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Une journée à Roland-Garros

A l’occasion du quatrième jour de Roland-Garros, We Sport était présent avant-hier à Porte d’Auteuil pour vivre le début des deuxièmes tours. Récit d’une journée mouvementée.

 

Après avoir arpenté de longues avenues et essuyé plusieurs contrôles de sécurité, le voilà enfin : le court Philippe Chartrier, trônant fièrement au milieu du stade Roland-Garros. Dès l’ouverture des portes, des milliers de spectateurs se pressent dans les allées, coincés entre les 17 courts et les innombrables boutiques. Mais pas le temps de nous arrêter prendre un soda à 3,50€ (non, il n’y a pas de faute de frappe), l’heure est à la constitution d’un programme potentiel. Car en ce mercredi 29 mai, les différents tableaux nous gratifient de multiples rencontres alléchantes : entre la vague Bleue qui essaiera de déferler un peu plus longtemps et différents cadors qui tenteront de passer la seconde, les choix sont parfois cornéliens. Mais ces derniers sont facilités par l’impossibilité de nous rendre sur le court Philippe Chartrier, et donc l’obligation de faire une croix sur Federer, Bertens, Nishikori et autres Tsonga (certaines rédactions justifieraient cette absence par des accréditations difficile d’accès, mais nous préférons dénoncer des bourses étudiantes insuffisantes). Le Simonne Mathieu flambant neuf n’a également pas pu être examiné par nos soins, faute de billet adéquat.

 

Suzanne Lenglen à l’heure espagnole

Notre périple démarre finalement au court Suzanne Lenglen, où une première surprise nous attend dès 11h. Alors que Svitolina, tête de série n°9, devait affronter sa compatriote Kozlova en ouverture de cette journée, cette dernière déclare dirait et provoque le transfert de la rencontre Muguruza – Larsson dans la deuxième plus grande enceinte de Roland-Garros. Sans grande difficulté, l’espagnole expédie la rencontre en 1h09 de jeu et nous laisse un court laps de temps pour mettre les voiles en direction des courts annexes. Au n°13, non loin de Roger Federer en plein entraînement, Diane Parry, 16 ans, lutte tant bien que mal face à Élise Mertens, 20ème au classement WTA. Prometteuse mais dépassée, la française s’incline très logiquement 6-1/6-3.

 

Mais pas le temps de s’apitoyer sur le sort de la jeune tricolore alors que l’appel du roi se fait sentir. Dans les travées du Suzanne Lenglen, l’homme aux 11 titres à Roland-Garros s’apprête à faire son entrée pour poursuivre sa route vers la duodécima. Face à l’allemand Yannick Maden, issu des qualifications, Rafael Nadal fait une véritable démonstration de technique et de puissance. Même en ayant perdu son service par deux fois dans le troisième set, il impressionne les spectateurs durant deux heures et neuf minutes et l’emporte 6-1/6-2/6-4.

 

La folie à la française

Quoi de mieux que la sensation française du premier tour pour se remettre d’aplomb après la pause déjeuner ? A peine un sandwich à 6€ avalé (non, il n’y a toujours pas de faute de frappe), direction le court n°14 pour observer Nicolas Mahut contre Philipp Kohlschreiber. Observer, ou plutôt admirer. Face à l’allemand, le français embrase les tribunes par des retours de services stupéfiants et un revers bluffant. Après avoir remonté un déficit deux sets face à Cecchinato au premier tour, Mahut bénéficie du soutien inconditionnel du public pour infliger une défaite 3-0 à Kohlschreiber. Le magnifique début d’une éventuelle épopée pour celui qui dispute son dernier Roland Garros.

 

La journée se poursuit et s’achève par un duel franco-français de marathoniens entre Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert. Pourtant, rien n’aurait laissé prédire un match de 4h33 sur la terre du Suzanne Lenglen. En un peu mois d’une heure et quinze minutes de jeu, Paire mène déjà deux manches à rien. Dans le troisième set, Paire tient sa mise en jeu et recolle à 1-1 avant une interruption pour une blessure de Herbert à l’adducteur. L’issue du match ne semble être qu’un boulevard en direction du troisième tour pour Benoît Paire. Et pourtant, P2H revient presque d’entre les morts et renverse complètement la vapeur, accompagné par une partie des tribunes. Une remontée exceptionnelle pour s’offrir la troisième manche 7-5 dans un match qui tombe progressivement dans la folie. Paire alterne les coups de génie et les erreurs aberrantes, tandis qu’Herbert semble peu à peu oublier sa douleur.

 

Les deux amis sont au coude-à-coude dans un quatrième set qui s’offre finalement à Pierre-Hugues Herbet au tie-break. Benoît Paire, qui a pu servir pour le match au troisième et quatrième set, reproduit certainement dans sa tête le schéma de la folle remontée de son adversaire face à Medvedev au tour précédent (4-6, 4-6, 6-3, 6-2, 7-5). « Allez Benoît ! », « Lâche pas, PH ! » : Suzanne Lenglen frôle la schizophrénie. La rencontre sombre définitivement dans la démence lors du cinquième et dernier set, avec des breaks et des débreaks dans tous les sens. 0-2, 4-4, 7-7, 9-9… Suzanne Lenglen crie, Suzanne Lenglen exulte. Roland-Garros est le dernier tournoi à ne pas avoir de tie-break dans la dernière manche, et les deux protagonistes semblent vouloir jouer avec ça, au grand dam de certains supporters qui surveillent avec inquiétude l’horaire des derniers RER. Alors que le soleil se couche peu à peu sur Paris, Benoît Paire l’emporte finalement 11-9 dans la cinquième manche et clôture ce qui est certainement le plus beau match de ce Roland-Garros 2019.

 

Du soleil, des exploits, des coups droits explosifs, des revers foudroyants et une ambiance de feu : ce mercredi à Roland-Garros a tenu toutes ses promesses.

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