US Open : Naomi Osaka, au plus haut des cieux

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Ligue 1

Naomi Osaka s’est imposée face à Serena Williams ce dimanche en finale de l’US Open en deux sets secs, et au milieu d’une énorme polémique qui agite encore actuellement le monde du tennis. Polémique qui a complètement vampirisé la victoire magistrale et solide de la jeune Japonaise de 20 ans. Zoom sur la nouvelle lauréate 2018 de Flushing Meadows.

Depuis le début de semaine, les médias sportifs traitent majoritairement du marasme provoqué par Serena Williams (26ème WTA) et sa brouille contre l’arbitre du match, le Portugais Carlos Ramos. Pourtant, à l’autre bout du court, une femme, une joueuse, une valeureuse adversaire, a fait face à l’Américaine et son palmarès XXL. Mieux, elle a remporté haut la main son plus beau titre en carrière. Cette joueuse, admiratrice de cette dernière, c’est la Japonaise Naomi Osaka.

20 ans, une puissance et une gestuelle de frappe copiée sur Serena

Naomi Osaka fait partie des joueuses les plus atypiques du circuit. De par son coté “kawaii” (NDLR : “mignon” en japonais), elle s’est démarquée dans sa communication par une insouciance et un lâcher-prise déconcertants pour une joueuse professionnelle. Une enfant perdue au milieu dans le monde des Grands, et qui cherche à le rester. Ça n’est pas pour autant qu’elle se laisse marcher sur les pieds sur le court, bien au contraire. Le grand public a fait sa connaissance en Grand Chelem sur ce même court l’an dernier : la Japonaise avait sèchement éliminé le premier Top 10 de sa carrière, en la personne d’Angelique Kerber (6ème WTA), 6/3 6/3 dès le premier tour.

Puissante au service, mais aussi en coup droit et en revers, Osaka assène de superbes missiles du fond du court et envoie toutes ses adversaires au supplice à l’usure. Par ailleurs, la diagonale de revers est sa zone d’action favorite, dont la gestuelle est grandement inspirée de Serena Williams. En revanche, si elle est très mobile sur les courses latérales, la course et le jeu vers l’avant sont encore perfectibles. Cette saison est celle de l’explosion : la Nippone a tout simplement remporté Indian Wells, son premier titre en carrière, face à Daria Kasatkina dans une finale 100% inédite. Alors dans le Top 30 à l’époque et avant d’affronter la Russe, la Japonaise avait successivement éliminé Karolina Pliskova et Simona Halep, respectivement n°4 et n°1 mondiales. Son insouciance avait frappé jusque dans le discours de remise des trophées, où elle était visiblement pas préparée à un tel scénario pour elle.

Un US Open quasi parfait : un seul set perdu de toute la quinzaine !

A l’aube du dernier Grand Chelem de l’année, peu de monde plaçait Osaka en favorite du tournoi. En revanche, la seconde semaine semblait plus plausible au vu de son statut de jeune pousse du circuit. Elle va réaliser une quinzaine proche de la perfection : 3 sets à 6-0 dont une bicyclette entière assénée à Aliaksandra Sasnovich (36ème WTA), un seul set concédé dans un match couperet face la Biélorusse Aryna Sabalenka (20ème WTA) et une finale maîtrisée de bout en bout, au milieu du vacarme provoqué par Serena Williams, son idole de toujours. Sur les rares beaux points de cet ultime rencontre, au-delà d’un gros problème de 1ère balle pour S.Williams, Osaka a su attaquer toutes les secondes balles de l’Américaine, mais aussi tenir la diagonale de coup droit, axe de combat favori de l’Américaine, tenir sa ligne sur chaque échange à haute intensité, et même faire craquer S.WIlliams à la puissance pure en lui assénant quelques coups gagnants bien sentis. Le tout, dans un sang-froid exemplaire et avec une résistance hors normes à la pression. A l’exact opposé de son adversaire du soir. Avec ce triomphe à New York, Osaka est devenue la première Japonaise à remporter un tournoi majeur, la première joueuse asiatique victorieuse depuis Li Na en 2014 à l’Open d’Australie, et la seconde joueuse Japonaise la mieux classée de l’histoire du pays du Soleil Levant, derrière Kimiko Date (4ème WTA en 1995).

https://www.youtube.com/watch?v=JFnJLAyvzyE

Naomi Osaka fait partie d’une génération de jeunes joueuses puissantes et insouciantes, où sont présentes les Aryna Sabalenka, Maria Sakkari ou encore Jelena Ostapenko. Désormais 7ème mondiale grâce à ce titre du Grand Chelem, cette entrée dans le Top 10, acquise à la surprise générale alors qu’elle n’était encore considérée comme une outsider en Grand Chelem, a propulsé la Japonaise dans une nouvelle dimension, au même titre que Jelena Ostapenko et son trophée remporté à Paris l’an passé. Toute enfant innocent qu’elle est, la Japonaise a finalement réussi à entrer dans la Cour des Grandes. L’insouciance au service de la victoire.

 

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