Basketball

Vincent Poirier ” Je reste patient”

Dans le cadre du quatrième épisode des NBA Primetime Games sur beIN SPORTS, les média français et WeSportFr  on eu accès hier à Vincent Poirier, le pivot des Boston Celtics et joueur de l’équipe de France, en exclusivité via une conférence téléphonique. Voici la transcription de nos échanges. 

 

Q: Est-ce une motivation supplémentaire de jouer en prime time ce dimanche (à Sacramento à 21h30 heure française) sachant que vos proches en Europe pourront vous regarder en direct ?
Vincent Poirier : Bien sûr, c’est toujours plaisant de pouvoir jouer devant sa famille et ses proches. Ça permet à la France de pouvoir regarder et suivre les joueurs français. Là, pour le coup, ce sera moi. C’est toujours un plus d’avoir ça.

Q : Comment décririez-vous votre début de saison ?
V. P. : C’est une première saison rookie. Je viens d’Europe donc ils ne me connaissent pas forcément beaucoup. C’est un peu compliqué au début. Il faut apprendre beaucoup, il faut écouter, être concentré et surtout gagner la confiance de ses coéquipiers. Je savais que ça allait se passer comme ça, je m’y attendais. Les bons résultats de l’équipe font que, pour l’instant, on ne peut pas trop chambouler ça. Je comprends totalement. Je reste positif, j’attends mon heure, que les choses se déverrouillent pour moi. Je reste patient.

Q : Y a-t-il un secteur de jeu à améliorer particulièrement ?
V. P. : C’est assez clair que la découverte de la NBA, c’est beaucoup de nouvelles choses, notamment défensives. Le coach attend de moi que je sois bon défensivement. C’est un jeu qui va vite, donc il faut anticiper les choses et analyser vite, comprendre pourquoi on fait ci ou ça. C’est un truc que j’essaye de faire. Je m’inspire des gars qui sont déjà là et de l’expérience que je peux avoir. Une fois que tu maîtrises ça, tout est plus facile.

Q : Comment percevez-vous la concurrence à votre poste ?
V. P. : C’est une position dans laquelle j’ai déjà été d’être la cinquième roue du carrosse. C’est un travail au quotidien pour essayer d’être meilleur. Je sais qu’à un moment ou un autre, j’aurai ma chance. Les saisons sont longues, il y a beaucoup de matchs. Ça peut arriver vite. Les résultats ne seront plus aussi favorables, il faudra changer quelque chose. J’essaye de travailler au maximum pour être prêt quand on fera appel à moi.

Q : Avec qui êtes-vous le plus proche dans l’équipe et avez-vous été bizuté ?
V. P. : Je suis assez proche de Marcus (Smart) car nos copines respectives s’entendent très bien. On a déjà fait plusieurs choses en commun. On a un très bon groupe, un groupe soudé, il n’y a pas un joueur à part. Il y a une bonne ambiance, on s’entend tous et on essaye de faire beaucoup de choses ensemble pour la cohésion d’équipe. Je n’ai pas vraiment eu de bizutage, ce sont plutôt les vrais jeunes rookies qui sont obligés d’amener les serviettes ou qui vont acheter des trucs quand on a besoin. Ce n’est pas ma première saison professionnelle, donc j’ai une petite excuse. Pour l’instant, je passe un peu entre les mailles du filet, je n’ai pas eu à chanter ou des trucs comme ça. Je m’en sors bien (rires).

Q : Quelle est la différence principale entre l’Euroligue et la NBA ?
V. P. : Il y a un gros changement physique. Ici, ça va haut, ça va vite, ça joue dur. Il y a un niveau d’exigence physique très élevé. Tu ne peux pas te relâcher une seconde, car on va te piquer la balle. En Euroligue, il y a plus de jeu posé. Ici, ça shoote vite.

