan dans les derniers kilomètres. Guido Reybrouck s’est montré plus véloce que Marino Basso et Michele Dancelli. Ce dernier s’est emparé du maillot rose avec 4 minutes d’avance sur Eddy Merckx. Mais, le Belge avait décidé de laisser un autre coureur porté la tunique de leader pour économiser ses équipiers.

Après la victoire au sprint d’Édouard Sels à San Remo, la cinquième étape présentait un parcours vallonné avec l’ascension du Ghimbegna. Le leader du général a été distancé en perdant près de 2 minutes sur un duo. À l’arrivée de ce circuit autour de San Remo, Italo Zilioli a devancé de quatre secondes Eddy Merckx.

Après les victoires en baroudeur de José Momeme et Guerrino Tosello, Merckx a remporté la huitième étape à Bréscia en attaquant après le Monte Maddalena. Son coéquipier Adorni qui a d’abord contrôlé les adversaires de son leader, a devancé Dancelli, Letort et Gabica de huit secondes plus tard. Motta et Zilioli, Gimondi ont perdu 48 secondes.

La longue neuvième étape vers le Lago di Caldonazzo a vu la victoire en solitaire de Julio Jiménez. Michele Dancelli, Gimondi, Merckx, Van Neste et Adorni sont arrivés ensemble 2’03”.

Ensuite, au sommet de Monte Grappa. Emilio Casalini, un équipier de Merckx s’est échappé et a réussi à franchir la ligne en solo avec 46 secondes devant un Merckx qui s’est isolé dans le groupe des leaders. Gimondi est arrivé treize secondes plus tard et Dancelli, très bien monté, était à cinq secondes derrière son compatriote. L’avance de Dancelli est tombée à moins d’une minute et demie.

Après elle succès au sprint de Guido Reybrouck, place à la terrible étape des Dolomites sous fortes pluies dès le début de la course à Gorizia, qui se sont transformées en neige lorsque la course a commencé à monter en altitude. La police a dû border les côtés des routes du Tre Cime di Lavaredo à 2330 mètres d’altitude. Douze coureurs se sont échappés et ont acquis un avantage de neuf minutes à la mi-course. Merckx a finalement décidé de réagir et les a poursuivis avec Willy van Neste. Merckx a connu des problèmes mécaniques et a dû changer de vélo pendant que van Neste filait vers la tête de course. Mais, le champion du monde Merckx a rapidement dépassé van Neste. Dès le début de l’ascension finale, Eddy a fait la jonction avec les fuyards puis les a lâché. Au sommet, il s’est imposé en solitaire avec 40 secondes d’avance sur Giancarlo Polidori, le meilleur survivant de l’échappée matinale, et 54 secondes sur Adorni. Motta et Zilioli ont perdu plus de quatre minutes tandis que Gimondi a concédé 6 minutes 25 secondes et Dancelli plus de 6’40”. Au classement général, Eddy Merckx a repris la tunique de leader avec 3’43” d’avance sur Adorni.

Après la victoire en solitaire de Lino Farinato, l’arrivée massive de Marina Romea remportée par Marina Romea et le succès de Marino Basso à Imola, le peloton a eu le plaisir de profiter d’une journée de repos.

Ensuite, le Giro a repris à Cesenatico pour prendre la direction de Saint-Marin pour un contre-la-montre de 43,9 kilomètres avec un seconde partie en montée. Gimondi s’est montré le plus rapide devant Eddy Merckx à 39 secondes. L’Italien a même dépassé Motta en chemin. Les tifosi ont été ravis d’une victoire nette par un Italien sur le Belge dominant. Devant la joie des tifosi, Gimondi est remonté à la troisième place du général à 8’58” du Cannibale. Tandis que Adorni a encore perdu plus d’une minute sur Merckx.

Puis, sur l’étape sinueuse de Foligno, Franco Bitossi a devancé Edouard Sels et Francisco Garcia. Tandis qu’à Abbadia San Salvatore, Julio Jiménez a remporté un deuxième bouquet sur ce Tour d’Italie en battant son compagnon d’échappée Mariano Diaz.

Lors de l’étape vers Rome, quatre coureurs ont profité des routes accidentées du Lathium pour se disputer la victoire dans la capitale Italienne. Finalement, Luciano Dalla Bona a battu Luis Ocaña, Giuseppe Milioli et Francisco Garcia. Ce dernier a payé les efforts consentis la veille.Du côté de Victor van Schil et de Joaquin Galera, leurs échantillons d’urine ont révélé l’utilisation de produits prohibés. Ils ont donc été disqualifiés de la course.

Par la suite, Luis-Pedro Santamarina nous a livré une folle aventure en solitaire jusqu’au sommet de Rocca di Cambio. Au sein du groupe maillot rose a neutralisé les rares velléité pour reprendre quelques secondes à des dauphins du général.

L’avant-dernière étape s’est conclue au sommet du Block Haus. Pour le succès d’étape, Merckx et ses équipiers ont laissé filer quatre coureurs : Franco Bodrero, Franco Bitossi, Silvano Schiavon, Luis Ocaña et Auguste Girard. Après avoir distancé sur le haut de la montée, les trois derniers cités, Bodrero s’est imposé devant l’Italien. Eddy Merckx a utilisé les derniers pourcentages pour s’assurer une petite avance sur ses poursuivants à plus près d’une minute 30 de la tête de la course.

Enfin, la dernière arrivée de ce Tour d’Italie a couronné le Belge Guido Reybrouck qui a imposé sa loi à cinq autres coureurs. Le peloton a fini à plus de trois minutes.

Cela ne laissait que la vingt et unième étape avec son arrivée à Block Haus comme un obstacle possible au triomphe de Merckx. Franco Bodrero a remporté l’étape, les organisateurs ne sachant pas encore qu’il avait été positif pour la drogue à San Remo. Merckx n’a pas été en mesure de répéter son triomphe de Block Haus en 1967, mais il n’était pas obligé, il a terminé devant tous les autres prétendants. Il ne restait plus que l’étape à Naples, remportée par son coéquipier de Merckx Guido Reybrouck. Eddy Merckx est devenu le premier Belge et cinquième étranger (après Koblet, Clerici, Gaul et Anquetil) à remporter le Giro d’Italia.

Gimondi et Mariano Diaz se sont montrés positifs après cette étape. Avec le refus de Mario di Toro de donner un échantillon, cela a fait dix coureurs pris dans la première tentative du Giro pour contrôler le dopage omniprésent qui avait submergé le sport.

Merckx a remporté au final les trois classements principaux : le général, le classement de la montagne et par points. Le tenant du titre Gimondi, qui avait remporté la Vuelta ce printemps-là, était censé être un sérieux prétendant à la victoire dans ce Giro. Mais, comme le reste du peloton, il était ébranlé par la puissance d’Eddy Merckx. Sur ce Tour d’Italie, Eddy a beaucoup appris de la gestion des courses de trois semaines grâce à son capitaine de route Vittorio Adorni. En septembre, Adorni est devenu champion du monde sur route après une brillante course à Imola, en Italie, laissant Herman van Springel, deuxième, près de dix minutes plus tard. D’ailleurs, lors de l’attaque du Transalpin, Eddy avait refusé de rouler derrière son équipier.

Photo : LS Sirotti

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