“Un jour tu seras grand !” Episode 1 : Mon parcours U17

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Ligue 1

La semaine dernière, vous découvriez James Chevenard, un jeune homme de 16 ans qui venait d’intégrer le centre de formation du FC Sochaux en 2021. Depuis, un an a passé et James a pu acquérir une certaine expérience du niveau national. En premier lieu, présentons le davantage.

L’arrivée à Seloncourt

Mes amis et moi étions trop impatients d’arriver dans notre nouveau club ! A moins de dix minutes en voiture de chez moi, le centre de formation de Sochaux se dessine. Le Château de Seloncourt, ancienne demeure du créateur de Peugeot, et désormais utilisé pour les jeunes joueurs du club, nous ouvre les portes. Une assistance scolaire, des infrastructures de haut niveau, et des terrains de qualité ! Avec le dôme qui recouvre le terrain synthétique, on pourra toujours s’entrainer au sec. Mon entraineur sera Manu Giudicelli durant ces deux années.

Bosses ton physique d’abord !

Initialement milieu défensif dans mon ancien club, le coach a décidé de me replacer. Après une semaine d’entrainement, il me repositionne latéral droit, étant droitier et possédant une vitesse très intéressante. Au départ, je fus un peu surpris de la décision, mais le coach a su me donner les raisons rapidement. “Tu es trop fébrile dans les contacts et tu es pris de court dans les duels au corps à corps. Cependant, avec ta vivacité et ton penchant à te porter vers l’avant, à la manière d’un Volante, tu pourrais apporter sur une aile. Tu retourneras peut être au poste de 6, mais bosses ton physique d’abord !”. Je ne suis jamais retourné à ce poste depuis.

Cela peut paraitre anodin, mais je pense que ce fut une excellente décision. Mon entrainement individuel porte sur le jeu balle au pied, les centres et les coups de pieds arrêtés. En plus de travailler ma vitesse, je prenais mon aise sur le couloir droit. Au fur et à mesure que les mois s’enchainent, le coach décide de me faire jouer à tous les postes à droite, de latéral à ailier.

Une première place de notre groupe U17 avec des débuts en dent de scie

Avec tout cet entrainement effectué, il ne restait plus qu’à le prouver sur le terrain ! Manu Giuddicelli décide de me titulariser dès le début de saison. Je ressens beaucoup de pression sur les débuts mais le coach me fait confiance et je me dois de ne pas le décevoir. Après les deux premières semaines de compétition très calmes de ma part, je trouve mes premiers automatismes et marque mon premier but en septembre lors de la quatrième journée de championnat.

Le championnat national U17 est divisé chaque année en six groupes de quatorze équipes dont les premiers et les 2 meilleurs deuxièmes se qualifient pour les playoffs. En général, les groupes sont répartis de manière à ce que cela crée une zone géographique restreinte. Nous allons affronter des clubs de Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est. Les playoffs sont ensuite décidés sous forme de tirage au sort.

Le championnat commence en trombe avec pas moins de cinq victoires de suite et une tactique en contre qui s’est révélée payante. La plupart du temps, je jouais latéral et c’était par les ailes que le jeu se créait. J’étais au départ de l’action et il ne restait plus qu’à mes coéquipiers d’enchainer. Au bout des trente-deux rencontres de championnat, mon premier bilan est rendu positif à ma fin de championnat. Au bout de dix matchs, je n’avais pu exprimer mon potentiel et seulement une passe décisive de ma part. Mais avec une seconde phase plus entreprenante, je finis le championnat avec cinq buts et douze passes en vingt-sept matchs dont vingt comme latéral. Nous finissons assez logiquement premiers du groupe en concédant le nul que deux fois et une seule défaite. Nous avons plié le championnat en peu de temps.

Des playoffs poussifs, mais le titre à la clé

Après le championnat, la saison n’est pas terminée, loin de là. Il faut désormais concourir à la consécration finale : le titre de champion. Pour ce faire, le tirage fut effectué et nous donne comme adversaire l’Olympique de Marseille, premier au forcing sur la fin de saison dans son groupe.

Sochaux – Marseille : 2 – 0 

Je débute la rencontre en qualité de latéral droit dans un 4-2-3-1 composé de la plupart des éléments forts de la saison.Au départ, nous partons favoris de cette rencontre. Le match débute sur les chapeaux de roues avec des marseillais se portant vers l’attaque dès les premières secondes du match. Pour autant, les occasions ne viennent pas et les tirs aux 25 mètres ne franchissent pas le cadre. Pour ma part, je reste plus en retrait mais mon couloir est bouché, aucun ballon n’y passe. Les minutes passent et doucement la tendance s’inverse à notre avantage; nous franchissons de plus en plus les 30 derniers mètres phocéens et avant la mi-temps, une belle action collective venant de l’aile gauche permet de marquer un but d’une tête de notre buteur. La seconde mi-temps fut en sens unique. Nous n’avons laissé aucun répit à notre adversaire qui n’a su rebondir, et concèdera un second but sur une bonne inspiration de notre buteur en pointe avec un tir qui est allé nettoyer la lucarne. Fin du match, prochaine étape, Nantes !

Nantes – Sochaux : 0 – 1

Toujours au poste de latéral, je débute sur le banc cette fois-ci. Ceci est dû à un mauvais coup pris à l’entrainement la veille, je n’étais pas prêt pour débuter la rencontre avec une cheville blessée. L’équipe arrivait à poser son jeu sans pour autant franchir la ligne défensive nantaise bien regroupée derrière. Mais pour autant, ils ne lachaient rien et profitaient même de la carence offensive des adversaires pour chercher des failles dans le jeu. A la mi-temps, score nul et vierge. L’entraineur décide de me faire rentrer dans le dernier quart d’heure. Cinq minutes plus tard, je décide de partir devant en compagnie du milieu de terrain et arrivé à hauteur de la surface, je centre en direction de mon ailier gauche, bien positionné, pour placer une retournée directement dans les filets. Victoire sur le plus petit des scores, non sans difficultés. La finale se jouera contre Paris !

 

Paris – Sochaux : 0 – 0, 0-1 après prolongations

C’est enfin la finale. Dès la première année nous avons l’occasion de montrer nos talents. En face, c’est le meilleur club U17 de France, le Paris Saint-Germain. Il ne faudra pas faire un faux pas, sinon cela pourrait nous être fatal. Je débute le match en tant qu’ailier cette fois-ci, le titulaire étant blessé. Même si nous n’avons pas l’avantage du public, on sait que ce match sera palpitant. Enfin, on imaginait. Pendant 90 minutes, le ballon n’a pas bougé du milieu de terrain. Seulement deux petits tirs dans le match. On aurait dit un Guigamp-Strasbourg en 2019. Mais avec la fatigue, nous pouvions peut être tirer notre épingle du jeu. Je reste sur le terrain, avec pas mal d’énergie. Pendant la deuxième période, j’arrive à récupérer la balle grâce au pressing haut que nous mettions en place et je me positionne pour centrer. Cela retombe sur une tête parisienne, mais dans le mauvais sens puisque le pauvre défenseur trompe son propre gardien et nous adjuge le titre de champion de France ! Terrible.

 

Des débuts forts intéressants pour James qui va maintenant partir pour changer de catégorie et découvrir les U19 d’un certain Pierre-Alain Frau, que j’avais pu interviewer en novembre. Rendez-vous la semaine prochaine pour l’épopée de James et sa première saison U19 !

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