Q : Le maillot de Tony Parker a été retiré lundi à San Antonio. Est-il un modèle pour vous ?
V. P. : C’est un grand moment pour lui et pour le basket français. C’est une des plus grosses récompenses qu’on peut avoir en tant que basketteur. Il reste un modèle car il a quand même réussi dans la plupart des choses qu’il a entreprises, que ce soit sur le terrain ou en dehors. C’est motivant pour nous, car on se dit que s’il y est arrivé, pourquoi pas nous ? C’est pareil avec Rudy (Gobert), élu deux fois meilleur défenseur de l’année, ce sont des choses qui nous inspirent. Tony a fait beaucoup de choses pour le basket français et tout le monde l’admire.

Q : Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis votre arrivée ?
V. P. : L’organisation autour de l’équipe. Il y a beaucoup de monde pour prendre soin de nous. C’est vraiment impressionnant. Que ce soit les coachs, ou les services autour, le cuisinier qui est là à tous les déplacements… Quand je suis arrivé, j’ai eu beaucoup de noms à retenir. Ils mettent beaucoup de choses de notre côté pour qu’on réussisse et qu’on ait à ne penser qu’au basket. Les déplacements sont vachement facilités aussi. Il n’y a pas de service de sécurité à passer à l’aéroport pendant 107 ans. Quand tu atterris, tu montes dans le bus et tu arrives directement à l’hôtel. Ça change de l’Europe. Pour un basketteur, c’est le top.

 

“Pour le moment, je n’ai pas la grosse tête”

 

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Q : Et financièrement, arrivez-vous à garder les pieds sur terre ?
V. P. : Ça ne change pas plus que ça. J’avais déjà un bon salaire à Vitoria. Et je suis quelqu’un qui est passé par tous les échelons. J’ai grandi petit à petit. Je ne suis pas passé d’un coup d’une petite à une grande somme. J’arrive à garder les pieds sur terre, et je suis bien entouré aussi. L’environnement de l’équipe est sein aussi, il n’y a pas de question d’argent. Pour le moment, je n’ai pas la grosse tête (rires).

Q : En quoi la Coupe du Monde vous a-t-elle été bénéfique ?
V. P. : J’ai ramené de l’expérience. J’ai pu évoluer aux côtés de Rudy (Gobert). Il m’a beaucoup aidé sur les placements. On joue à peu près la même défense en équipe de France et à Boston, donc ça m’a permis d’arriver aussi avec moins de lacunes. J’ai joué contre des grands joueurs, des grandes équipes et j’ai pu me prouver à moi-même que je ne valais pas moins qu’eux.

Q : Quel est votre rapport avec Brad Stevens ?
V. P. : Il est intelligent, proche du joueur. Mais je n’attends pas de lui qu’il me parle au quotidien. Je suis un professionnel, je sais ce qu’il en est. Il a souvent deux trois mots pour me rappeler de rester prêt, me dire que la saison est longue. Pour l’instant l’équipe tourne bien, mais cela peut changer à tout instant.

Q : Pour la première fois, un match de saison régulière va se dérouler en France, entre Charlotte et Milwaukee. Aimeriez-vous être à la place des Hornets ou des Bucks ?
V. P. : J’aurais adoré jouer à Paris, franchement, je suis jaloux en fait. S’il y a encore un match, je vais lutter pour que ce soit nous. Toute personne qui vient de la région parisienne voudrait jouer à Paris en NBA. Ça permet de faire venir tous les potes. C’est bien aussi pour le basket en France, ça amène du monde, ça permet une meilleure visibilité.

 

Nous remercions Vincent Poirier pour sa disponibilité et ses réponses. Nous lui souhaitons bon courage, et une bonne saison avec les Celtics. Les NBA Sundays présentés par NBA2K20 sur beIN SPORTS – un match en direct tous les dimanches. Cette semaine les Boston Celtics affronteront les Sacramento Kings sur beIN SPORTS ou via le NBA League Pass à partir de 21h30.

 

Crédit photo :

Le parisien

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