Venus Williams sur une autre planète

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Ligue 1

49 titres WTA dont 7 titres du Grand Chelem en simple, 23 ans ce sont passés depuis ses débuts professionnels, et pourtant, l’éternelle Venus Williams est toujours là.

Dans un circuit WTA en manque de constance, où la plupart des joueuses ont entre 20 et 30 ans, Venus a su rendre honneur aux Williams en 2017. Pendant que sa sœur cadette Serena s’offrait aux joies de la maternité, la senior des courts s’est refait une santé après une saison 2016 plutôt mitigée. Quand on sait que les deux sœurs Williams à elles deux se partagent 30 titres du Grand Chelem…

Un début de saison sur les chapeaux de roues

Elle débute l’année 2017 au rang de 17ème mondiale. Après une mauvaise entame de saison où elle déclare forfait au deuxième tour à Auckland suite à une douleur au bras, elle arrive à l’Open d’Australie et passe le premier tour dans la difficulté face à Kateryna Kozlova (n°98) 7-6(6) 7-5. Elle déroule ensuite face à Stefanie Voegele (111ème mondiale) 6-3 6-2, et Yingying Duan (103ème) 6-1 6-0. En huitièmes de finale, elle bat l’allemande Mona Barthel 6-3 7-5. Elle sera de nouveau en difficulté en quarts de finale face à la russe Anastsia Pavlyuchenkova, mais fini par s’en sortir 6-4 7-6(3), et se qualifie pour le dernier carré qu’elle n’avait plus atteint depuis sa finale perdue en 2003.

En demi-finale, elle affronte sa compatriote Coco Vandeweghe. Venus fini par s’imposer au bout de 2h25 de jeu accroché 6(3)-7 6-2 6-3 et retrouve sa sœur Serena en finale du Grand Chelem. Elle devient la finaliste la plus âgée de l’ère open (36 ans). Dans un match sans grand suspens largement dominé par Serena, l’aînée des sœurs Williams laisse filer sa chance de décrocher son premier Open d’Australie après deux finales perdues. Victoire nette et sans bavure de sa petite sœur Serena : 6-4 6-4.

Open d'Australie

La semaine suivante, à Saint Pétersbourg, elle se fait sèchement battre dès le premier tour par la française Kristina Mladenovic 6-3 6-1.

En mars, à Indian Wells, elle passe le deuxième tour dans la difficulté face à Jelena Jankovic 1-6 7-6(5) 6-1, mais se qualifie plus facilement pour le troisième tour en battant la 40ème mondiale Lucie Safarova 6-4 6-2 et Shuai Peng en huitièmes (49ème mondiale) 3-6 6-1 6-3.

Son aventure s’arrête en quarts de finale, où elle est battue par Elina Makarova (15ème mondiale) 2-6 6-4 3-6, future lauréate du tournoi.

Elle excelle quelques jours plus tard à Miami où elle se qualifie facilement en huitièmes de finale en éliminant Beatriz Haddad Maia (n°166 mondiale) 6-4 6-3, puis la roumaine Patricia Maria Tig (95ème mondiale) 6-3 6-0.

Elle réalise deux belles performances en huitièmes et en quarts de finale en écartant la 7ème mondiale Svetlana Kuznetsova 6-3 7-6(4), puis la n°1 mondiale Angélique Kerber 7-5 6-3. Son parcours s’arrête néanmoins en demi-finale, battue par la 11ème mondiale Johanna Konta 6-4 7-5.

Des résultats inconstants sur terre battue

Sa saison sur terre battue ne sera pas aussi fructueuse que sur dur où elle ne disputera par ailleurs que 3 tournois. A Charleston, en avril, elle s’incline dès le deuxième tour 6-4 6-7(3) 7-5 face à l’allemand Laura Siegemund (n°39).

En préparation pour Roland Garros, à Rome, elle passe sans trop de difficulté les deux premiers tours en remportant ses deux matchs contre Yaroslava Shvedova (47ème mondiale) 6-4 7-6(4), puis Lesia Tsurenko (41ème) 6-4 6-3. En huitièmes de finale, elle perd un set contre Johanna Konta (n°6) mais fini par s’imposer 6-1 3-6 6-1 avant de se faire écarter par la 7ème mondiale Garbine Muguruza 6-2 3-6 6-2.

A Roland Garros, elle remporte facilement ses trois premiers matchs sans perdre un seul set : elle s’impose face à la chinoise Qiang Wang (50ème) 6-4 7-6(3), avant de dérouler face à Kurumi Nara (n°90) et Elise Mertens (59ème) où elle remporte les deux rencontres 6-3 6-1.

En huitièmes de finale, elle se fait éliminer par la suissesse Timea Backzinsky (future demi-finaliste et 30ème mondiale) malgré le gain du premier set : 5-7 6-2 6-1.

Un autre Grand Chelem, une autre finale

En juillet, et sans tournoi de préparation pour sa saison sur gazon, elle débarque à Wimbledon au rang de 11ème mondiale, unique tournoi qu’elle disputera par ailleurs sur herbe, sans avoir joué depuis Roland Garros. Fragilisée mentalement, l’américaine a été directement impliquée dans un accident de voiture survenu le 9 juin, soit quelques semaines avant l’entame du Grand Chelem anglais. Jugée comme responsable de cet accident, la championne se livrera par ailleurs suite à sa victoire au premier tour face à Elise Mertens (7-6(7) 6-4), et confiera être « dévastée » par cet incident.

