Un Roland-Garros en avènement ?

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Ligue 1

J-1 avant le coup d’envoi de ce Roland-Garros 2017 qui s’annonce volcanique, et qui pourrait bien, dans la continuité des derniers Masters 1000, définitivement établir l’arrivée au sommet d’une nouvelle génération sans complexe et débordante de talent.

 

On dit souvent que la compréhension du présent et les projections sur le futur passent inévitablement par l’interprétation du passé. On ne le sait pas encore, mais nul doute que ce dimanche 21 mai 2017 fera office de déclic, de détonateur important pour le long fleuve tranquille de l’ATP. En effet, lorsqu’après 1h23 de jeu sous le cagnard romain Novak Djokovic effectue sa 27e faute directe du match, il vient d’offrir son premier tournoi majeur à un des chefs de file de la nouvelle génération.

Qui ? Alexander Zverev, 20 ans tout juste. Un gamin qui vient d’envoyer au tapis l’un des monstres du tennis de cette dernière décennie, même en méforme. Un gamin qui n’a jamais tremblé, se permettant d’infliger au meilleur retourneur du circuit une victoire sèche en deux sets sans avoir concédé une seule balle de break du match. Un scandale. Une hérésie.

Une surprise ? Non, pas tant que ça. Si la manière, et surtout le sang-froid glaciaire du jeune Allemand en a scotché plus d’un, et notamment son adversaire du jour, cette victoire consacre l’arrivée fracassante de cette nouvelle vague qui joue des coudes pour s’imposer. Car ce tournoi de Rome, s’il a été le théâtre de la performance retentissante d’Alexander Zverev, a aussi vu un Dominic Thiem dégoulinant d’insolence et de talent infliger une correction tennistique à un Rafael Nadal pourtant souverain depuis le début de la saison sur terre battue, en quarts de finale (6-4/6-3), après l’avoir déjà tenu en respect lors de la finale du Masters 1000 de Madrid la semaine précédente.

Ces deux épiphénomènes peuvent être rejoints par un Nick Kyrgios qui, s’il n’a pas forcément encore pris ses marques sur terre battue, a montré lors de la tournée américaine et notamment dans son affrontement colossal avec Maître Federer à Indian Wells qu’il est en mesure de s’élever au niveau des meilleurs. Profitant en plus de la méforme de Murray, de l’irrégularité de Djokovic ainsi que du planning sur mesure de Federer, les trois trublions ont leur carte à jouer pour accélérer le processus de recyclage du sommet du classement ATP.

Dès Roland Garros ? C’est l’un des enjeux de la quinzaine parisienne. L’atmosphère d’un Grand Chelem, le format 3 sets gagnants, et l’étalement sur deux semaines sont des paramètres à prendre en compte ; combien de Pablo Cuevas, brillants en 250, 500 voire Masters 1000 n’ont jamais réussi à se sublimer en Grand Chelem ? Cette fois, le test est grandeur nature.

Et si Kyrgios et Thiem ont déjà connu les quarts de finales de Grand Chelem (Wim 2014 pour l’Australien, Roland Garros 2016 pour l’Autrichien), Zverev n’a quant à lui jamais dépassé le stade du 3e tour en GC. Cependant, ces gars-là n’ont peur de rien, et gageons que la moindre faille que laissera transparaître un Rafael Nadal grandissime favori à un dixième titre parisien sera exploitée sans coup férir par ces trois cailloux dans la botte du long fleuve tranquille de l’ATP, vents de fraîcheur d’un tennis que certains commençaient à trouver un peu trop copieux.

Maxence DURAND.

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