US Open : Quel bilan pour le premier Grand Chelem à l’ère Covid-19 ?

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Crédit photo : Gulf News
Ligue 1

Au terme de finales incroyables qui ont sacré Dominic Thiem et Naomi Osaka en simple, l’US Open s’est achevé après quinze jours d’un tournoi unique en son genre. Dans un contexte sanitaire particulier et à huis clos, il est temps de revenir sur les principaux faits et de dresser le bilan du Grand Chelem américain. 

L’US Open à l’ère Covid-19

Ce n’était pas l’US “Open”, mais plutôt l’US “Closed”.

Grand point d’interrogation de cette quinzaine américaine, la “bubble” imposée par l’USTA a finalement bien tenu. Pour la première fois de son histoire, un Grand Chelem a dû mettre en place un protocole sanitaire suite à une épidémie mondiale. Une situation inédite qui a totalement bousculé les habitudes des organisateurs et joueurs. Les deux conséquences directes : un tournoi à huis clos et aucun contact entre les joueurs et l’extérieur. Des règles strictes, critiquées par certains joueurs (on en parle juste après), mais finalement efficaces puisque le tournoi n’a compté qu’un seul cas positif en quinze jours.

On pourra toutefois regretter l’absence de public. Dur dur d’assister aux sacres de deux champions dans une enceinte totalement dépourvue de fans et de l’ambiance électrique du plus grand court du monde.

La lourde erreur de Djokovic

Grand favori, Novak Djokovic a vu son rêve de 18ème Grand Chelem s’envoler. Tout est allé très vite pour le numéro un mondial. Agacé lors de son début de match contre Pablo Carreno Busta en huitièmes de finale, le Serbe a eu la malchance de lancer une balle qui a atterrie sur la carotide d’une juge de ligne. Rules are rules. Le Serbe est immédiatement disqualifié du tournoi. Un événement qui a fait trembler la planète tennis mais qui a surtout complètement relancé le tournoi dans le tableau masculin. Pour la première fois depuis 2016, le vainqueur d’un Grand Chelem ne sera pas un membre du Big 3. Un événement aussi attendu qu’excitant pour les fans de tennis qui ont pu apprécier ce Grand Chelem avec un œil différent.

L’enfer de Kristina Mladenovic

Tout est parti d’une simple partie de cartes avec Benoit Paire (seul cas positif au Covid-19). Kristina Mladenovic a subi de plein fouet le protocole sanitaire de cet US Open. Cas contact, la numéro une française a été placée dans la “bulle de la bulle” : isolement total et interdiction de sortir de sa chambre d’hôtel. Des conditions qui n’ont pas manqué de faire réagir “Kiki”. Puisque la Française estime avoir été traitée comme une “prisonnière” et une “criminelle”.

Une disqualification incompréhensible

Malgré ces conditions, Mladenovic a pu disputer son tournoi. Mais son mental a fini par craquer au deuxième tour en simple, en témoigne sa terrible défaite face à Gracheva. Mais c’est en double que les choses se sont vraiment envenimées pour la Française. Alors qu’elle a pu disputer son premier tour aux côtés de Timea Babos, la numéro trois au classement dans la discipline a été disqualifiée pour la suite du tournoi en raison de son contact avec Benoit Paire. Une décision incompréhensible, à la limite de l’absurde compte tenu de la situation. Pire, la Française n’a même pas pu quitter le sol américain afin de se préparer pour Rome. Placée en quarantaine, la Française s’est retrouvée “enfermée” dans sa chambre pendant 10 jours. Et cela malgré onze tests négatifs au Covid-19.

La veille de la disqualification de Mladenovic, Adrian Mannarino (faisant lui aussi partie des cas contact) a dû attendre trois heures pour disputer son troisième tour face à Zverev. La cause ? Le tournoi a dû attendre le feu vert des autorités pour que le Français dispute son match. Après des heures de négociations, le tricolore a finalement été autorisé à jouer…

Au final, ils sont sept à avoir subi les conditions de la “bulle de la bulle”. Kristina Mladenovic, Adrian Mannarino, Richard Gasquet, Kirsten Flipkens, Grégoire Barrere, Ysaline Bonaventure, et Edouard Roger-Vasselin. Aucun n’a pu repartir de New-York avant la fin de la quarantaine imposée.

Benoit Paire – en plus de ne pas pouvoir jouer le tournoi – a été contraint de rester enfermé dans sa chambre pendant quinze jours. Dommage, Stan Wawrinka n’était pas disponible pour un Stanpairo.

Vous l’avez compris, la FFL (Fédération Française de la lose) est encore passée par là…

Quelques bons résultats côté français malgré tout

Arrêtons de parler des choses qui fâchent. Il n’y a pas eu que du négatif côté tricolore dans cet US Open. On pourra se consoler avec l’excellent parcours d’Alizé Cornet. Pour la première fois de sa carrière, la Niçoise s’est qualifiée pour les huitièmes de finale du tournoi. Sur son parcours, les scalps de Lauren Davis, Madison Keys et Ysaline Bonaventure. La tricolore est finalement tombée avec les honneurs en huitièmes face à Pironkova. Que du positif pour l’auteure de “Sans compromis”, qui a montré un excellent niveau de jeu sur cette tournée US.

La plus belle perf’ côté français est signée Caroline Garcia. Dans un second tour de choc face à la tête de série numéro une Karolina Pliskova (troisième mondiale au classement), la tricolore a réalisé un match de très haut niveau pour éliminer sa première Top 10 en Grand Chelem. Une prestation de haut vol pour la Lyonnaise qui a abordé cette tournée américaine avec une motivation retrouvée.

Non, ce n’était pas un US Open au rabais

Non, cet US Open ne sera pas à marquer d’un astérisque. Les mauvaises langues diront que la victoire finale de Dominic Thiem ne vaut “rien” en l’absence des trois membres du Big 3. Un raccourci sévère compte tenu du niveau de jeu affiché par l’Autrichien durant tout le tournoi. Et surtout, il est important de se rappeler que le tennis ne se résume pas à seulement trois joueurs. Malgré une tension extrême en finale face à Alexander Zverev, Thiem est venu puiser au fond de lui même pour s’offrir son premier titre en Grand Chelem après trois finales manquées. Même si dans son ensemble la finale reste décevante d’un point de vue purement tennistique, le scénario du match a montré toute la dimension psychologique de ce sport. Mené deux sets et un break, l’Autrichien à réalisé une remontada de folie pour remporter le titre. Une finale qui restera dans les annales de ce sport grâce à son scénario totalement ubuesque.

Même constat pour le tableau féminin. Malgré l’absence de six membres du Top 10, les affiches féminines ont montré un excellent niveau de jeu durant l’ensemble du tournoi. Avec deux demi-finales et une finale de très haut niveau, on a assisté au retour au sommet d’une Azarenka plus épanouie que jamais et la confirmation que Naomi Osaka s’imposait comme une leader incontestée du tennis mondial. Un tournoi aussi marqué par une tentative avortée de Serena Williams d’accéder à son 24è Grand Chelem et un incroyable niveau de jeu produit par Jennifer Brady. En somme, un bilan plus que positif pour le tennis féminin.

Au final, il fallait avoir les nerfs bien accrochés pour remporter cette édition 2020 de l’US Open. A huis clos, avec des conditions de tournoi strictes et après 5 mois de confinement, le Grand Chelem nous a livré bien des surprises. Malgré quelques polémiques et le manque de public, le bilan est positif. Finalement, l’US Open a montré que le tennis pouvait reprendre malgré l’épidémie de Covid-19. Un message fort et positif pour la suite et fin de la saison 2020.

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