Avec force mentale, la 5 fois vainqueur de Wimbledon passe les 2ème et 3ème  tours face à Qiang Wang (4-6 6-4 6-1) et Naomi Osaka (7-6(3) 6-4). En huitièmes, elle survole la croate Ana Konjuh (29ème mondiale) qu’elle bat en à peine une heure de jeu 6-3 6-2 et retrouve la jeune lauréate de Roland Garros 2017 Jelena Ostapenko en quarts de finale qu’elle domine 6-3 7-5.

En demi-finale, elle écrase l’anglaise Johanna Konta (7ème) en manque de solutions 6-4 6-2, et se qualifie à sa neuvième finale sur le gazon anglais face à l’espagnole Garbine Muguruza.

Dans un premier set accroché où Venus menait pourtant 5-4 et deux balles de set, c’est finalement l’espagnole qui a su prendre les devants pour empocher la première manche 7-5. Incapable de revenir dans le match, l’américaine se verra encaisser un 6-0 dans l’ultime manche, et c’est Garbine Muguruza qui remporte le tournoi, son deuxième titre en Grand Chelem après Roland Garros en 2016, privant ainsi Queen V de son 6ème Wimbledon.

WimbledonDe retour sur les courts sur dur à l’Open du Canada en août, elle ne passera pas les huitièmes de finale, battue par la 5ème joueuse mondiale Elina Svitolina 6-2 6-1.

La semaine suivante, à Cincinnati, elle survole le premier tour face à sa compatriote Alison Riske (46ème) 6-2 6-0, mais se fait prématurément sortir au second tour par l’australienne Ashleigh Barty (n°48) 6-3 2-6 6-2.

Arrivée à l’US Open, elle passe le premier tour difficilement face à la 135ème joueuse mondiale 6-3 3-6 6-2, mais remporte facilement le deuxième tour face à la française Océane Dodin 7-5 6-4 et le troisième tour face Maria Sakkari (95ème) 6-3 6-4.

Plus en difficulté, elle bat néanmoins Carla Suarez Navarro (35ème) en 3 sets en huitièmes 6-3 3-6 6-1 puis Petra Kvitova (14ème) en quarts au terme d’un gros combat de 2h30 6-3 3-6 7-6(2).

En demi-finale et à la surprise générale, elle se fait éliminer par sa compatriote et future lauréate du tournoi Sloane Stephens 6-1 0-6 7-5.

Ultime déception, donc, pour l’américaine en Grand Chelem cette année. Après deux finales à l’Open d’Australie et à Wimbledon ainsi qu’une demi-finale à l’US Open, l’américaine n’a pas su s’imposer pour décrocher sa 8ème couronne tant attendue en tournoi majeur.

Elle fera l’impasse sur la quasi-totalité de la tournée asiatique et se fera battre dès le second tour à Hong Kong par Naomi Osaka 7-5 6-2.

Une dernière finale pour clôturer sa saison

5ème mondiale en fin de saison et qualifiée pour les Masters, elle finira sa saison à Singapour, en octobre, où elle se montre particulièrement impressionnante.

Bien qu’elle passera à côté de son premier match de poule, battue par Karolina Pliskova (3ème) 6-2 6-2; elle se montrera ultra combative dans un match aux allures de choc des générations face à la jeune Jelena Ostapenko (17 ans d’écart entre les deux joueuses) qu’elle bat pour la deuxième fois de l’année au terme d’un match très accroché 7-5 6-7(3) 7-5 après 3h13 de jeu. Elle déroule ensuite face à la n°2 mondiale Garbine Muguruza 6-4 7-5 pour décrocher son ticket du dernier carré.

En demi-finale, elle affronte la très en forme Caroline Garcia (vainqueur coup sur coup de Wuhan et Pékin) et s’impose en patronne 6-7(3) 6-2 6-3.

Elle cédera néanmoins en finale face à la danoise Caroline Wozniacki, impressionnante depuis le début du tournoi qui remportera le plus gros titre de sa carrière 6-4 6-4.

Singapour

On pourra, certes, lui reprocher le manque de titres en 2017 mais tout de même : 2 finales de Grand Chelem en Australie et à Wimbledon, une demi-finale à l’US Open, une finale au Masters de Singapour et son retour dans le top 5 à 37 ans: Venus Williams est incontestablement l’une des joueuses les plus régulières sur le circuit et son âme de championne est toujours intacte. On ne va pas lui blâmer son manque de résultats, on soulignera juste une légère déception de ne pas voir Queen Venus soulever son 8ème Grand Chelem en simple.

Pour rentrer un peu plus dans l’histoire, elle devra essayer de remporter (enfin) son 8ème titre en Grand Chelem en simple en 2018, qu’on attend depuis maintenant 9 ans.

Charlotte HILDEBRAND @MadameTennis

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1 COMMENT

  1. Chère Madame Tennis,
    Je tiens à vous féliciter pour votre analyse et surtout pour la mise en lumière de ce sport gracieux. Enfin une journaliste qui allie la finesse de notre langue avec une formulation exact et sans fautes.
    Ce n’est pas le cas de tous vos collègues journalistes.
    Vous êtes avec Monsieur Allain, dans votre rédaction parmi les meilleurs écrivains et en tant que professeur j’apprécie.
    Ce n’est pas le cas par exemple de votre collègue Betmech Matthieu Darbas dont son dernier commentaire était truffé de fautes.
    Cela fait plaisir de vous lire,
    Vous souhaitant une bonne continuation dans ce formidable travail de journalisme.

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